2 - Ou Chacun A Sa Place
Deuxième année
Mon été avait été calme. Je m'ennuyais d'eux mais je recevais régulièrement de leurs nouvelles. Kate vint même passer quelques jours avec moi. Ma sœur m'ignorait de plus en plus et l'absence d'expériences communes renforçait le fossé qui se creusait entre nous. Elle a commencé à cette époque à me donner des surnoms très peu flatteurs. Au début, je ne peux vous cacher que j'en étais blessée mais voilà… La magie Rémus et Sirius avait agit une fois de plus. Ils avaient réussi à me redonner le sourire.
- Alors Petite Fée ? Heureuse pour ton amie ?
- Oh oui, elle voulait tant être dans l'équipe ! dis je en montant sur le banc pour être plus proche de lui et mieux entendre ce qu'il disait.
- Et si tu allais la rejoindre ?
- Oui, j'y vais tout de suite !
Ce que je n'avais pas prévu, c'est qu'il me prenne sur son balai. A peine assise devant lui, je commençais à paniquer. Je lui demandais de me redescendre tout de suite. Je faisais de grands gestes et avec le vent il perdit vite le contrôle de son balai. Nous décrivions des trajectoires sans but précis et avant que j'ai le temps de dire ouf j'avais quitté le balai… Malheureusement je n'étais pas pour autant sur la terre ferme. Je me trouvais maintenant sur le toit de la tribune des professeurs. Je m'accrochais à la girouette incapable de bouger.
- T'as l'air maligne comme ça !
- Je t'ai pas causé aux dernières nouvelles, sifflais je.
- T'es vraiment qu'une gamine !
- Je ne suis pas une gamine ! J'ai le vertige ! Ca peut arriver à tout le monde !
- Qu'une gamine ! me souffla t il dans l'oreille.
Je n'en pouvais plus de l'entendre m'insulter, je me relevais d'un coup pour le frapper. Il en profita pour me saisir par la taille pour me coller contre lui. « Pense à toute la haine que tu éprouves pour moi, je te dirais quand arrêter. » Je mis ma tête dans son cou pour ne pas voir le paysage. Je me sentais protégée… Rien ne pouvait plus m'arriver. J'en fus troublée le soir en y repensant… Sur le moment, seul m'importait de faire payer cette mésaventure à Sirius. A peine avais je touché la terre ferme, que je me dirigeais vers ce dernier d'un pas raide et rapide. Je lui envoyais un coup dans l'estomac avant de partir vers notre Salle Commune. J'entendis derrière moi, Rémus rire et lui dire qu'il l'avait bien cherché.
- Oui, je m'en doutais.
- Comment ça tu t'en doutais ?
- Oui… C'est la pleine lune, murmurais je.
- Et ?
- Et je ne suis pas aussi stupide que vous semblez le penser.
Je m'étais relevée pour lui faire face les poings sur les hanches. Nous n'étions que tous les deux, les autres étant avec leur petite amie respective, et la salle commune était vide. Je poursuivis :
- Je comprends que tu ne me l'ais pas dit mais ne nies pas, ce serait insultant !
- D'accord, Petite Fée.
- Depuis combien de temps l'es tu ? demandais je après m'être rassise à ses cotés.
- Huit ans. Ca ne te fait pas peur ?
- Bah non… Ca fait un an que je te connais et tu ne m'as jamais rien fait de mal… Alors…
- Tu es super ! Je ne pensais pas que tu réagirais aussi bien…J'avais peur de te perdre…
- Tu ne te débarrasseras pas aussi facilement de moi Rémus ! dis je en riant.
- Lily… Puis je te demander un service ?
- T'inquiètes pas, je ne dirais rien à personne.
- Non, ce n'est pas ça. Je te fais confiance… C'est…
Ce soir là, nous parlâmes jusque très tard. Il m'expliqua que les autres étaient devenus animagis pour l'accompagner, que c'était interdit et dangereux. Puis il me demanda enfin son service.
- Petite Fée, pourrais tu les soigner… Je sais que je les blesse mais ils ne se soignent pas toujours et…
- Pas de problème !
- C'est vrai ? Ca ne te dérange pas de t'assurer que tout va bien pour eux ?
- Non, je le ferais… pour toi.
Cette nuit là, je dormis comme un loir. Ma relation avec ceux qu'on appelait maintenant les Maraudeurs, avait évolué renforçant mon impression d'avoir une famille, des frères. La pleine lune, ce mois là, tombait un vendredi soir. L'excuse qu'ils avaient donnée à leur tendre moitié, était une soirée entre gars. Lorsque Rémus leur avait annoncé que j'étais au courant de sa condition, ils avaient poussé de grands cris. James s'était même approché de moi, et m'avait menacé de représailles si je ne tenais pas ma langue. Inutile d'ajouter que quand vint la question des soins que je devais leur prodiguer à leur retour, un duo de protestations s'éleva ! Heureusement que nous étions dans leur chambre qu'ils avaient insonorisée pour l'occasion.
