18 - Quand Tout n'Est Pas Dit

Après cette soirée, la vie à Poudlard se fit plus facile. Black avait annoncé que le 'concours' avait été finalement annulé et les filles oublièrent rapidement mon existence. De plus, nous avions maintenant trois complices. Nous avions l'habitude de nous voir le mardi et le vendredi soir dans une salle bien spéciale. La salle sur demande. La première fois que j'avais vu James passer trois fois l'air concentré devant ce tableau, je n'avais pu me retenir de rire. J'avais découvert une pièce digne d'une salle commune. Les couleurs de Serpentard et de Griffondor se mélangeaient agréablement. Un confortable canapé faisait face à une cheminée où un feu réchauffait l'ambiance. Ce que nous voulions apparaissait aussitôt. Nous y parlions de tout, nous travaillions, nous nous embrassions…

 

Il nous arrivait de nous voir à d'autres moments mais tous les devoirs que nous avions, ne nous permettaient pas de nous voir autant que nous le désirions. Nous avions alors différents moyens de nous fixer rendez vous. Au début, il nous avait fallut être imaginatif. Comme par exemple, cette fois, où dans un couloir, Black et Lupin nous bloquèrent le passage. Les autres étudiants, par habitude, tournèrent la tête afin de ne pas être témoins de l'affrontement. Mais l'affrontement n'eut pas réellement lieu. Potter qui arrivait derrière nous me bouscula, me dit de faire attention et rejoignit ses amis. Ce que les autres n'avaient pas vu, c'était la caresse sur ma main et le petit bout de parchemin qui se trouvait maintenant dans ma poche. Très rapidement, James eu l'idée qui nous facilita la vie. Le professeur de potions avait voulu nous mettre en binôme… Lupin se retrouva avec moi et Mary avec lui. Ainsi dès que nous devions convenir d'un rendez vous plus besoin de bousculades.

 

Le lundi précédent le départ pour les vacances de Noël. Mary revint avec un message :

 

Salut ma Lily Jolie

Deux semaines sans toi, ça va être trop dur. Sirius en a marre d'avance. Il parait que je n'ai plus d'autres sujets aux lèvres… Du coup, j'ai pensé que nous pourrions passer la nuit de vendredi à samedi ensemble dans la salle sur demande…

T'inquiètes pas, je sais que tu veux attendre, et j'attendrais. Je souhaiterais juste que tu dormes dans mes bras. Ce sera mon cadeau de Noël en quelque sorte… S'il te pléééééééééééééééééééééé

Baisers

Ton James

 

Je me sentis rougir au fur et à mesure que je lisais ces quelques lignes. J'avais eu moi-même cette idée il y a quelques temps mais ne me sentant pas prête pour aller plus loin pour le moment, j'avais eu peur. Peur de lui donner de faux espoirs, et que ce soit lui qui propose, me faisait tellement plaisir. J'en parlais rapidement avec Mary et lui confiai ma réponse. La semaine n'avançait pas. Nous ne pouvions nous voir de la semaine pour cause de parchemins à rendre et d'une soirée entre gars prévu de longue date… Je rangeais tous les petits mots qu'il m'envoyait dans le double fond de ma malle, je craignais toujours qu'une des dindes ne les trouve… Durant les mois de novembre et décembre, elles n'avaient eu de cesse de parler des Maraudeurs. Quand les binômes de potions avaient été constitués, elles avaient essayé de nous soudoyer pour que nous échangions… Elles avaient même menacé Mary en mon absence… Ma vengeance leur avait laissé des marques et depuis elles nous ignoraient de plus belle. Après tout, elles étaient plus jolies et plus désirables que nous, soit disant.

 

Je passais donc beaucoup de temps avec Rémus pour les devoirs. Il se montrait quelqu'un d'agréable, gentil mais secret. Il était respecté mais contrairement à Black et Potter, ce n'était pas par peur. Il était toujours prêt à aider les autres, bien que seuls les serpentards osaient l'approcher. Il attirait surtout les filles calmes mais je n'avais pu déterminer quel type de filles exactement lui plaisait. Son tableau de chasse était assez succinct et aucune similitude apparente entre les filles. Le lendemain de leur soirée entre gars, il n'était pas venu en cours, trop malade soit disant. Il est vrai que les trois autres Maraudeurs étaient eux aussi dans un état lamentable. Je remarquai que Peter était mis de coté. Oui, nous ne nous étions jamais parlé, il continuait même à m'insulter quand il en avait l'occasion… De son coté, Mary me disait être étonnée de trouver Potter agréable. Et que parfois il lui était difficile d'imaginer qu'il s'agissait là de la même personne. Elle revenait de ses devoirs avec lui un sourire aux lèvres, m'expliquait avoir beaucoup ri… Et moi ? J'étais jalouse !

