2 - Ou Chacun A Sa Place

Deuxième année

Mon été avait été calme. Je m'ennuyais d'eux mais je recevais régulièrement de leurs nouvelles. Kate vint même passer quelques jours avec moi. Ma sœur m'ignorait de plus en plus et l'absence d'expériences communes renforçait le fossé qui se creusait entre nous. Elle a commencé à cette époque à me donner des surnoms très peu flatteurs. Au début, je ne peux vous cacher que j'en étais blessée mais voilà… La magie Rémus et Sirius avait agit une fois de plus. Ils avaient réussi à me redonner le sourire.

 Je les avais retrouvé dans la gare de Londres avant de passer la barrière magique. Je n'avais pu me retenir de leur sauter au cou pour leur faire la bise, en évitant bien sur James… Mes parents étaient ravis de pouvoir mettre un visage sur ces prénoms qu'ils avaient tant entendus et nous souhaitèrent un bon voyage, nous laissant pour prendre notre train.

 Le voyage du mois de septembre en deuxième année a cela d'extraordinaire que vous ne savez pas ce qui va vous arriver. Vous savez la destination mais pas le chemin. Quand je me retrouvais devant ces calèches auxquelles aucun cheval n'était accroché, il y a de quoi se poser des questions ! Là encore, mes grands frères m'avaient aidé. Ils m'avaient tout expliqué et une fois à Poudlard, mes yeux brillaient de cette petite étincelle qu'aimait tant Sirius.

 Nous retrouvâmes vite nos repères et bien que les garçons avaient plus de travail, nous passions toujours du temps tous les quatre. Je leur parlais du monde moldu, de ce que j'avais fait de mon été. Ils me racontaient leurs vacances, les matches de Quidditch auxquels ils avaient assisté. Seul James restait désespérément muet.

 En première année, nous avions eu des cours de 'pilotage'. Le professeur avait vite abandonné avec moi, j'avais le vertige et était trop peureuse… J'avais donc passé le cours à observer les autres voler autour de moi. Kate quant à elle, avait tout de suite réussi et pensait même faire parti de l'équipe de la maison… C'est pour cela qu'en ce premier samedi du mois d'octobre, je prenais place à coté de Rémus dans les gradins pour voir les épreuves de sélection. Tout se passa pour le mieux jusqu'au moment…

 Les résultats venaient d'être annoncé et Kate était maintenant la nouvelle attrapeuse de l'équipe de Griffondor. Elle faisait des bons dans tous les sens et je ne pus que me sentir heureuse pour elle. Je me retournais  vers Rémus folle de bonheur et me levais pour lui crier mes félicitations. Sirius qui était toujours sur son balai vint vers moi, luttant un peu contre le vent qui s'était levé.

- Alors Petite Fée ? Heureuse pour ton amie ?

-         Oh oui, elle voulait tant être dans l'équipe ! dis je en montant sur le banc pour être plus proche de lui et mieux entendre ce qu'il disait.

-         Et si tu allais la rejoindre ?

-         Oui, j'y vais tout de suite ! 

Ce que je n'avais pas prévu, c'est qu'il me prenne sur son balai. A peine assise devant lui, je commençais à paniquer. Je lui demandais de me redescendre tout de suite. Je faisais de grands gestes et avec le vent il perdit vite le contrôle de son balai. Nous décrivions des trajectoires sans but précis et avant que j'ai le temps de dire ouf j'avais quitté le balai… Malheureusement je n'étais pas pour autant sur la terre ferme. Je me trouvais maintenant sur le toit de la tribune des professeurs. Je m'accrochais à la girouette incapable de bouger.

 J'entendais au loin Sirius me dire de lui faire confiance, de lui prendre la main mais je ne bougeais pas, tétanisée par le vide qui m'entourait. Puis d'un seul coup le silence se fit… Peut être était il parti chercher de l'aide auprès d'un professeur… Mais non. Je le vis réapparaître avec James qui semblait dans une rage… Je crois que j'aurais préféré encore rester bloquée là une nuit que de le voir si en colère contre moi. Il se posa sur le toit à coté de moi.

- T'as l'air maligne comme ça !

-         Je t'ai pas causé aux dernières nouvelles, sifflais je.

-         T'es vraiment qu'une gamine !

-         Je ne suis pas une gamine ! J'ai le vertige ! Ca peut arriver à tout le monde !

-         Qu'une gamine ! me souffla t il dans l'oreille. 

