13 - Le Bal

J'avais eu une idée, une espérance pour être exacte, et je comptais bien la réaliser. Je partis me coucher un sourire aux lèvres mais une fois dans le lit j'eu des difficultés à trouver le sommeil. Je le revoyais les traits tirés puis s'énervant contre moi… Même Sirius avait semblé étonné par ses cris. Comment avait on réussi à en arriver là ?

En ce vendredi matin, dernier jour à Poudlard, je me levais tard mais avec un grand sourire. Je pris une longue douche me badigeonnant de crèmes de toutes sortes afin de me sentir belle et fraîche. Je choisis dans mon armoire un jean taille basse et un débardeur moulant qui dévoilait mon nombril. Ainsi habillée, j'étais très… femme. La phase un pouvait commencer… Enfin si je ne perdais pas mon courage d'ici là…

 

Alors que je sortais de mon appartement, j'entendis quelqu'un m'appeler. Kate se dirigeait vers moi en courant. Elle avait, elle aussi, revêtu une tenue d'été : une jupe et une chemisette. Elle arriva à ma hauteur et nous nous dirigeâmes vers la Grande Salle pour manger.

 

- Je suis désolée de ne pas t'avoir suivi hier soir mais j'ai pensé que tu voulais être seule…

- Tu as bien fait.

- Sure ?

- Oui, très, dis je rêveusement.

- Ola, ma sorcière adorée !

- Quoi ?

- Je sais très bien que quand tu as cette expression sur le visage, c'est que tu as une idée derrière la tête…

- Et alors ?

- Puis je en profiter ?

- …

- Je vais devoir attendre comme tous les autres, c'est ça ?

- Non, dis je après un petit instant de réflexion. Tu vas être mise dans la confidence.

- Cool !

- Mais d'abord promet moi que tu ne feras rien pour m'en dissuader.

- On va tuer quelqu'un ?

- Non.

- On va blesser quelqu'un non futur mangemort ?

- Non.

- Un futur mangemort ?

- Non plus.

- Alors que va-t-on faire ?

- Faire passer un message. 

 

Elle avait ouvert de grands yeux à l'énoncer de cette phrase puis un sourire qui n'augurait rien de bon était apparu sur son visage. Je vis dans ses yeux qu'elle commençait à avoir une idée de ce que je préparais… Ce fut donc sans surprise qu'elle me promis de ne pas contrecarré mon plan et même m'aider à le mettre en œuvre, voire même à l'améliorer…

 

Nous étions arrivées dans la Grande Salle lorsque j'eus fini mon explication. Elle hocha gravement la tête. Je savais très bien qu'elle pesait le pour et le contre. Il est vrai que Rémus pouvait lui en vouloir d'avoir participer à cela. Je la regardais, attendant avec impatience le moindre signe. Et alors qu'un petit rire lui échappait, elle me donna quelques conseils… Son expérience avec les garçons était enfin mise à contribution, me dit elle fièrement.

 

Quand nous arrivèrent à la table des Griffondor, nous vîmes les Maraudeurs déjà attablés entrain de manger avec appétit ce qui se trouvait dans leurs assiettes. Rémus nous vit en premier et eu un sourire contrit dans ma direction. Il semblait vouloir s'excuser de se trouver encore avec les autres m'empêchant de venir le rejoindre. Mais il ne savait pas que cela faisait parfaitement mon affaire. Le plan pouvait donc commencer dès maintenant.

 

Alors que Kate s'asseyait à la droite de Rémus je pris place aux cotés de James qui était assis en face de lui. Sirius, placé à gauche de Rem', me jeta un coup d'œil surpris avant de retourner à ses affaires. Entre deux bouchées, je vis qu'il souriait. Pourquoi donc ? Je réfléchirais à cela une autre fois.

 

- Quoi de prévu pour cet après midi ? 

 

J'avais posé ma question d'une façon que j'espérais innocente. Et pourtant… La réponse me donnerait une idée pour la phase deux de mon plan.

 

- Rien. On pensait aller s'asseoir et discuter dans le parc.

