2 - Lui

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J'ai l'impression d'être debout depuis des heures. Et mes amis qui s'activent autour de moi… Je ne peux retenir un sourire. Je m'installe plus profondément dans mon fauteuil et laisse mes pensées vagabonder. Automatiquement elles se dirigent vers ELLE. Aucune femme ne m'aura jamais fait autant d'effet qu'ELLE. ELLE me fait tout oublier même moi et ce depuis le premier regard.

 

Je L'avais entraperçu sur le quai du Poudlard Express que je m'apprêtais à prendre pour la première fois. Trop occupé à fuir les bras envahissant de ma mère qui voulait absolument me faire un 'dernier' bisou avant que je parte, je n'avais pas porté plus d'attention à ce petit bout de femme. Et puis je n'avais pas réellement l'age où les hormones dirigent le moindre de nos actes.

 

Pourtant lors de la répartition, ses yeux m'avaient fasciné et je n'avais pu les oublier. Nous étions tous les deux Griffondors pourtant nous étions les exacts opposés. Elle était calme et studieuse. J'étais extraverti et dissipé. Et ce gouffre s'approfondit avec mes fréquentations… Nous étions quatre joyeux lurons qui voulaient profiter de leur jeunesse, parfois au détriment des autres. Nous devînmes vite ennemis.

 

ELLE fut nommée Préfète alors que moi je LUI déclarais ma flamme devant tous les élèves de notre école. ELLE n'y a jamais cru, me parlant rudement et allant même jusqu'à me gifler. Pourtant je ne pouvais cesser de L'aimer. Chacun de ses gestes attisaient mon amour pour ELLE, mon attirance pour cette perfection que je sentais si proche de moi.

 

Mes amis me soutenaient, tout en cherchant à me montrer à quel point tout cela était sans espoir. Les soirs de pleine lune, lorsque nous attendions le début de la transformation de Lunard, ils tentaient vainement de me jeter dans les bras d'autres filles, des filles séduites d'avance par ma réputation, mon physique ou que sais je encore.

 

Alors je leur expliquais, j'essayais inlassablement de leur faire comprendre ce que je ressentais. Mais aucun d'entre eux n'avait déjà été amoureux alors leur faire comprendre que je donnerais ma vie pour ELLE s'avérait mission impossible.

 

Je regarde l'heure. ELLE ne devrait plus tarder. Je suis si heureux de LA revoir. Il me semble ne pas L'avoir vu depuis des années, des siècles. Son parfum me manque, sa voix, ses yeux…

 

Après deux ans de pur harcèlement, j'étais rentré au Manoir pour mes dernières vacances d'été poudlariennes. Au mois de Septembre, je retournerais au château pour la dernière année sans savoir ce qui allait s'y jouer. J'étais dans un état de profond abattement et même mon frère de cœur ne réussissait pas à me changer les idées.

 

J'atteins un tel niveau de détresse que ma mère et mon père vinrent un soir discuter avec moi dans ma chambre. Je soupçonnais Patmol d'y être pour quelque chose et je l'en remerciais quelques temps plus tard, lorsque mon cœur fut cicatrisé.

 

Ils s'étaient assis au bord de mon lit, de chaque coté de moi. Ma mère m'avait dit que si je voulais parler, il ne fallait pas que j'hésite. Alors je l'avais fait. Ils avaient eu l'air surpris de mon attachement à ELLE, de mes sentiments si profond pour quelqu'un d'aussi jeune. Loin de se moquer de cela, ils m'avaient fait remarquer l'enfer que je LUI avais fait vivre…

 

Je passe une main sur mon visage. Je n'aime pas me souvenir de tout cela. Si seulement j'avais pris le temps de réfléchir, d'être plus pondéré dans mes gestes pour ELLE, nous n'en serions pas là aujourd'hui. Je soupire une nouvelle fois m'attirant un regard curieux de Patmol qui lit un magazine de Quidditch.

 

Cet été là, je ne LUI écrivis aucune lettre. Enfin si je LUI en écrivis une par jour, LUI décrivant mes journées loin d'ELLE et LUI expliquant qu'à deux nous aurions été mieux mais je ne les envoyais pas. Mes parents m'avaient conseillé de LUI laisser de l'espace. Que comme les fleurs, les gens avaient besoin d'espace pour s'épanouir, pour réfléchir… Alors je LUI rendis sa liberté.

 

A la rentrée, je ne vins pas LA voir dans son compartiment. Pendant le repas, je ne L'apostrophais pas pour savoir si ELLE avait enfin sa crise de déni pour enfin accepter de sortir avec moi. Non, je ne faisais rien, je L'ignorais. Mes amis en étaient surpris et moi le premier. Je ne pensais pas  que cela aurait été si facile.