Je n'en pouvais plus de l'entendre m'insulter, je me relevais d'un coup pour le frapper. Il en profita pour me saisir par la taille pour me coller contre lui.  « Pense à toute la haine que tu éprouves pour moi, je te dirais quand arrêter. » Je mis ma tête dans son cou pour ne pas voir le paysage. Je me sentais protégée… Rien ne pouvait plus m'arriver. J'en fus troublée le soir en y repensant… Sur le moment, seul m'importait de faire payer cette mésaventure à Sirius. A peine avais je touché la terre ferme, que je me dirigeais vers ce dernier d'un pas raide et rapide. Je lui envoyais un coup dans l'estomac avant de partir vers notre Salle Commune. J'entendis derrière moi, Rémus rire et lui dire qu'il l'avait bien cherché.

 Je ne lui parla plus jusqu'au mois de février où j'y fus contrainte. Je voyais très bien que ça le peinait de me voir l'éviter mais il était hors de question qu'il s'en tire à si bon compte. Il savait très bien que j'avais peur du vide, alors qu'est ce qui lui avait pris de me faire monter sur son balai sans mon consentement !!! Je m'installais toujours dans le canapé à coté de Rémus mais faisais la sourde oreille et ne le regardais plus avec ses nouveaux sortilèges. Il semblait très peiné par mon attitude mais j'avais eu si peur que je m'autorisais à rester de marbre devant ses suppliques. Au bout d'un certain temps, il arrêta ses tentatives et commença à sortir avec une fille : Marine.

 Au mois de décembre, nous avions étudié les loups garous et j'avais passé toutes mes vacances de Noël à ignorer la petite voix qui me disait que Rémus en était un. Il est vrai qu'il était régulièrement absent et que la dernière fois c'était une nuit de pleine lune… A la fin du mois de janvier, il m'annonça qu'il devait rentrer chez ses parents pour une affaire importante. 

- Oui, je m'en doutais.

-         Comment ça tu t'en doutais ?

-         Oui… C'est la pleine lune, murmurais je.

-         Et ?

-         Et je ne suis pas aussi stupide que vous semblez le penser. 

Je m'étais relevée pour lui faire face les poings sur les hanches. Nous n'étions que tous les deux, les autres étant avec leur petite amie respective, et la salle commune était vide. Je poursuivis :

- Je comprends que tu ne me l'ais pas dit mais ne nies pas, ce serait insultant !

-         D'accord, Petite Fée.

-         Depuis combien de temps l'es tu ? demandais je après m'être rassise à ses cotés.

-         Huit ans. Ca ne te fait pas peur ?

-         Bah non… Ca fait un an que je te connais et tu ne m'as jamais rien fait de mal… Alors…

-         Tu es super ! Je ne pensais pas que tu réagirais aussi bien…J'avais peur de te perdre…

-         Tu ne te débarrasseras pas aussi facilement de moi Rémus ! dis je en riant.

-         Lily… Puis je te demander un service ?

-         T'inquiètes pas, je ne dirais rien à personne.

-         Non, ce n'est pas ça. Je te fais confiance… C'est… 

Ce soir là, nous parlâmes jusque très tard. Il m'expliqua que les autres étaient devenus animagis pour l'accompagner, que c'était interdit et dangereux. Puis il me demanda enfin son service.

- Petite Fée, pourrais tu les soigner… Je sais que je les blesse mais ils ne se soignent pas toujours et…

-         Pas de problème !

-         C'est vrai ? Ca ne te dérange pas de t'assurer que tout va bien pour eux ?

-         Non, je le ferais… pour toi. 

Cette nuit là, je dormis comme un loir. Ma relation avec ceux qu'on appelait maintenant les Maraudeurs, avait évolué renforçant mon impression d'avoir une famille, des frères. La pleine lune, ce mois là, tombait un vendredi soir. L'excuse qu'ils avaient donnée à leur tendre moitié, était une soirée entre gars. Lorsque Rémus leur avait annoncé que j'étais au courant de sa condition, ils avaient poussé de grands cris. James s'était même approché de moi, et m'avait menacé de représailles si je ne tenais pas ma langue. Inutile d'ajouter que quand vint la question des soins que je devais leur prodiguer à leur retour, un duo de protestations s'éleva ! Heureusement que nous étions dans leur chambre qu'ils avaient insonorisée pour l'occasion.