- Qu'est ce que tu fais là ? s'écria James.
- Tu devrais insonoriser votre chambre au lieu de râler.
- Petite Fée, ce n'est pas un endroit pour toi… tenta Sirius.
- Tu ne m'auras pas avec cet air là, Black. Alors montre moi ce que je dois soigner que je retourne dormir.
- Et si je ne veux pas ?
- Tu te débrouilles avec Rémus, une fois que je lui aurais dit que tu n'as pas voulu que je te soigne…
- Okay. Mais vas y doucement.
- Douillet !
Les griffures de cette nuit là étaient superficielles. James avait refusé qu'une 'petite' le soigne… Je m'en moquais, j'avais pu voir que lui aussi avais rien de bien grave… Je pris conscience à la dernière pleine de l'année scolaire à quel point ils risquaient leur vie quand ils rejoignaient Rémus mais je ne leur fis aucun commentaire. Après tout, il faut savoir prendre des risques dans la vie et quoi de mieux que pour ses meilleurs amis.
- Il va falloir que tu enlèves ton T-shirt.
- Je ne peux pas, murmura t il.
- On va t'aider…
Avec Sirius, nous l'aidâmes mais son visage reflétait de la douleur. En y repensant, je sens encore les larmes me monter aux yeux. Je le détestais assurément, il ne me parlait pas si ce n'est pour me toiser. Sa petite amie était une vraie garce et spécialement vis-à-vis de moi. Mais de le voir ainsi… La plaie de son flanc me narguait, demandant silencieusement si je serais capable de la soigner. Et puis comme dans un nuage, je désinfectais l'intérieur de la plaie, enlevant avec une pince des bouts de feuilles, des gravillons… Je faisais de mieux pour ne pas le faire souffrir, je lui parlais de tout et de rien pour me calmer mais aussi pour qu'il pense à autre chose. Je refermai enfin la plaie après avoir mis une potion cicatrisante.
Troisième année
- Nom d'un gobelin pacifiste !
Nous étions à la moitié de l'année, je continuais à dormir quelques nuits par mois dans le dortoir des garçons pour éviter d'éveiller les soupçons des autres. Je les voyais par contre de moins en moins… Pourquoi me demanderez vous…
- Qu'est ce que tu fais là le pouilleux !
- Je travaille Black !
- Qui t'a donné la permission de me parler ?!
- Sirius, lâche le !
- Toi, tu ranges tes affaires et tu rentres à la Tour !
- Sirius, lâche le, s'il te plait !
- Range tes affaires et rentre avec moi…
- Okay, répondis je en regardant Severus d'un air désolé.
Je notais rapidement quelques mots sur un parchemin et le glissais à la place de Severus puis je fis mine de suivre Sirius qui me tenait par l'avant bras, délaissant ainsi sa petite amie du moment. Je lui en voulais de me faire passer pour une gamine ainsi. Je n'avais rien fait de mal et pourtant ce n'était pas l'impression que j'avais. Sur le chemin, nous croisâmes Rémus et Potter qui nous bloquèrent le passage.
- Que se passe t il ? demanda Rémus de sa voix douce.
- Sirius a pété un câble.
- Lily traîne avec des Serpentards !
- Je ne traîne pas avec des serpentards ! Je fais mes devoirs avec mon binôme !
- Qui est à Serpentard !
- Et alors !
- On se calme vous deux !
- …
- Bon, Lily, explique moi.
- Pourquoi elle, et pas moi ?!
- Ton tour viendra après Sir'.
- Je suis en binôme avec Severus Rogue…
- Le pouilleux ?! s'écria Potter.
- Nous avons un devoir à faire, continuais je en le foudroyant du regard. Quand cet abruti a débarqué pour le menacer en le prenant par le col de sa robe !
- D'accord. Sirius qu'as-tu à ajouter ?
- Les serpentards sont pas des gens fréquentables, ronchonna t il.
- Peut être mais là il s'agit de son binôme… Tu ne peux pas l'empêcher de travailler !
Cette phrase eu de l'effet sur lui… Il partit en grognant dans sa barbe comme quoi au moins il m'aurait prévenu. Sa petite amie le rejoignit mais je la vis vite partir dans la direction opposée l'air courroucé. Je regardais les deux autres avant de retourner vers la bibliothèque pour continuer mon devoir faisant mine que l'incident n'avait pas eu lieu.
