7 - Le Cinéma

J'avançais tranquillement dans la rue me dirigeant vers ma punition comme il l'avait ainsi nommé. Aujourd'hui nous devions aller au cinéma. J'avais opté pour un film de sciences fiction. Genre de films typiquement masculin, qui ne nécessitait pas trop de connaissances sur les moldus. Il m'aurait tout de même bien plut de voir sa tête si le film avait été une comédie romantique mais cela n'aurait fait qu'alimenter le conflit.

 

Je lui avais envoyé un message la veille avec un résumé de trois films qui pourraient l'intéresser tout en lui indiquant lequel semblait le plus adapté. Je reçu rapidement une réponse m'indiquant que c'était très bien et qu'il devrait rentrer tôt dans l'après midi. Cool au moins mon calvaire serait plus court que la dernière fois. J'avais un nœud à l'estomac, je me rappelais notre dernière conversation et je craignais sa réaction. Je le vis assis sur le banc où je me trouvais la semaine dernière occupé à reluquer les passantes… Le fait qu'elles soient moldues, ne semblait pas le déranger…

 

- Mon cher, je crains que la pureté de leur sang ne les rendent pas fréquentable pour quelqu'un de ta classe. 

 

Oui je sais, j'avais encore ouvert les hostilités mais ma sœur m'avait encore asticoté avant de partir avec mon pseudo petit ami. Les insultes avaient fusées de chaque coté et je ne pouvais nier qu'elle m'avait blessé. J'avais bien conscience de ne pas être un canon de beauté, que les garçons ne se pressaient pas devant la porte pour m'inviter mais de là à parler de 'monstre qui ne devrait jamais se reproduire'…

 

- Oui mais contrairement à toi elles ont le mérite d'être agréable à l'œil.

 

Touchée. Je serrais les dents pour ne pas lui montrer qu'il avait mis dans le mille. Puis me dirigeai vers le cinéma, il n'était pas tout proche mais la séance n'était pas tout de suite alors autant en profiter. En plus, dans ma précipitation à échapper à ma sœur, je n'avais pas mangé de petit déjeuner. Je me trouvais donc quelque chose à grignoter, le mangeant le plus lentement possible, retardant ainsi le moment ou je devrais lui parler de nouveau.

 

Dans la file d'attente, je répondis à ses questions. Il m'avait réellement écouté la semaine dernière et avait des questions sur pas mal de sujets. Il gardait sa voix atone, ne reflétant aucune émotion, ça faisait froid dans le dos mais au moins nous parlions sans nous insulter. Après avoir acheté nos billets, il voulu absolument acheter du pop-corn, pour goûter. Une fois dans nos sièges, nous patientâmes en silence. Me retrouver assise à coté de lui était une première pour moi mais en plus dans le noir… Ce ne fut que lorsqu'il se pencha vers mon oreille pour me poser une question que je ne pu m'empêcher de penser qu'il était trop proche alors qu'un frisson me remontait l'échine. L'habitude me direz vous. Et bah exactement. Les fois où nous étions aussi proches l'un de l'autre finissait toujours mal, et j'étais à coup sur la grande perdante. Je hochais la tête en réponse.

 

Le film commença. Comme prévu le scénario était d'une simplicité effrayante mais je ne pus m'empêcher de remarquer qu'un élément devait manquer à Potter pour apprécier réellement l'histoire. Je me tournai vers lui et lui glissa quelques mots à l'oreille. Et là phénomène extraordinaire, il se mit à rire. Pas ce rire de fou qu'il lançait avant ou après m'avoir ridiculisé, non le vrai, celui qui venait du cœur. Mon Dieu, je viens de dire que Potter avait un cœur ?! Mes yeux allaient sortir de leurs orbites quand je le vis se tourner vers moi. Définitivement trop proche, je me rejetai en arrière dans mon siège et je quittais ce spectacle envoûtant. Ses yeux… Habituellement je n'y trouvais rien ou de la haine, mais là…