 Tout le monde fit mine d'aller se coucher à l'heure prévue. Alors que je savais les garçons partis rejoindre Rémus dans la cabane hurlante, je sortis de mon lit pour me diriger vers leur dortoir. Je voulais être sure de remplir ma mission et pour cela j'avais pris deux ou trois mesures. D'une, je dormirais dans leur dortoir. De deux, j'avais trouvé une trousse à pharmacie remplie de potions, bandages et autres nécessaires pour ce genre d'urgence. De trois, j'avais trouvé un sort qui me réveillerait dès que ces messieurs mettraient un pied dans leur dortoir.

 A cinq heure du matin, mon oreiller bougea, me réveillant et surtout m'indiquant que les garçons étaient là. Je me relevais.

- Qu'est ce que tu fais là ? s'écria James.

-         Tu devrais insonoriser votre chambre au lieu de râler.

-         Petite Fée, ce n'est pas un endroit pour toi… tenta Sirius.

-         Tu ne m'auras pas avec cet air là, Black. Alors montre moi ce que je dois soigner que je retourne dormir.

-         Et si je ne veux pas ?

-         Tu te débrouilles avec Rémus, une fois que je lui aurais dit que tu n'as pas voulu que je te soigne…

-         Okay. Mais vas y doucement.

-         Douillet !  

Les griffures de cette nuit là étaient superficielles. James avait refusé qu'une 'petite' le soigne… Je m'en moquais, j'avais pu voir que lui aussi avais rien de bien grave… Je pris conscience à la dernière pleine de l'année scolaire à quel point ils risquaient leur vie quand ils rejoignaient Rémus mais je ne leur fis aucun commentaire. Après tout, il faut savoir prendre des risques dans la vie et quoi de mieux que pour ses meilleurs amis.

 J'avais pris habitude de dormir trois quatre fois par mois dans le dortoir des garçons, sur le quatrième lit afin que les autres ne remarquent rien prétextant des cauchemars. Le matin, Rémus nous réveillait chacun d'une façon personnelle. Il se penchait sur moi pour me réveiller en douceur alors que pour les deux autres des seaux d'eau ou une chanson hurlée les sortaient des bras de Morphée. Tandis qu'il allait prendre sa douche, laissant les deux autres émerger, je sortais de la chambre pour rejoindre la mienne à pas de loup. Au début, mes compagnes de chambres avaient trouvé cela bizarre, surtout Kate, puis en voyant que j'étais proche des Maraudeurs elles avaient cessé de se moquer de moi et de mes frayeurs nocturnes.

 Donc, la vieille de la pleine lune au mois de juin, Rémus avait été particulièrement nerveux. Il sortait depuis peu avec une Serdaigle et il semblait y tenir beaucoup. Elle lui avait fait une crise à cause de leur soirée entre mec, prétextant que je serais à tous les coups de la partie. Il avait eu du mal à la convaincre et c'est donc dans un état extrêmement agité qu'il était parti à l'infirmerie.

 Quand j'ouvrais les yeux le lendemain matin, la vue de James blanc comme un linge soutenu par Sirius me serra les tripes. A 12 ans, nous n'avons pas la même conscience du danger qu'un adulte, je compris alors pourquoi le professeur nous avait dit d'éviter tout loup garou… Mais Rémus était notre frère à tous les trois et seulement durant une nuit il devenait un être méprisable, assoiffé de sang. Sirius le déposa délicatement sur son lit et après avoir vérifié qu'il n'avait rien, je me retournais vers James.

- Il va falloir que tu enlèves ton T-shirt.

-         Je ne peux pas, murmura t il.

-         On va t'aider…  

Avec Sirius, nous l'aidâmes mais son visage reflétait de la douleur. En y repensant, je sens encore les larmes me monter aux yeux. Je le détestais assurément, il ne me parlait pas si ce n'est pour me toiser. Sa petite amie était une vraie garce et spécialement vis-à-vis de moi. Mais de le voir ainsi… La plaie de son flanc me narguait, demandant silencieusement si je serais capable de la soigner. Et puis comme dans un nuage, je désinfectais l'intérieur de la plaie, enlevant avec une pince des bouts de feuilles, des gravillons… Je faisais de mieux pour ne pas le faire souffrir, je lui parlais de tout et de rien pour me calmer mais aussi pour qu'il pense à autre chose. Je refermai enfin la plaie après avoir mis une potion cicatrisante.

