19 - Noël

Cela faisait que quelques jours que j'étais de retour chez mes parents et je m'ennuyais ferme. Mon père m'avait interrogé sur l'école, s'étonnant de ne pas avoir reçu de lettre de la direction… Bah oui, à chaque retenue, le professeur McGonnagal, directrice de la maison Griffondor, envoyait un courrier aux parents pour relater nos derniers 'exploits'. Chaque année mes parents en recevaient un certain nombre, enfin sauf pour ce début d'année... J'expliquais rapidement qu'avec Potter nous avions trouvé un terrain d'entente et que la hache de guerre avait donc été enterrée. Quant à ma mère, elle avait réussi à me poser des questions sur le garçon de cet été en l'absence de mon père mais je ne lui en avais pas révélé beaucoup. Je pense que le sourire que j'eus à l'évocation de James, lui a suffit… pour le moment. Pour ce qui est de ma sœur, elle gardait son attitude cruelle à mon égard et parlait à longueur de journée de son dernier petit ami en date, qui à ses yeux était l'homme parfait…

 

Mes parents avaient pris deux semaines de congés afin de passer du temps avec nous. Ils avaient prévu tout un tas de visites dans la famille, des oncles et tantes à voir. Le rituel des fêtes de fin d'années, en somme. Et moi, je devrais parler de mon école en taisant tout ce qui était lié à la magie. Les sales coups de, ou contre, Potter perdaient pas mal d'effets une fois que toute magie était enlevée ! Le matin du 25 Décembre, je trouvais des cadeaux aux pieds de mon lit. Je les ouvris avant de descendre ouvrir ceux de ma famille aux pieds du sapin. Mary m'avait offert le livre que je souhaitais, il recensait toutes les potions médicales connues et accessibles à tout le monde. Je voulais devenir Médicomage et il me serait donc très utile l'an prochain. Rémus m'avait offert des sucreries, celles que je mangeais en révisant avec lui. Quand j'ouvris le cadeau de Sirius, je ne pus m'empêcher de rougir. Cet obsédé m'avait offert une nuisette en satin noire accompagnée d'un petit mot : 'Avec cette tenue, je suis sur de faire deux heureux, S'. Vint en dernier celui de James… un bracelet en or blanc. Il était finement ciselé et d'une délicatesse. Je me levais rapidement pour envoyer un hibou pour le remercier, et moi qui lui avais offert un polo. De son équipe de Quidditch préféré d'accord, mais il était ridicule par rapport au sien !

 

Alors que nous préparions le repas du midi avec ma mère, ma sœur vint nous prévenir que son petit ami du moment, se joindrait à nous. Elle nous fit sentir le parfum qu'il lui avait acheté pour Noël à tel point que la cuisine empestait encore dix minutes après qu'elle soit partie en poussant des grands cris en voyant un hibou entrer.

 

Coucou ma Lily Jolie

Merci pour le polo !!!

Je suis content que le bracelet t'ait plut.

Sirius m'a rien offert, il m'a dit que j'aurais mon cadeau à la rentrée et qu'il fallait que je voie avec toi. Sais tu ce que ça signifie ?

Tendrement

James

  

- Un bracelet ? me demanda ma mère.

 

- Maman !!! Depuis quand lis tu mon courrier ?!

 

- Je t'ai appelé plusieurs fois et tu ne répondais pas…

 

- Tiens regarde.

 

- Oh ma chérie, il est magnifique ! Il a bon goût ce petit, dit ma mère en souriant.

 

- Qui ça ? demanda mon père qui venait d'entrer dans la cuisine.

 

- Le petit ami de Lily, regarde le splendide bracelet qu'il lui a offert. Et c'est quoi l'histoire avec ce Sirius ?

 

- Maman, suppliais je. Puis je avoir un petit peu d'intimité ?

 

- Tu aurais du trouver autre chose maintenant je veux a tout pris savoir !!! Raconte !

 

- Papa ! 