 

Nous n'avions jamais parlé de sentiments avec James. Ni de futur. Nous nous contentions de vivre le moment. Je pense que d'un point de vue extérieur, quelqu'un aurait pu voir de la tendresse mais avec lui il était difficile de savoir exactement ce qu'il pensait. Comme ce soir, il était devant moi dans la salle sur demande et m'expliquait… essayait de me convaincre, que dormir ensemble était finalement une mauvaise idée. Mon cœur se brisait, ne le voyait il pas ?

 

- Lily, il ne faut pas.

 

- Pourquoi ?  criais je, ne retenant plus mes larmes.

 

- Ne pleures pas, s'il te plait.

 

- Ne me touche pas ! Comment oses tu !?

 

- Mon ange, je viens de te le dire… Si quelqu'un nous surprend… imagine qu'un professeur…

 

- Tu violes tous les jours le règlement au nez et à la barbe de Dumbledore, et aujourd'hui, où il est quasiment certain que nous ne serons pas pris, tu fais marche arrière ! Laisse moi rire !

 

- Lily, ta réputation est en jeu. Et je ne supporterais pas…

 

- Menteur ! Vous, les serpents, vous n'avez vraiment aucun courage !

 

- Oh, et vous, les chatons, vous foncez tête la première dans les ennuis au lieu de prendre le temps de réfléchir et d'élaborer un plan.

 

- Et quel est ton plan ?

 

- De quoi parles tu ?

 

- Pourquoi ne veux tu pas passer cette soirée et cette nuit avec moi ? Il doit bien y avoir une raison.

 

- …

 

- Je prendrais ce silence pour un oui. Tu vas parler ou je dois deviner ?

 

- Il n'y a rien.

 

- Je dois deviner donc. Alors tu me lâches, pour avoir ta soirée de libre, c'est donc que tu as quelque chose de mieux à faire… Laisse moi finir ! Tu vas voir tes copains toutes les vacances donc ce n'est pas de ce coté que je dois chercher.

 

- Lily… Dit il suppliant. Je vais juste retourner dans mon dortoir et rêver de ce que nous avions prévu.

 

- A moins que…  

 

Ma voix se cassa, je me rappelais d'une conversation de Melody. Hier soir, elle était rentrée dans le dortoir toute fière et avait dit assez fort pour que nous l'entendions qu'elle avait enfin obtenu ce qu'elle désirait. Et que vendredi soir serait un grand soir pour elle… Avait elle réussi ? Avait elle réussi à avoir un rendez vous avec… Je le regardais les yeux grands ouverts, la bouche ouverte. Il ne pouvait pas me faire cela, pas avec elle ! Il me fixait, il cherchait sans doute à deviner mes pensées mais…

 

- Lily, je ne sais pas ce que tu es entrain de t'imaginer, mais je veux juste pas…

 

- Comment elle s'appelle ?

 

- Qui ?

 

- Celle pour qui tu me quittes ?

 

- Lily, je n'ai pas l'intention de te quitter ! s'écria t il en me retenant par le poignet alors que je me dirigeais vers la porte. Lily…

 

- Dis moi la vérité, Potter.

 

-  

 

- Dis moi la vérité, Potter, ou je pars et il ne sera plus question que tu t'approches de moi !

 

- … J'ai des blessures sur le corps et je ne peux pas t'en donner les raisons, avoua t il la tête baissée.

 

- Tu es blessé ?!

 

-Oui… Non c'est bon, ne t'inquiète pas. J'ai mis des onguents et fais des bandages.

 

- Tu t'en es pris à des gens, tu as voulu leur faire du mal ?

 

- Non ! Promis.

 

- … Maintenant que je sais cela, on va dormir ici tous les deux ?

 

- Tu ne me poses pas plus de questions ?

 

- Tu me le diras peut-être un jour… j'espère qu'un jour tu auras suffisamment confiance.  

