30 - Oups

Nous étions samedi, il nous restait huit jours de révisions pour les ASPICs et comme à notre habitude, nous étions dans la bibliothèque. Le temps était excellent, j'avais revêtu pour l'occasion une jupe mi cuisse noire et un chemisier blanc. Je voyais Mary me jeter des coups d'œil par instant. La conversation de la veille devait encore lui résonner dans les oreilles. Elle avait tenté de me convaincre de rompre avec William. Elle voyait très bien que je n'étais pas heureuse mais elle me félicitait tout de même pour mes talents de comédienne parce que tout le reste de l'école semblait convaincu de mon bonheur. Même William qui avait sa main actuellement sur ma cuisse au dessus de ma jupe, je tiens à le préciser, semblait croire que tout roulait.

  

- Je reviens, je vais manger un peu.

 

- Je t'accompagne !

 

- C'est pas la peine, William.  

 

Je fis route vers les cuisines. Je n'y allais plus le soir, trop fatiguée pour penser à ressortir de la Tour. Pour tout avouer, je n'avais plus beaucoup de vie sociale. Rémus ne me rejoignait plus sur notre banc depuis notre conversation de lundi, Mary et Tom étaient plongés dans leurs révisions et avec William mis à part les baisers nous n'avions pas d'intérêts communs. Je me demandais souvent pourquoi je restais avec lui. Il était gentil et ne méritait pas que je continue avec lui au risque qu'il tombe amoureux. Si ce n'était pas déjà fait… Je regardais autour de moi. Mince ! Je m'étais trompée de couloir ! Mon cerveau se ramollissait ! J'eu un petit rire… Si quelqu'un me voyait, il me prendrait pour une folle ! Bon c'est décidé, ce soir, je romps avec lui. Je finirais seule et abandonnée mais au moins je ne ferais souffrir personne. Alors que je rebrousse chemin, je vois William avec un de ses amis en train de discuter… Je ne sais pas pourquoi, mais j'aimerais bien être une petite souris pour savoir… La curiosité est un vilain défaut… Oui, mais que fait il là ? Je me faufilai le plus discrètement, avant de me cacher derrière une armure d'où je pus tout entendre…

 

- Je t'ai dit, tout se passe très bien, disait William.

 

- Aussi bien que ça ?

 

- Oui, elle est trop passionnée comme fille…

 

- Elle a été à bonne école.

 

- Oui, c'est clair ! Potter a du lui apprendre des trucs démentiels au pieux ! continua William avec un regard rêveur.

 

- Je t'envie gars ! Tu me raconteras tout, hein ?

 

- Bien sur ! Je pense que ce soir, ce sera bon, il faut juste que je trouve un coin où on pourra faire ça tranquille.  

 

Leur conversation dura encore un peu mais je pense que tout le monde a saisi l'allusion. Petit vermisseau !!! Veracrasse !!! J'étais dans un état de profond énervement quand je retournais à la bibliothèque. Je m'assis à ma place et Mary comprit tout de suite que quelque chose se tramait. Je lui fis mon petit sourire pré-mauvais coups et je vis ses yeux s'agrandir et ses sourcils se froncer.

 

- Lily ?

 

- Oui, Mary.

 

- Pourquoi j'ai l'impression que dans peu de temps des cris vont se faire entendre ?

 

-  Je ne sais pas… L'intuition féminine, je pense…  

 

J'avais maintenant mon sourire de psychopathe. Je croisais le regard de Rémus qui tentait sûrement de comprendre. Je lui fis un clin d'oeil pour une raison qui m'est inconnue et vis William entrer dans la bibliothèque. Une fois de nouveau sur sa chaise à mes cotés, il posa tout naturellement sa main sur ma cuisse et se pencha vers mon oreille.

 

- Ca te dirait une soirée, rien que tous les deux ?

 

- Tous les deux ? demandais je suffisamment fort pour que les tables environnantes entendent mais que la bibliothécaire ne s'affole pas.

 

- Oui, tous les deux.

 

- Pour quoi faire ?

 

- Bah, commença t il gêné. Etre tous les deux, quoi !

 

- Et ?

 

- Et quoi ?

 

- Pour quoi faire ? demandais je une nouvelle fois m'amusant du teint rouge qu'il prenait de minute en minute.

 

- Pour s'embrasser, se câliner… Ce genre de chose… dit il en baissant un peu la voix.

 

- Oh ! Tu veux baiser en gros ?!  