 « - Tu es trop bavarde ! » fut les derniers mots qu'il prononça avant de s'endormir. Pas un mot de remerciement, rien. Juste cette critique ! Le lendemain matin, je m'occupa moi-même de les réveiller… Autant le réveil fut doux pour Sirius, autant celui de Potter fut musclé. Non mais !

 

Troisième année

- Nom d'un gobelin pacifiste ! 

Nous étions à la moitié de l'année, je continuais à dormir quelques nuits par mois dans le dortoir des garçons pour éviter d'éveiller les soupçons des autres. Je les voyais par contre de moins en moins… Pourquoi me demanderez vous…

 Rémus était maintenant Préfet. Il devait donc veiller que tout se passe pour le mieux dans l'enceinte du château. Il avait des rondes à faire le soir, des cours de rattrapages à donner aux premières années les moins doués et ses propres leçons à étudier pour les B.U.S.E.s de fin d'année. Sirius quant à lui s'était lancé dans l'élevage de dindes et changeait assez régulièrement de petite amie. Je pense qu'inconsciemment il les cherchait de plus en plus stupide. Et il semblait y parvenir ! Quant à James, mis à part les lendemains de pleine lune, nous n'avions pas réellement de contact tous les deux.

 Le peu de temps qu'ils avaient de libre était réservé pour la conception et la réalisation de blagues en tout genre ayant pour cible les Serpentards. J'avais vite compris que dans la maison des serpents beaucoup de gens méprisant et méprisables s'y trouvaient. J'avais tout autant conscience que certains d'entre eux étaient calmes et ne cherchaient pas la bagarre. Malheureusement mes frères ne voyaient que la couleur de leurs vêtements et n'épargnaient personne.

 En deuxième année, je m'étais révélée excellente en potion et le professeur m'avait mis en binôme avec un serpentard du nom de Rogue. Il était tout le contraire des Maraudeurs : petit, fragile. Son nez trop présent et ses cheveux gras renforçaient l'impression de mal aise que vous aviez quand vous étiez près de lui. Pourtant j'avais réussi à bien m'entendre avec lui, et au début de la troisième année, nous avions convenu de rester ensemble pour travailler. Je n'avais pas mis au courant Sirius puisque je ne pensais pas cela réellement important mais je compris vite que si.

 Alors que nous étions à la bibliothèque pour travailler sur le parchemin que nous devions rendre dans quelques jours, Sir' fit son apparition avec sa glousseuse du moment. Il avait certainement eu envie de se faire mousser devant elle, parce qu'il a réagit au quart de tour, agrippant Severus par le col.

- Qu'est ce que tu fais là le pouilleux !

-         Je travaille Black !

-         Qui t'a donné la permission de me parler ?!

-         Sirius, lâche le !

-         Toi, tu ranges tes affaires et tu rentres à la Tour !

-         Sirius, lâche le, s'il te plait !

-         Range tes affaires et rentre avec moi…

-         Okay, répondis je en regardant Severus d'un air désolé. 

Je notais rapidement quelques mots sur un parchemin et le glissais à la place de Severus puis je fis mine de suivre Sirius qui me tenait par l'avant bras, délaissant ainsi sa petite amie du moment. Je lui en voulais de me faire passer pour une gamine ainsi. Je n'avais rien fait de mal et pourtant ce n'était pas l'impression que j'avais. Sur le chemin, nous croisâmes Rémus et Potter qui nous bloquèrent le passage.

- Que se passe t il ? demanda Rémus de sa voix douce.

-         Sirius a pété un câble.

-         Lily traîne avec des Serpentards !

-         Je ne traîne pas avec des serpentards ! Je fais mes devoirs avec mon binôme !

-         Qui est à Serpentard !

-         Et alors !

-         On se calme vous deux !

-        

-         Bon, Lily, explique moi.

-         Pourquoi elle, et pas moi ?!

-         Ton tour viendra après Sir'.

-         Je suis en binôme avec Severus Rogue…

-         Le pouilleux ?! s'écria Potter.

-         Nous avons un devoir à faire, continuais je en le foudroyant du regard. Quand cet abruti a débarqué pour le menacer en le prenant par le col de sa robe !

-         D'accord. Sirius qu'as-tu à ajouter ?

-         Les serpentards sont pas des gens fréquentables, ronchonna t il.

-         Peut être mais là il s'agit de son binôme… Tu ne peux pas l'empêcher de travailler ! 