 

Mais je pouvais LA voir heureuse comme jamais durant ces deux dernières années. Mon cœur était le siège de sentiments contradictoires : la joie et la tristesse. ELLE était heureuse, heureuse parce que je m'étais enfin détaché d'ELLE. Ce fut pour cette raison que mes meilleurs amis me virent pleurer pour la première fois mais ça, ELLE ne le su jamais.

 

Je devins de plus en plus taciturne, fuyant les autres et même parfois ma compagnie. Lunard me répétait de ne pas céder à la dépression que la vie ne faisait que commencer mais je n'étais plus sur de vouloir de cette vie sans ELLE pour l'éclairer. Après les cours, je partais dans le parc pour ressasser mes idées noires.

 

Je me relève de mon fauteuil, il faut à tout prix que je trouve quelque chose à faire pour me changer les idées. Il n'y a pas idées d'être aussi nerveux ! Je passe ma main dans mes cheveux, ce geste qu'ELLE détestait tant. Je mis mes mains dans mes poches sentant le contact froid de mon vif d'or… Je le sortis pour jouer avec, souriant en pensant qu'ELLE avait toujours détesté quand je faisais ça.

 

Un soir, je L'avais reconnu assise sur le banc face au lac. Je n'avais pu m'empêcher de LA rejoindre de m'asseoir à ses cotés. Après quelques minutes de combats intérieurs à essayer de déterminer si je devais ou non rompre ce silence, je commençais à LUI parler de ce que je ferais après, de ce qui me tenait à cœur en omettant mon souhait le plus cher : celui qu'ELLE fasse parti de ce futur.

 

Je pris l'habitude de LA rejoindre tous les soirs, gardant une attitude réservée qui ne L'effrayait pas et me permettait de passer du temps en sa compagnie. Je savais déjà énormément de choses à son sujet mais L'entendre me les confier à moi… Je rentrais toujours avec un grand sourire mentant à mes amis sur la raison de ce regain de joie. Je savais très bien que si je leur avais dit qui je voyais tous les soirs, ils m'auraient mis en garde… et puis c'était notre secret.

 

Oui, j'avais bien vu qu'ELLE aussi n'avait rien dit à ses amies qui s'étonnaient de LA voir si clémente vis-à-vis des farces que je faisais aux Serpentards. Mes amis aussi furent surpris et associèrent rapidement mon humeur avec ce changement de comportement de notre Préfète. Je pus voir leurs sourires en coin en nous regardant tous les deux, mais ils n'en firent jamais mention, attendant que je vienne leur en parler de moi même.

 

Pendant les vacances de Noël, j'avais craqué et je leur avais tout avoué. Ils m'avaient félicité de mon avancée spectaculaire et me souhaitaient de ne pas tout détruire en LA pressant de trop. Il est vrai que je devenais de plus en plus impatient et le timide baiser que j'avais déposé sur sa joue avant de LA quitter, m'avait fourni tellement d'espoir…

 

A notre retour à Poudlard, j'avais continué sur la même voie. LA retrouvant tous les soirs sur ce banc qui était devenu le notre, LUI parlant de sujets qui nous tenaient à cœur. J'appris qu'ELLE ne s'entendait plus avec sa sœur, que ses parents étaient partagés entre la joie d'avoir une sorcière pour fille et la peur de ce Voldemort dont ils étaient devenus les cibles.

 

J'avais envie de LA réconforter mais j'étais son confident, et je n'avais donc aucun droit pour LA toucher. Cela devenait de plus en plus dur de rester sage à ses cotés… Au mois de Février, je me décidais alors à LUI demander d'être ma valentine. Et ELLE accepta. Je crois que ce soir là, ELLE fit de moi le plus heureux des hommes.

 

Patmol me tira de ma rêverie pour me proposer d'aller au 'point de rendez vous'. Il se moque de mon sourire béat mais je sais très bien que dans quelques mois il aura le même… Qui aurait pu prévoir que cet obsédé trouverait chaussures à son pied ?! Pas moi c'est sur ! Je le suivis dans les couloirs retournant à mes souvenirs.

 

Ce ne fut pas la seule fois où ELLE fit de moi l'homme le plus heureux. A cela je devrais ajouter la première nuit où nous avions flirté. J'étais tellement fier d'avoir enfin gagné sa confiance et son amour. Mais aussi la fête de remise des diplômes où pour la première fois ELLE accepta de m'accompagner, de danser avec moi et… Il y en eut beaucoup d'autres…

 

Je me positionne devant le prêtre qui n'allait pas tarder à me lier pour l'éternité avec ELLE. ELLE ne devrait plus tarder, enfin je crois…

 

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Article ajouté le 2008-10-18 , consulté 218 fois

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