- Je vous interdis de lui faire cette blague !
- Et comment comptes tu t'y prendre demie portion ? répliqua Potter.
- Je lui dirais de se méfier de vous !
- Tu prendrais la défense d'un serpent ?! S'écria Sirius.
- Il est gentil ! Vous, vous ne voyez que les couleurs de ses habits comme d'autres ne voient que la pureté du sang !
- Ne nous compare pas à eux, Evans !
- Ah oui, et pourquoi, POTTER ?
- On ne tue personne !
- Non, vous les humiliez ! Tu aimerais toi être humilié sous prétexte qu'un bout de chiffon t'a mis dans une maison ?
- Ce sont des futurs mangemorts !
- Lyset de septième année aussi et pourtant il est griffondor !
Un silence accueilli de cette révélation. A priori, ils n'avaient jamais pensé que quelqu'un venant de notre propre maison pourrait avoir des idéaux aussi mesquins que ceux du pire serpentard. S'il était possible de se fier aux vêtements pour savoir si une personne est digne de confiance, ça se saurait !
- C'est quoi cette histoire, Petite Fée ? demanda Rémus.
- Il y a une semaine, il s'en est pris à un deuxième année de Poufsouffle qui avait refusé de lui laisser sa place à la bibliothèque.
- Et, en quoi cela fait il de lui un futur mangemort ?
- Il lui a dit que les Sangs de Bourbe ne devraient pas avoir le droit à l'éducation magique, que les lieux de cultures devraient être réservés aux Sangs Purs… Ca vous suffit ?
- …
- Parce que sinon je peux aussi vous expliquer pourquoi j'ai ce bleu à l'épaule, dis je en relevant ma manche.
- Comment as-tu eu ça ? s'écria Sirius.
- Lyset toujours. Heureusement que Severus était là ! »
A la base, je ne voulais pas leur parler de cet incident. Je savais qu'ils en feraient une affaire personnelle et je ne voulais pas leur attirer d'ennui. Mais Severus était vraiment quelqu'un de bien. Parfois un brin bizarre mais il était devenu une sorte d'ami que je souhaitais défendre. Je savais pertinemment que les Maraudeurs ne l'apprécieraient jamais à cause de sa maison mais au moins qu'ils comprennent que tous les serpents ne sont pas mauvais !
- Evans, justement on te cherchait !
- Pour ?
- Les Maraudeurs…
- Et ?
- Sais tu s'ils ont des petites amies en ce moment ?
- Non, ils sont libres.
- Très bien. Pourrais tu leur donner cela de notre part. En leur disant de ne pas hésiter à nous joindre.
Elle m'avait tendu un sac avant de partir suivi du reste de sa troupe. Dans le sac se trouvaient… des sous vêtements !!! Ces dégénérées voulaient que je donne aux garçons un sac rempli de sous vêtement… Je retournais à la Tour Griffondor et allais directement dans leur chambre où je les trouvais en pleine conversation. Je faisais discrètement remarquer ma présence, signalais que je venais simplement leur apporter ce sac et repartis aussitôt. Je ne voulais pas savoir ce qui se passerait ensuite…
- Lily, qui t'a donné ce sac ? demanda Rémus rougissant.
- La grande blonde là bas à la table des Poufsouffles… Celle qui te fait des signes.
- Pas mal, Rémus, dit Sirius en lui donnant une tape sur l'épaule.
- Petite Fée, tu n'aurais pas dû le prendre…
- Oui mais la dernière fois elles ont pas apprécié…
- Je te préviens sale peste, tu vas donner rendez vous à James dans cette pièce à 20h ce soir sinon…
- Sinon quoi ?! Répliquais je menton en avant.
- Je te le ferais payer !
- Je refuse !
Elle m'avait alors giflée. Et tant que je ne changeais pas de réponse, elle le fit. J'en étais à quatre refus quand la gifle ne vint pas. J'avais par instinct fermé les yeux et je les rouvris doucement. Potter se tenait là, retenant sa main. Elle me lâcha pour lui faire complètement face.
- James… minauda t elle.
- Si je te revois à une distance de sort d'elle, tu subiras les foudres des Maraudeurs. Compris ?
- Oui, murmura t elle avant de déguerpir.
- Ca va, Lily ?
- Nom d'un gobelin pacifiste ! Si on m'avait dit que tu m'appellerais de nouveau Lily, j'y aurais pas cru !
- Je vois ça… Tes larmes de joie à l'énoncé de ton prénom m'en ont convaincu, ajouta t il avec un petit sourire.

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