2 - Le Quidditch
Il faut savoir que le monde sorcier a lui aussi son sport rien qu'à lui : Le Quidditch. Ce jeu se passe sur des balais : 3 poursuiveurs qui tentent de lancer le souafle dans des cercles défendus par 1 gardien. Pendant ce temps là, 2 autres balles, nommées cognards tentent de faire basculer les joueurs de leur balais. 2 joueurs, les batteurs, sont chargés de les tenir à distance de leur coéquipiers et de, pourquoi pas, les envoyer sur ceux de l'équipe adverses. Le septième et dernier joueur, l'attrapeur, a, quant à lui, pour mission d'attraper le vif d'or avant celui de l'équipe adverse. Un but rapporte 10 points mais le vif d'or… 150 !!! C'est donc souvent l'élément déterminant pour la victoire.
J'étais en troisième année, dans un couloir désert, enfin presque. De toute façon, même si d'autres élèves avaient vu la scène ils n'auraient rien fait… Je ne les blâme pas, après tout qui échangerait sa place contre la mienne, par terre la tête sur les genoux, les bras au dessus tentant d'oublier la nième attaque des maraudeurs. Ils se trouvaient toujours au dessus de moi, à m'insulter, à me bousculer. L'année avait à peine commencé depuis 3 jours que j'étais déjà là, à sangloter.
D'un coup, le silence se fit. Je les connaissais maintenant suffisamment pour savoir qu'ils étaient toujours là… Ils profitaient du spectacle… Celle d'une fillette entourée de cheveux roux éparpillés sur le sol autour d'elle. Il venait de me raser les cheveux. James Potter m'avait rasé la tête. N'y tenant plus, je levais les yeux pour me retrouver face à face avec mon agresseur, il était trop près. Je sentis mon cœur battre comme un fou dans ma poitrine, je pu imaginer à ce moment là ce que ressentais Mary lors de ses crises d'asthme.
- Alors Evans, que penses tu de ta nouvelle coupe ?
Je n'ai pas réfléchi, ma main s'est levée… Et il aurait reçu une gifle magistrale s'il n'avait attrapé mon poignet. Son regard à présent était noir, de chocolat, ses pupilles avaient foncé… Je me tassai encore plus par terre, mon heure avait sonné.
- N'essaie même pas !
- Ce n'est pas pour rien qu'il est attrapeur de notre équipe de Quidditch ! lança Black, en riant de ma tentative.
- Oui, ça aiguise les réflexes, reprit Potter avec son sourire sadique. Tu devrais peut être essayer… Oh non, j'oubliais. Tu es un rat de bibliothèque, une pleurnicheuse… à se demander ce que tu fais chez les chatons !
Ils explosèrent de rire tous les quatre avant de me laisser là dans cet état lamentable. Une heure après, quand je trouvai enfin le courage de retourner dans ma salle commune, je me dirigeai directement vers mon dortoir, retrouvant Mary sur son lit en train de lire. Quand elle me vit, elle ne prononça pas un mot. Pourquoi demander puisque la réponse serait la même, comme à chaque fois… Et puis elle savait que je lui raconterais… plus tard.
Je m'enfermais dans la salle de bains pour voir les dégâts. Devant le miroir, je fis face à une jeune fille de 13 ans au visage blanc, aux yeux verts cernés de rouge sans un cheveu sur la tête. Voilà ce à quoi j'en étais réduite : un fantôme. J'avais passé mes deux premières années à mettre tout en œuvre pour me faire oublier mais rien n'y faisait. Je restais leur jouet, celui sur lequel on passe ses nerfs. J'avais mis de coté ma personnalité, mes envies et ma fierté mais je me retrouvais encore et toujours dans un état pitoyable. Et puis je sentis en moi une boule se former au niveau de mon ventre. J'avais deux possibilités : continuer sur cette voie jusqu'à ma septième année en espérant que je ne fasse pas une bêtise de désespoir, ou je me battais.
Cette nuit là, je ne dormis que sur le matin, une fois mon courage de griffondor retrouvé et ma décision prise. Si le choixpeau m'avait mis ici, c'était pour une bonne raison. J'allai donc passer toute ma troisième année à m'entraîner. Je dormirais à peine mais je deviendrais Attrapeuse, non mieux, je deviendrais la première à battre Potter.
Un jour en cours de sortilèges, j'avais trouvé un sort pour qu'un texte ne soit visible que pour une ou deux personnes. Pour commencer cette guerre, je marquais à l'aide de ce sort « Profite… » à l'arrière de mon crâne, la seule personne capable de le voir étant bien évidemment Potter. Je savais qu'en cours de potions, l'après midi, il ne manquerait pas de venir s'asseoir derrière moi. Je retrouvais Mary à la table du petit déjeuner pour lui expliquer ma résolution. Ses yeux s'agrandirent, se rétrécirent puis elle me chuchota :
- Je suis avec toi. Mais ce ne sera pas une partie de plaisir.
- Pas plus qu'elle ne l'est maintenant, lui répondis je en croquant dans ma tartine. Pourquoi ce froncement de sourcils ?
- Il donne l'impression d'avoir compris…
Je me retournai vers la table des serpentards pour croiser le regard de Potter, il arborait un sourire qui ne laissait présager rien de bon… Mon message était donc bien passé. Je souris de toutes mes dents avant de me retourner vers Mary et lui expliquer ce qui n'était visible que par lui à l'arrière de mon crâne.
- Que la guerre commence ! lançais je en me levant pour aller en cours
Et elle commença. Dès l'après midi. Avant d'entrer en cours de potions, Mary me jeta un sort que nous avions trouvé le midi à la bibliothèque. Si Potter tentait quoique ce soit, le sort rebondirait sur lui. Et bien sur, il ne pu s'en empêcher… A la fin du cours, je fus surprise de voir que Potter était toujours assis, seul, derrière moi. Je traînais pour sortir et, avant de franchir la porte, je lui dis dans un sourire :
- Dis Potter, les cours de potions te plaisent tant que tu ne veux plus quitter ta place ?
- Toi, la Sang de bourbe…
- Oh Potter… fis je l'air déçu. Tu m'as habitué à plus d'imagination… Dans combien de temps le sort de Super Glue est sensé prendre fin ?
- 10 min après le début du prochain cours… Pourquoi souris tu ?
- J'en connais un qui va avoir le droit de nettoyer une classe… ou un couloir… Je parie que Rusard aura là encore une idée de génie !
Jusqu'à ma 6éme année, les coups tordus se sont enchaînés, ne s'arrêtant que pour les examens. Il se retrouva lui aussi les cheveux ras, mais toutes les filles se pâmèrent d'autant plus, il eut durant une semaine une voix fluette après m'avoir insulté, ses lunettes changèrent de forme… De mon coté, je me retrouva avec des vêtements trop petits, ce qui ne sembla pas déplaire à tous les garçons, mes cheveux changeaient régulièrement de couleurs et mes douches devenaient parfois glacées alors que la seconde précédente la température était parfaite. Mais j'avais au moins la satisfaction que je rendais coup pour coup.

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