 

Notre soirée fut merveilleuse. Je ne pouvais m'empêcher de penser à ses blessures, surtout qu'il grimaçait assez régulièrement mais je ne demandais rien. Quand l'heure de se coucher se fit sentir, un lit apparu dans un coin de la pièce. J'allais dans la salle de bain pour me changer. J'avais opté pour un pyjama débardeur-pantalon ce soir. Il était uni bleu ciel, le tissu était doux et plus chaud qu'il n'y paraissait. Je me sentais femme habillée ainsi mais pas au point de me sentir aguicheuse. Quand je revins dans la chambre, James me tournait le dos, il était en boxer torse nu, appliqué à plier ses affaires sur une chaise. La large entaille qui allait de son omoplate droite à sa hanche gauche, me fit froid dans le dos. Je compris pourquoi il avait tout d'abord refusé de me le dire. Il ne voulait sans doute pas que je me fasse de soucis pour lui. Je m'étais rapprochée de lui en silence et je frôlais délicatement du doigt cette horrible marque. Il sursauta et, en voyant mon visage peiné, me prit dans ses bras. Il me murmura des mots doux à l'oreille avant de me coucher sur le lit où nous nous embrassâmes à en perdre haleine, nos mains caressant l'autre pour en connaître la moindre courbe. Je ne m'étais jamais sentie aussi bien, je ne voulais pas que cela s'arrête. Pourtant il y mit fin m'expliquant qu'après il ne pourrait plus s'arrêter... Je m'en voulu de ne pas me sentir prête, de lui imposer cette torture mais en me calant contre son torse, je compris surtout que j'étais désespérément amoureuse de lui et cette attente ne rendrait notre première fois que meilleure.

 

Le lendemain matin, nous nous étions de nouveau embrassés avant de nous quitter le sourire aux lèvres pour prendre le petit déjeuner et finir nos bagages. Je retrouvais Mary dans un état d'extrême agitation, faisant les cent pas dans notre salle commune.

 

- Où étais tu ? Je me suis fait un sang d'encre !!! Hurla t elle quand elle m'aperçut enfin.

 

- Tu sais très bien où j'étais… Pourquoi es tu énervée ?

 

- Ne me mens pas, Lily Evans !

 

- Je ne te mens pas. Et si nous allions dans le dortoir pour finir cette conversation ?

 

- Non, je vais manger… On en parlera dans le train, lança t elle avant de partir.  

 

Je ne perdais pas trop de temps à chercher la raison de son énervement. Une fois dans le dortoir, je filais prendre une douche et quand je sortis de la salle de bain, déjà habillée en moldue, je retrouvais Melody en pleine conférence dans la chambre.

 

- Il a été fabuleux les filles ! Il a pris son temps pour me déshabiller… Oh et si vous aviez vu son corps ! Il est si bien fait !!!

 

- Jouer au Quidditch ça aide !

 

- Oui mais il sait ce qu'il faut faire pour faire monter une fille au septième ciel ! Toute la nuit ! James m'a tenu éveillée toute la nuit ! Je vais avoir besoin de dormir dans le train. 

 

- Et toi, hier soir qui croyais qu'il t'ignorait.

 

- Oui, reprit Melody. Il m'a expliqué que pour lui, James Potter, serpentard, être tombé amoureux d'une griffondor ça le surprenait beaucoup et qu'au début il n'avait pas su comment réagir.

 

- Tu as couché cette nuit avec James Potter ? Ne pus je me retenir de demander.

 

- Oui, et qu'est ce que ça peut te faire ?  

 

Rien, ça ne me faisait rien. C'est vrai, James était avec moi, et pour m'être réveillée régulièrement dans la nuit, je peux témoigner qu'il n'a pas bougé.  Pitoyable, voilà ce qu'elle était. Et ses copines qui buvaient ses paroles… Mary revint avec des fruits pour mon petit déjeuner et les encas dans le train et pour me dire qu'il fallait se presser de descendre. Je la voyais jeter des coups d'œil aux filles et lui fit un grand sourire. J'avais enfin la raison de son attitude… Lui fis un signe discret pour qu'elle arrête de se faire du soucis. Dans l'escalier, par malchance, nous nous retrouvâmes derrière les trois dindes qui bien évidemment prenaient leur temps avec leurs lourdes malles, tout en se plaignant du manque de galanterie des garçons de cette école… Il nous restait encore un escalier à descendre, au bas duquel les Maraudeurs se tenaient en pleine conversation. Je tenais ma revanche.