 

Et voilà comment le jour de Noël je me retrouvais dans la cuisine entourée de mes parents qui voulaient tout savoir. Je me rebellais pas mal à l'école, mais contre eux impossible. Ils étaient d'une patience d'ange et compréhensifs. Bien que sur ce sujet, je n'avais pas de points de comparaison… Quand ma sœur Pétunia leur avait présenté son copain, je n'étais pas là alors comment savoir. Mais s'ils l'avaient invité à partager notre repas aujourd'hui c'était plutôt bon signe… Je tentais le tout pour le tout.

 

- Sirius m'a offert une nuisette et sa carte indiquait que c'était autant pour moi que pour James… Dis je rapidement le rouge aux joues.

 

- Tu as déjà couché avec ce James ?! Tonna mon père alors que ma mère souriait toujours.

 

- Nous avons juste dormi dans les bras l'un de l'autre. Je ne me sens pas prête et donc nous attendons, murmurais je en baissant les yeux face au coup de colère de mon père.

 

- Ah, ça !!! Et tu vas attendre encore quelques années ma petite ! Tu es bien trop jeune !!! Je t'interdirais bien de le revoir mais je n'ai aucun moyen de savoir ce que tu fais quand tu es dans ton école !!!

 

- Veux tu bien cessé tout ce cirque ! dit ma mère riant à moitié. A son age, nous n'étions plus innocents tous les deux !

 

- Oui, mais à l'époque actuelle…

 

- Nous l'avons bien élevé, elle sait ce qui est bon pour elle. Alors Lily nous te faisons confiance, si tu as besoin de quoique ce soit n'hésites pas.

 

- Moi, j'aimerais faire sa connaissance.

 

- Papa !

 

- Si c'est aussi sérieux avec lui, qu'as-tu à craindre ?  

 

A craindre ? Techniquement, rien. Avec James, nous ne parlions pas de sentiments, ni d'avenir, juste du présent et tout au plus des examens du mois de juin… Alors comment lui annoncer que mes parents voulaient le rencontrer sans risquer de le faire fuir ? Mon père fut clair, tant qu'il ne l'aurait pas rencontré, il ne me parlerait plus. Une attitude de gamin d'après les dires de ma mère, une attitude déloyale de mon point de vue. J'adorais mon père et ne pas parler avec lui était une véritable torture. Ma mère avait beau m'expliquer que j'étais la petite dernière que ce n'était pas facile pour eux, je ne comprenais pas cet acharnement. Est-ce que Pétunia avait subi le même sort avant moi ? Enfin son petit ami… On sonna à la porte, et aux cris que j'entendais, il s'agissait très certainement de Lui, Vernon, la huitième merveille du monde pour ma sœur. A la fin du repas, je fus ravie de retourner dans ma chambre. A part soporifique et sans aucun intérêt, je ne trouvais aucune perfection dans ce bonhomme. Il était prétentieux et rien ne l'intéressait en dehors de son travail, et je soupçonnais ma sœur de lui avoir raconté deux trois trucs sur moi pas forcément à mon avantage...

  

Au bout de deux jours de silence paternel, je ne tins plus et envoyais un hibou à James avant descendre prendre mon petit déjeuner. J'avais essayé de rester digne mais il était clair que je le suppliais de m'aider :

 

Salut Toi,

Je ne sais pas trop comment commencer cette lettre…

Figures toi que mes parents ont appris pour le 'cadeau' de Sirius et mon père n'a pas réellement apprécié. Il s'est mis en tête de te rencontrer et depuis maintenant deux jours il ne m'adresse plus la parole pour me faire céder. Je te l'accorde que c'est un comportement enfantin mais ma mère ne réussit pas à le faire cesser ses idioties… Je sais que nous n'avions jamais parlé de ça, mais ça te gênerait de venir le voir ? J'aimerais qu'il me reparle…

Bisous

Ta Lily

  

Je grignotais mes tartines d'un air absent en regardant mon père du coin de l'œil qui lisait le journal. Il commentait avec ma mère les derniers événements de l'actualité. Je me sentais en trop, déjà parce que la plupart des choses dont il était question m'étaient complètement inconnues mais parce que mon père ne répondait pas à mes questions. Quand la porte sonna, ma mère nous quitta laissant s'installer le silence, je fixais maintenant mon père de ses yeux suppliants qui d'habitude le faisaient craquer mais qui là n'avaient aucun effet. J'entendais ma mère parler au loin, je me demandais qui pouvait venir si tôt chez les gens. Des bruits de pas qui approchent, j'aurais bientôt la réponse à cette question. Ma mère vint se poster devant moi un grand sourire sur le visage, je ne m'étais pas encore retournée pour voir le nouvel arrivant qu'une voix me fit tressaillir :

 

- Bonjour monsieur Evans, Lily.