Cette phrase eu de l'effet sur lui… Il partit en grognant dans sa barbe comme quoi au moins il m'aurait prévenu. Sa petite amie le rejoignit mais je la vis vite partir dans la direction opposée l'air courroucé. Je regardais les deux autres avant de retourner vers la bibliothèque pour continuer mon devoir faisant mine que l'incident n'avait pas eu lieu.

 Ce ne fut pas le seul incident de la sorte et ce n'est qu'au mois de janvier qu'une violente dispute éclata entre nous quatre. Enfin surtout entre Sirius, Potter et moi. Ce soir là, je devais dormir dans leur chambre sans aucune raison particulière. Ils étaient assis sur le lit de Potter à préparer leur prochaine blague quand je compris qui serait leur victime. Je me plantais devant tous les trois, poings sur les hanches. J'avais gardé cette attitude menaçante parce que pour moi, ainsi, j'étais plus impressionnante et surtout plus confiante.

- Je vous interdis de lui faire cette blague !

-         Et comment comptes tu t'y prendre demie portion ? répliqua Potter.

-         Je lui dirais de se méfier de vous !

-         Tu prendrais la défense d'un serpent ?! S'écria Sirius.

-         Il est gentil ! Vous, vous ne voyez que les couleurs de ses habits comme d'autres ne voient que la pureté du sang !

-         Ne nous compare pas à eux, Evans !

-         Ah oui, et pourquoi, POTTER ?

-         On ne tue personne !

-         Non, vous les humiliez ! Tu aimerais toi être humilié sous prétexte qu'un bout de chiffon t'a mis dans une maison ?

-         Ce sont des futurs mangemorts !

-         Lyset de septième année aussi et pourtant il est griffondor ! 

Un silence accueilli de cette révélation. A priori, ils n'avaient jamais pensé que quelqu'un venant de notre propre maison pourrait avoir des idéaux aussi mesquins que ceux du pire serpentard. S'il était possible de se fier aux vêtements pour savoir si une personne est digne de confiance, ça se saurait !

- C'est quoi cette histoire, Petite Fée ? demanda Rémus.

-         Il y a une semaine, il s'en est pris à un deuxième année de Poufsouffle qui avait refusé de lui laisser sa place à la bibliothèque.

-         Et, en quoi cela fait il de lui un futur mangemort ?

-         Il lui a dit que les Sangs de Bourbe ne devraient pas avoir le droit à l'éducation magique, que les lieux de cultures devraient être réservés aux Sangs Purs… Ca vous suffit ?

-        

-         Parce que sinon je peux aussi vous expliquer pourquoi j'ai ce bleu à l'épaule, dis je en relevant ma manche.

-         Comment as-tu eu ça ? s'écria Sirius.

-         Lyset toujours. Heureusement que Severus était là ! »

A la base, je ne voulais pas leur parler de cet incident. Je savais qu'ils en feraient une affaire personnelle et je ne voulais pas leur attirer d'ennui. Mais Severus était vraiment quelqu'un de bien. Parfois un brin bizarre mais il était devenu une sorte d'ami que je souhaitais défendre. Je savais pertinemment que les Maraudeurs ne l'apprécieraient jamais à cause de sa maison mais au moins qu'ils comprennent que tous les serpents ne sont pas mauvais !

 Mais ce n'est pas pour cela que j'avais fait référence à ses êtres utopiques que sont les gobelins pacifistes. Non en moitié d'année, les filles de Poudlard avaient enfin pris conscience du potentiel de mes frères et n'hésitaient pas à les harceler. Tandis que tout cela gênait Rémus, les deux autres se pavanaient comme des paons.

 Elles ne manquaient pas d'imagination pour ne serait ce qu'avoir un regard de leur part… L'une entra dans leur chambre en serviette de douche prétextant s'être trompée de porte… Une autre tomba littéralement dans les bras de Sirius après avoir feint de trébucher… Une autre encore se vêtit de la façon la plus provocante jamais vu à Poudlard. McGo loupa de peu l'arrêt cardiaque et la renvoya aussitôt se changer, libérant ainsi Potter, sur les genoux duquel elle s'était assise. Elles étaient désespérées et désespérantes. Pourtant ils commençaient à avoir la réputation de collectionner les filles et pour avoir été souvent témoins de leurs conversations, à aucun moment il n'était question de sentiments !