 

- Hé Potter ! A défaut de faire grimper Melody au rideau comme tu l'as fait à plusieurs reprises cette nuit, tu ne pourrais pas aider l'amour de ta vie avec sa malle parce qu'elle gêne tout le monde avec ses copines ! »

 

Les réactions ne se firent pas attendre. Melody me foudroya du regard, ses copines me jetèrent un regard courroucé. Mary eut l'air surpris puis explosa de rire devant le visage de James. Ce dernier, tout d'abord surpris que je l'appelle ainsi, perdit toute couleur quand il comprit la portée de mes paroles. En deux enjambées, il était face à Melody qui n'en menait pas large. Je vis dans son regard un mélange d'énervement et…  d'amusement.

 

- Alors comme ça, Melody, tu as été vanté mes talents nocturnes ?

 

- Oui, murmura t elle rouge de confusion.

 

- Et j'ai été à la hauteur ?

 

- Moui

 

- C'est le principal alors.

 

- Et elle, elle a été à la hauteur ? demanda Mary entre deux éclat de  rire.

 

- Bah je t'avouerais ne pas savoir quoi répondre.

 

- James, je peux t'expliquer un peu plus loin, en tête à tête ?

 

- M'expliquer quoi, hurla t il maintenant hors de lui. Je n'ai jamais parlé avec toi, je ne t'ai jamais touché et encore moins embrassé. Et toi, tu dis à tout le monde que nous avons passé la nuit ensemble à baiser ?!

 

- Je ne l'ai pas dit à tout le monde, ce n'est pas de ma faute si cette fouine a entendu !

 

- Oui… et elle a pas dit 'baiser'. Non après la déclaration d'amour que tu lui as fait, elle aurait plutot utilisé l'expression 'faire l'amour' bien qu'elle ai préféré le terme 'monter au septième ciel', ajoutai je amusée.

 

- Quoi ?!

 

- Evans, tu vas me le payer, foi de Melody Pone.

 

- Tu sais où me trouver… Vous ne pourriez pas bouger parce que le train ne va pas nous attendre…  

 

Sur cette dernière phrase, je me faufilais entre eux deux. Mary me suivit, elle avait du mal à retrouver son souffle d'avoir autant ri. Une fois seules, dans un compartiment, elle m'expliqua que Melody était rentrée peu de temps avant moi et qu'elle avait tout de suite raconté qu'elle avait passé la nuit avec Potter. Du coup, elle s'était fait du souci pour moi puisque je n'étais pas rentrée, craignant le pire. Ca, c'est une amie ! Je lui racontais ma soirée et nous tombâmes d'accord que la chance avait été avec moi que James avoue. Si nous avions passé notre soirée chacun de notre coté après notre dispute, et qu'au réveil, Melody m'avait décrit… Je n'ose même pas y penser. Je l'aurais cru ! Mais aurais je été assez forte pour demander une explication à James ? Nous changeâmes de sujet pour discuter de nos futures vacances quand la porte du compartiment s'ouvrit et se referma sans aucune raison visible. Enfin jusqu'à l'apparition d'une tête brune, aux cheveux en pétard et des lunettes devant des yeux chocolats. Mary eut un sourire avant de nous laisser tous les deux soit disant pour aller aux toilettes.

 

- Tu es fière de toi, hein, me dit il dans un sourire.

 

- Oui, très.

 

- Je suis content que tu ne l'ais pas cru.

 

- C'était assez difficile de la croire vu que tu étais avec moi…

 

- Oui, heureusement. Promets moi que si ça se reproduit, tu viendras m'en parler avant de croire ce genre de choses ou que tu me feras assez confiance pour savoir que ce n'est que des mensonges.

 

- Oki, dis je touchée par ses paroles. Et si tu m'embrassais avant que Mary ne revienne ?  

 

Aussitôt Mary revenue, il repartit en nous souhaitant de bonnes vacances. Deux semaines sans lui… Il y a même pas un an, c'était le rêve, mais là… Comment allais je faire ?

 

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Article ajouté le 2008-10-18 , consulté 452 fois

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