 

- James !

 

- Bonjour jeune homme. Puis je savoir à qui j'ai à faire ?

 

- Bien sur, Monsieur. James Potter, le petit ami de Lily.

 

- Potter ? N'êtes vous pas la cause de toutes les retenues de ma fille ? Celui qui lui a rasé la tête ? Ou encore celui qui lui a donné la mauvaise idée de faire ce sport dangereux ?

 

- Papa !

 

- Je plaide coupable. D'un autre coté, mes parents pourraient eux aussi vous montrer des boites entières de lettres au sujet de retenues dues à votre fille. En agitant que par sa faute, ils ont été contraint de m'acheter des vêtements neuf parce qu'une odeur assez tenace de repousse-dragon ne voulait pas partir… Et que j'ai dû assister à un gala de bienfaisance les cheveux roses…

 

- Je vois que tu sais te défendre ma Chérie, dit ma mère amusée par l'échange des deux hommes.

 

- Moui…

 

- Lily, remonte dans ta chambre que nous puissions parler plus librement.

 

- Je ne suis pas sure de vouloir le laisser seul… face à toi, dis je soupçonneuse.

 

-  T'inquiète, tu le verras dès que j'en aurais fini avec lui.

 

- Vas y, Lily.

 

- Ok, mais pourrais tu ne pas lui dire ce qu'est le cadeau de Sirius… Demandais je rougissante en regardant mes pieds.

 

- Tu n'as qu'à redescendre avec dans dix minutes.

 

- Je ne vais pas lui montrer devant toi !

 

- Alors tu ne lui montreras pas du tout ! Cria mon père en se levant pour me faire face.  

 

Je remontais furieuse dans ma chambre ! Il était entrain de faire passer un interrogatoire à James. Ce dernier était venu tout de suite à ma rescousse… Mon cœur en battait plus vite. Et qu'il était beau ! Dix minutes, c'est très long, surtout dans ce cas là. Je rangeais le cadeau de Sirius avec la petite carte et attendis en fixant mon réveil. Quand les dix minutes furent passées, je me précipitais dans la cuisine, où je trouvais mes parents sous le charme de Potter. Ils s'interrompirent en me voyant entrer.

 

- Ah Lily. James nous racontait justement vos petites taquineries.

 

- Nos petites taquineries ?

 

- Oui, quand tu m'as collé les pieds au plafond par exemple… C'est le cadeau de Sirius ?

 

- Moui. Papa, il est encore temps d'éviter un moment gênant.

 

-  J'en ai déjà vu ma chérie, répondit mon père un sourire aux lèvres. J'aimerais juste voir sa réaction, ça me donnera quelques éléments pour la suite de notre conversation. Vas y, ouvres le mon garçon.

 

-  … Sirius a… bon goût. 

 

La situation était extrêmement embarrassante. James avait juste entrouvert la boite, comprenant d'un coup d'œil ce dont il était question alors que mon père ne le quittait pas des yeux. Je cherchais de l'aide auprès de ma mère qui semblait s'amuser de la rougeur de nos joues et du calme de mon père.

 

- Vous ne la sortez pas ? demanda mon père

 

- Papa, arrête !

 

- Alors, d'après ce que je comprends vous couchez avec ma fille…

 

- Maman, pitié fais le taire ! C'est bon Papa, tu as réussi, nous sommes tous les deux mal à l'aise, tu as gagné, tu es le meilleur.

 

- …

 

- Oui monsieur. Nous avons juste dormi dans les bras l'un de l'autre, et j'avoue ne jamais avoir été aussi heureux.