 Un jour du mois d'Avril, alors que je revenais de la bibliothèque, je croisais un groupe constitué exclusivement de filles de cinquième année. Elles n'appartenaient pas toutes à la même maison mais semblaient avoir le même but.

- Evans, justement on te cherchait !

-         Pour ?

-         Les Maraudeurs…

-         Et ?

-         Sais tu s'ils ont des petites amies en ce moment ?

-         Non, ils sont libres.

-         Très bien. Pourrais tu leur donner cela de notre part. En leur disant de ne pas hésiter à nous joindre. 

Elle m'avait tendu un sac avant de partir suivi du reste de sa troupe. Dans le sac se trouvaient… des sous vêtements !!! Ces dégénérées voulaient que je donne aux garçons un sac rempli de sous vêtement… Je retournais à la Tour Griffondor et allais directement dans leur chambre où je les trouvais en pleine conversation. Je faisais discrètement remarquer ma présence, signalais que je venais simplement leur apporter ce sac et repartis aussitôt. Je ne voulais pas savoir ce qui se passerait ensuite…

 Pourtant au diner, j'en appris plus.

- Lily, qui t'a donné ce sac ? demanda Rémus rougissant.

-         La grande blonde là bas à la table des Poufsouffles… Celle qui te fait des signes.

-         Pas mal, Rémus, dit Sirius en lui donnant une tape sur l'épaule.

-         Petite Fée, tu n'aurais pas dû le prendre…

-         Oui mais la dernière fois elles ont pas apprécié… 

 Je vis d'un coup que j'avais toute leur attention. Ils étaient tournés vers moi attendant la suite. Je leur racontai alors comment depuis plusieurs mois des filles essayaient de faire passer leurs 'messages' par mon biais. La dernière fois en question, il ne s'agissait que d'un tas de parchemin mais j'avais entraperçu quelques mots et j'avais rougi jusqu'à la racine des cheveux refusant de les prendre. Elles s'étaient alors mises à me crier dessus quand par chance Severus était apparu les faisant fuir. Je vis à leur visage que cela ne leur plaisait pas mais la conversation fut close.

 Ce ne fut qu'après leurs examens, avant de partir en vacances que l'incroyable se produisit. Je vagabondais dans le château avec Severus quand une sixième année de Serdaigle était apparue devant nous. Avant que nous puissions comprendre quoique ce soit Severus était allongé sur le sol inconscient et moi coincée contre le mur par cette folle furieuse.

- Je te préviens sale peste, tu vas donner rendez vous à James dans cette pièce à 20h ce soir sinon…

-         Sinon quoi ?! Répliquais je menton en avant.

-         Je te le ferais payer !

-         Je refuse ! 

Elle m'avait alors giflée. Et tant que je ne changeais pas de réponse, elle le fit. J'en étais à quatre refus quand la gifle ne vint pas. J'avais par instinct fermé les yeux et je les rouvris doucement. Potter se tenait là, retenant sa main. Elle me lâcha pour lui faire complètement face.

- James… minauda t elle.

-         Si je te revois à une distance de sort d'elle, tu subiras les foudres des Maraudeurs. Compris ?

-         Oui, murmura t elle avant de déguerpir.

-         Ca va, Lily ? 

 Cela faisait une éternité qu'il ne m'avait pas appelé ainsi. Je ne réussissais même pas à me souvenir de la dernière fois… Je commençai à pleurer silencieusement, réalisant que s'il n'était pas passé par là, je serais encore entrain de recevoir des coups. Je me blottis dans ses bras mouillant ses affaires. Les deux autres apparurent je ne sais quand et emportèrent Severus à l'infirmerie tandis que nous restions là dans le couloir. J'avais l'impression d'être à l'abri de tout et c'était exactement ce dont j'avais besoin… Une fois le calme revenu, je relevais la tête :

- Nom d'un gobelin pacifiste ! Si on m'avait dit que tu m'appellerais de nouveau Lily, j'y aurais pas cru !

-         Je vois ça… Tes larmes de joie à l'énoncé de ton prénom m'en ont convaincu, ajouta t il avec un petit sourire. 

 Je passais tout le reste du temps jusqu'au départ avec Severus et ou Kate mais toujours à proximité de l'un des Maraudeurs. Les filles de Poudlard ne vinrent plus m'importuner… surtout après que l'une d'entre elle eut été la cible de leurs farces…

 

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Article ajouté le 2008-10-18 , consulté 349 fois

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