 

Le silence se fit tout autour de nous, je su que j'avais dorénavant tout l'attention des autres. Il y a des mots qu'il suffit de prononcer pour que les gens autour soient tout à coup captivés par votre conversation. Et le mot 'baiser' faisait parti de ceux là. Je vis Rémus, les sourcils froncés, Sirius, la bouche ouverte et Potter, le visage impassible. Mary et Tom, quant à eux, se regardaient essayant sans doute de comprendre ce qui m'arrivait.

 

- Lily, ne pourrais tu pas baisser d'un ton, s'il te plait ?

 

- Pourquoi ?

 

- Parce que c'est privé.

 

- Ah bon, dis je faisant mine de réfléchir. Donc tout ce qui se passera entre nous ce soir, restera entre nous ?

 

- Mais bien évidemment.

 

- C'est fou ce que les mecs sont près à dire pour nous mettre dans leur lit, dis je en me retournant vers Mary.

 

- Qu'est ce que tu racontes, Lily ? me susurra William à l'oreille.

 

- La vérité… murmurais je.

 

- Alors c'est bon pour ce soir ?

 

- Tu lâches pas l'affaire toi, hein !?

 

- Non.

 

- Ca doit vraiment te chatouiller de savoir les trucs démentiels que Potter a m'appris au pieux !

 

- …

 

- Evans, pourrais tu me tenir en dehors de vos querelles de couples ?!

 

- Pas de soucis… Oh, Potter ! Tu devrais écrire un livre sur tes prouesses au lit, ça évitera à ce genre de veracrasse de s'approcher de tes ex pour pouvoir se comparer au maître.  

 

Pendant ce temps là, William avait rangé ses affaires dans son sac, rouge de colère. Et moi, qui cherchais à rompre en douceur… C'était loupé ! Durant le dîner, j'expliquais à Tom et Mary, la conversation que j'avais surprise dans le couloir. Mary me réprimanda comme à l'accoutumée pendant que Tom me félicitait de cette preuve de courage. Elle ne sembla pas apprécier qu'il ne fut pas de son avis mais la situation était trop drôle et elle finit par se ranger à notre avis. Nous retournâmes à la bibliothèque pour finir d'étudier deux ou trois points d'histoire. Au bout d'une heure, ils abandonnèrent mais moi en courageuse griffondor je continuai… Enfin c'est surtout que je n'avais pas très envie de les voir se bécoter devant moi. Je me plongeais totalement dans une des nombreuses rebellions de gobelins quand une main à coté de ma feuille attira mon attention. Je tournais les yeux vers le propriétaire.

  

Potter se trouvait accroupis à ma gauche. Je devinais sa deuxième main, la droite, sur le dossier de ma chaise. Ma respiration changea. Je venais de remarquer que nous étions seuls dans un coin plutôt reculé de la bibliothèque et que je mourrais d'envie qu'il m'embrasse. Ce qu'il fit… Sa main gauche se plaça sur mon cou pour m'attirer à lui tandis que l'autre se posait sur ma taille. Ses lèvres étaient si douces… En deux secondes, j'avais déjà perdu pied. Cet homme était le diable, la tentation… MA tentation. Je mis mes bras autour de son cou, plaquant autant que je le pouvais mon buste contre lui. Il me serra plus contre lui, arrêtant le baiser pour que nous reprenions notre souffle. Des bruits de pas qui approchaient… Je me retournais vers l'origine du bruit pour voir la bibliothécaire et son air aimable surgir au tournant.

  

- Mademoiselle, il serait l'heure que vous rentriez dans votre dortoir.

 

- Oui, Madame… dis je réalisant d'un coup que Potter n'était plus là. 

 

-  Très bien.  

 

J'étais seule dans la bibliothèque, aussi subitement qu'il était apparu, il avait disparu. Sur le chemin du retour, je ne cessais de me poser des questions. Avais je rêvé ? Peut être m'étais je assoupie ? Je posais une main sur mes lèvres comme pour avoir la réponse quand je sentis un corps se plaquer contre mon dos et une voix me dire à l'oreille de me laisser guider. Je connaissais cette voix… Je n'avais donc pas rêvé ! Je me retrouvais dans une salle de cours… vide ?! Sa cape ! Il devait porter sa cape d'invisibilité !

 

- Que puis je faire pour toi Potter, dis je en me juchant  sur le bureau.

 

- C'est vrai ?