 

A la sortie du cinéma, il était toujours aussi joyeux. Et moi, je le regardais incrédule. Ce moment ne dura pas trop longtemps. Bah non, il ne faut pas exagérer ! Une bande de jeunes de notre age nous bouscula, Potter me rattrapa par le poignet, par chance, avant que je ne tombe dans les escaliers. Il leur dit de faire attention et nous retrouvâmes ce silence auquel j'étais habituée. Toujours dans mes pensées, je ne vis pas tout de suite qu'il ne me suivait pas. Ce ne fut qu'au moment où je me retournais pour lui parler que je le vis arrêter au milieu du trottoir cinq mètres derrière moi. Je revins sur mes pas, le regard noir.

 

- Evans, et si tu me disais ce qui ne va pas ?

 

- …

 

- Parle !

 

- …

 

- Je fais des efforts, tu pourrais en faire toi aussi !

 

- …

 

- Parle, par la barbe de Merlin !!!

 

- Ce qui ne va pas ? Ce qui ne va pas ? Dis je totalement hystérique. Je suis tellement invisible que l'on me pousse dans les escaliers sans même s'excuser, que personne ne me demande ce que MOI je veux faire ou tout simplement si je vais bien. Les deux seules personnes, autres que mes parents, pour qui j'existe me traitent comme un veracrasse. Et encore…

 

- Et ta copine, tu la mets dans quelle catégorie ?

 

- Pas la même chose.

 

- Ah oui ?

 

- pourquoi tu souris ? Je sentais ma hargne revenir quand nous fumes interrompus.

 

- Salut Lily.

 

- Salut Craig, comment vas-tu ? dis je d'un ton radouci.

 

- Très bien et toi ?

 

- On fait aller. Je te présente Potter, il est dans la même école que moi. Voici Craig, le frère de Julia.

 

- Dis moi tu fais quoi mercredi prochain ? On a prévu de se faire un kart, ça te dit ?

 

- Euh… Je me retournai vers Potter, je devinai que ce jour là je serais de baby-sitting…

 

- Si je peux venir, je suis preneur. Je n'ai jamais essayé. 

 

Tout de suite après le cinéma, nous nous quittâmes, il eut la délicatesse de ne pas revenir sur le sujet et pour la première fois, je lui fus reconnaissante de ne pas vouloir me torturer.

 

Après que Potter ait accepté pour nous deux la séance de kart de la semaine suivante, j'avais vu les yeux de Craig se rétrécir. Une fois, ce dernier parti, je lui expliquai rapidement en quoi consistait le kart.

 

- Je suis le meilleur attrapeur de Quidditch, alors ça ne me fait pas peur !

 

- Dois je te rappeler que tu as perdu ?

 

- Dois je te rappeler pourquoi ?

 

- Tu n'avais pas à me mater dans le vestiaire, lui répliquai je dans un grand sourire avant de le laisser devant le Chaudron Baveur.

J'entendis tout de même sa réponse :

 

- La prochaine fois ferme la porte si tu ne veux pas que je te vois nue ! 

 

Rouge comme une pivoine, je rebroussai chemin et fonçai droit sur lui prête à l'affrontement.

 

- Je n'étais pas nue !!!

 

- Tes sous vêtements ne cachaient pas grand-chose !

 

- Les sous vêtements ne sont pas faits pour 'cacher' mais pour mettre en valeur, réussissais je à dire le menton levé, les joues en feu.

 

- Ok. 

 

Et il entra dans le bar. Je regardais autour de moi pour découvrir que certains passant s'étaient arrêtés et me regardaient avec une lueur d'amusement dans le regard. Je les maudis tous pour au moins trois générations avant de rentrer chez moi pour profiter de cette fin d'après midi.

 

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Article ajouté le 2008-10-18 , consulté 371 fois

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