6 - Le Premier Jour

Son visage était froid et impassible, j'avais déclaré la guerre, je le savais. Ce gars portait lors des sorties à Pré Au Lard des tenues sorcières derniers cris qui laissaient les filles pantelantes d'admiration, la bave aux lèvres. Spectacle au combien ridicule mais tout de même distrayant surtout lorsqu'elles commençaient à sortir de leur béatitude pour tenter de se convaincre les unes les autres que le sourire de Potter n'avait qu'une seule destinataire : elle et uniquement elle. Et ce genre de débat pouvait durer longtemps ! Je fus vite ramenée à la réalité :

 

- Salut Evans, on se voit à Poudlard !

 

- Non ! Criai je en lui agrippant la manche. C'est juste que tes vêtements…

 

- Quoi mes vêtements ?! 

 

Je sentais dans sa voix que j'étais sur la corde raide risquant à tout moment de le vexer et d'avoir une septième et dernière année difficile. Je fis vite un rapide examen de la situation délicate dans laquelle je me trouvais. Soit je le flattais son ego en taisant la raison de mon fou rire et je passais la journée avec l'équivalent de Bozzo le clown, soit je disais la vérité.

 

- Potter, tu ressembles à rien dans ces vêtements. 

 

Voilà, la bombe était lancée mais je refusais de passer la journée avec lui habillé de la sorte. Ses vêtements étaient trop grands, ses jeans d'une forme… Bah à vrai dire, il ne semblait pas en avoir une bien définie. Quant à sa chemise… Elle ressemblait à celle d'un bûcheron canadien après un an en pleine nature. Et ses chaussures… Des mocassins vernis avec une boucle dorée sur le dessus qui semblait me narguer… me défier de ne pas rire de nouveau.

 

- On va commencer la visite par un magasin de fringues.

 

- Ok, mais si tu essaies de me ridiculiser…

 

- Moi ?! J'oserai pas ! dis je avec un sourire à faire pâlir tous les dentistes. 

 

Je me retrouvais donc en compagnie de Julia à attendre près des cabines d'essayages. Je savais qu'elle travaillait aujourd'hui et j'avais besoin d'elle pour 'habiller' le Serpentard, qui n'avait pas encore ouvert la bouche. Les autres vendeuses, qui lors de mes deux premiers jours de travail n'avaient pas même pris la peine de me saluer, avaient haussé leurs sourcils parfaitement épilés quand elles me virent avec Potter. Ce dernier avait le visage de plus en plus crispé, il était près de l'explosion. Je tentais un regard furtif à Julia puis sous le coup de l'inspiration expliqua que la compagnie aérienne avait perdu ses bagages et qu'il avait dû en emprunter à mon père. Mon pauvre père !!! Même lui ne porterait jamais ces horreurs !

 

J'étais tombée bien bas. Trouver des excuses à Potter. C'était quoi la prochaine étape ? Danser un rock avec Dumbledore ? Les autres vendeuses avaient désiré nous 'aider' et aux gloussements que j'entendais, Monsieur avait retrouvé de sa superbe.

 

Une fois sortis du magasins, je ne pus que féliciter mes collègues. Si je ne le connaissais pas, je l'aurais probablement trouvé beau. Les cheveux en bataille lui donnaient un air nonchalant alors que ses lunettes amplifiaient l'impression qu'il cherchait à sonder votre âme. Le Quidditch lui avait fait un corps bien proportionné et le sachant, il en jouait. Mais il me suffisait de voir son sourire pour me rappeler qui exactement se tenait en face de moi et il perdait alors tout attrait.

 

Après avoir mangé dans un fast food, nous nous promenâmes sans but précis. Je le voyais jeter des regards tantôt admiratifs, tantôt amusés mais la plupart du temps il avait cet air hautain et impassible. Après m'être faite rabrouer pour mon silence, je décidai de jouer les guides touristiques pour débile. Je le prenais pour un gamin de 4 ans, lui ne semblait pas m'écouter, mais je continuais mon monologue.

 

Pourtant quand il fut l'heure de se quitter, je sus qu'il m'avait écouté :

 

- Mercredi, 9h, même endroit, ciména

 

- Ci-né-ma, le repris je sans m'en rendre compte.

 

- …

 

- Tu veux voir quel type de films ?

 

- Choisis.

 

- Ok, dis je en commençant à partir.

 

- Une dernière chose, arrête de me prendre pour un débile sinon tu risquerais de t'en mordre les doigts...

 

- Je ne faisais que t'expliquer, et puis tu crois que ça m'a plut de te parler toute l'après midi ! Si au moins Monsieur Personne-ne mérite-de-respirer-le-même-air-que-moi avait bien voulu lui aussi participer peut-être ne l'aurais pas pris pour un crétin arrogant.  

 

Je tournai les talons et partis vers le métro. Euh je m'enfuis serait là encore plus précis… et oui encore. J'avais lancé tout cela sans respirer. Il avait le don de me foutre en pétard !!! Une fois à la maison, mes parents ne me posèrent aucune question sur ma journée. Je pense que mon regard parlait pour moi. Je pris donc une plume pour tout raconter à Mary. J'aurais préféré qu'elle soit là, en face de moi. Les vacances comptaient 9 mercredi, et au bout d'un seul j'étais déjà prête à jeter l'éponge… Mais où était parti mon courage de Griffondor ?

 

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Article ajouté le 2008-10-18 , consulté 369 fois

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