 

- Quoi ? Peux tu être plus explicite ?

 

- Que William voulait coucher avec toi à cause de moi ?

 

- Mouaip. Je l'ai surpris dans un couloir entrain de se vanter auprès d'un de ses potes… A priori, il voulait quelqu'un ayant été à bonne école pour sa première fois.

 

- Je suis désolé.

 

- De ?

 

- …

 

- Potter, ne voudrais tu pas enlever cette fichue cape que je puisse ne plus avoir l'impression de parler au vent ? Et me répondre…

 

-  Je suis désolé que ce William se soit servi de toi, dit il en apparaissant devant moi.

 

- Je m'en fous de lui… Embrasse moi.  

 

Je l'avais saisi par le col de son polo pour le placer entre mes jambes. Je l'embrassais sur la bouche légèrement attendant qu'il prenne l'initiative… Mais rien. Je l'embrassais alors dans le cou tout en défaisant les boutons de son col pour pouvoir l'embrasser plus facilement. Durant notre relation, nous nous étions souvent retrouvés lui torse nu, et moi en soutien gorge. Nos mains ne passaient pas la barrière de la taille pour une raison qui m'était inconnue jusqu'à ce jour. Ce ne fut que lorsqu'il posa ses mains sur mes genoux remontant sur mes cuisses en dessous de ma jupe que je compris. Ses mains créaient un feu d'artifice sur mon buste, mais c'était un brasier quand elles me touchaient plus bas. Je me sentais défaillir par cette simple caresse. De mon coté, je ne cessais de l'embrasser dans le cou, passant mes mains sous son polo. Quand ses mains s'arrêtèrent sur mes hanches, je gémis rejetant doucement ma tête en arrière. Je croisais ses yeux, des yeux noirs… De désir.

  

Et il m'embrassa, enfin. Je me serrais contre lui sentant son excitation à travers son pantalon et mes jambes se nouèrent pour le tenir plus proche de moi. Je perdais totalement le contrôle mais rien n'était meilleur que cet homme qui me déshabillait. Mon chemisier vola dans la pièce, bientôt suivi de mon soutien gorge. Il me regarda, ainsi, à demie nue, rougissante et offerte sur ce bureau dans cette salle de cours désaffectée. Dans un grognement, il s'empara d'un de mes seins avec sa bouche. Pourquoi n'avait il pas fait tout cela avant ? Que c'était bon ! Je voulais moi aussi lui faire perdre la tête. Je lui enlevais son polo, le forçant à arrêter pour quelques minutes sa torture. Je passais ma main sur ce torse parfait, je le vis frissonner. Cela m'excita encore plus de le voir fragile sous mes doigts. Je taquinais d'une main un de ses mamelons quand je me stoppais. Tandis qu'une de ses mains caressait mon visage, l'autre s'était approchée de l'intérieur de mes cuisses et y faisait des aller et venues. Je me surpris à vouloir qu'il remonte sa main plus, vers mon intimité qui semblait se faire impatiente. Il l'approcha enfin, joua avec l'élastique de mon sous vêtement. Ma respiration s'était faite plus haletante à mesure que ses caresses s'enhardissaient. Je m'apprêtais à gémir quand il me fit taire d'un baiser qui devint de plus en plus doux, pendant que ses mains faisaient des arabesques dans mon dos.

  

- Il faut qu'on s'arrête ma Lily, ponctua-t-il avec un baiser dans mon cou.

 

- Hein ?! fut la seule chose que je pu articuler.

 

- Il ne faut pas que ta première fois se passe ainsi, ma Douce.  

 

J'étais déçue, frustrée et que sais je encore. Mais je ne pus me résoudre à lui en vouloir. Moi aussi, j'avais rêvé d'un grand lit, que cela prendrait des heures… Or la seule chose de commune avec là tout de suite et mon rêve, c'était lui. J'aurais aimé savoir pourquoi il avait fait tout cela. Pourquoi il était revenu à la bibliothèque ? Pourquoi il m'avait attendu dans ce couloir ? Mais je n'en fis rien, je me contentais de me rhabiller sous son regard. Il ne détachait pas ses yeux de moi… Il me raccompagna sous sa cape à ma Tour. Me souhaita une bonne nuit après un baiser langoureux. Je montais dans mon dortoir et m'endormis en me demandant de quoi demain sera fait.

 

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Article ajouté le 2008-10-18 , consulté 467 fois

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