 

- Ma fille m'en a déjà parlé… Je ne vous dirais qu'une chose : prenez votre temps. Sorcier ou pas, tu entendras parler de moi si tu la fais souffrir.  

 

Je ne pense pas avoir été aussi mal à l'aise, mais j'étais tellement heureuse de revoir James que j'étais prête à pardonner à mon père. Il resta encore une heure à discuter avec mes parents de sa famille, de lui, de ses ambitions… Ma mère lui avait fait promettre de venir dîner le lendemain soir. J'étais sur un petit nuage. Au moment de partir, il me demanda d'où il pouvait transplaner. Je l'accompagnais dans un coin du jardin à l'abri des regards des voisins.

 

- Merci d'être venu. Je suis désolée…

 

- Ce n'est pas grave, me dit il en me prenant dans ses bras. Par contre, je pense que je vais tuer Sirius 

 

- Pourquoi ? Elle est très belle.

 

- Oui, mais il t'a attiré des ennuis.

 

- Finalement on a survécu, concluais je avec un clin d'œil. Enfin surtout toi !

 

- J'ai mérité un baiser alors ? me dit il avec un grand sourire.  

 

La journée du lendemain fut longue, je ne cessais de regarder l'heure. Nos parents avaient également invité Vernon à dîner. Ma sœur semblait en panique, elle me répétait de sembler 'normale' et espérait que James se tiendrait à carreau. Elle ne voulait pas que son petit ami la quitte à cause de sa 'monstrueuse sœur' ou de son 'horrible petit ami'. Elle avait enfilé une robe qui accentuait sa maigreur, son absence de forme et son long cou… C'était donc un très mauvais choix mais je n'en avais rien à faire et m'occupais de me mettre le plus à mon avantage. J'avais revêtu une robe vert pâle qui descendait jusqu'aux genoux avec un décolleté raisonnable. Mes cheveux étaient libres sur mes épaules et un léger maquillage pour faire ressortir mes yeux. James arriva le premier avec un bouquet pour ma mère et une bouteille de vin pour mon père, ce qui les impressionna grandement. Nous nous installâmes tous les quatre dans le salon afin d'attendre le retardataire, mon père et ma mère, chacun dans un fauteuil et James et moi dans le canapé. Je réalisais que James me tenait la main quand ma mère nous regarda avec un sourire en se levant pour ouvrir la porte à Vernon. Il était venu les mains vides et ma sœur daigna enfin apparaître. Mes parents ne s'en formalisèrent pas, l'habitude sûrement. Par contre, je vis James se raidir quand il compris que depuis le début elle était là et qu'elle n'avait pas daigné descendre pour l'accueillir. Le repas et la soirée se passèrent pour le mieux. James semblait très bien s'entendre avec mon père et ma mère était sous le charme. Quant à Pétunia et Vernon, ils tentaient d'attirer l'attention sur eux en nous lançant des piques. Je vis plusieurs fois James serré les poings mais il ne fit aucun commentaire, même quand je le raccompagnais pour qu'il transplane.

  

La dizaine de jours qui me restaient de vacances passa somme toute rapidement. Comme nous étions dans de la famille, je ne pouvais pas me permettre d'expliquer pourquoi un hibou m'apportait une lettre… Donc je fus coupée du monde magique pendant tout ce temps. Mes cousines ressemblaient à ma sœur, elles ne s'intéressaient qu'aux garçons et au maquillage. Quant à mes cousins, à part le sport, pas vraiment de conversations possibles et comme je ne pouvais leur parler de Quidditch... Au repas du nouvel an, Pétunia avait parlé de James lui attribuant des défauts que je ne voyais que chez son Vernon. Mes cousins, au début, ne la crurent pas… Enfin ils ne crurent pas que j'avais un petit ami puis ils déclarèrent que je devrais m'en contenter si je ne voulais pas rester toute ma vie.

 

Inutile de vous cacher que ce fut avec une joie à peine dissimulée que je me rendis à la gare pour prendre le Poudlard Express. Je retrouvais Mary dans un compartiment en pleine lecture et nous voilà reparties pour le collège.

 

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Article ajouté le 2008-10-18 , consulté 444 fois

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