- Cool, dis je heureuse. 

 

La conversation continua ainsi passant d'un sujet à un autre et gardant un ton badin. Parfois les deux autres Maraudeurs faisaient une remarque, ou une plaisanterie. Je riais doucement à leur plaisanterie et tachais de ne pas répondre à leur remarque. Puis, prenant mon courage à deux mains, je commençais la phase un de mon plan.

 

Soit disant pour me retourner voir si Amos, un Poufsouffle, était à sa table, je me collais légèrement à James. Ses bancs sur lesquels nous mangions et que j'avais honni depuis le début de ma scolarité, se révélèrent de précieux outils. Lorsque je me retournais pour faire de nouveau face à Kate qui me regardait en essayant de dissimuler un grand sourire, je laissais ma jambe frotter celle de mon voisin comme il l'avait fait aux Trois Balais…

 

- Qui cherches tu, Lily ?

- Amos.

- Qui est ce Amos ? demanda Rémus.

- Mon cavalier pour le bal.

- Et que lui voulais tu ?

- Je voulais savoir où nous nous rejoignons ce soir… 

 

Je n'arrêtais pas de gigoter sur mon siège. Moyen stratégique pour expliquer les frôlements de bras ou de jambes. Et plus, je le touchais par 'inadvertance', plus je le sentais se tendre. Je jubilais intérieurement. Ma phase un qui consistait simplement en quelques attouchements de ce style s'était très bien passée. J'avais crains qu'il ne s'énerve ou pire qu'il ne m'hurle dessus, me demandant par la même occasion pourquoi je faisais ça. Honte assurée !

 

Mais au lieu de ça, il s'était laissé faire… Etrange tout de même. Il n'avait pas esquissé le moindre mouvement pour s'écarter de moi ou encore me faire arrêter de bouger… Une fois, mon assiette finit, j'eus une idée lumineuse pour conclure cette phase.

 

Alors qu'ils continuaient à discuter tous les quatre de leurs futures vacances, je me levais et posais ma main sur l'épaule de James pour ne pas perdre mon équilibre. Je sentis un frisson le parcourir à moins que ce ne soit moi qui ai frissonné. Je devais faire très attention parce que mon corps menaçait de me trahir… Enfin il n'y avait pas que lui. En effet, bien que le contact ait été court, j'avais tout de même eu le temps de remarquer à quel point il était musclé… Et mon cerveau en avait presque perdu toute notion de temps et d'espace.

 

Je partis voir Amos, pour lui demander notre point de rendez vous pour le soir même et j'en profitais pour discuter quelques minutes avec lui. Il n'était pas d'une beauté extraordinaire. On aurait même pu dire qu'il était l'archétype du type ordinaire. Pourtant quand les gens prenaient le temps de le connaître, ils découvraient quelqu'un de bien, de gentil et patient à bien des égards. Nous avions convenu, un mois à l'avance d'y aller tous les deux en tout bien tout honneur.

 

Nous étions sortis ensemble mais au bout de deux semaines, nous en étions venus tous les deux à la conclusion que nous n'étions pas fait pour être un couple, et qu'être amis serait bien suffisant. Etant tous les deux célibataires, cela nous arrangeait de ne pas chercher de cavaliers. Cela évitait aussi toutes les discussions pour tenter de convaincre quelqu'un qu'être cavalier pour un bal ne signifie pas qu'il a le droit de mettre sa langue dans votre bouche…

 

Une heure après je rejoignis les autres dans un coin ombragé du parc. Pendant les cinq ans que nous avions passé ici ensemble, l'arbre sous lequel ils étaient assis, avait été notre point de ralliement lors des beaux jours. Alors que je me trouvais encore à quelques mètres d'eux, je me fis la remarque qu'une personne extérieure ne pouvait pas avoir conscience que notre petit groupe était si divisé. Enfin, que j'étais autant à l'écart d'eux…

 

Arrivée à leur hauteur, je transformais une feuille de notre arbre en couverture suffisamment grande pour que je puisse m'installer dessus et je pris part, comme à table, à la conversation. Puis d'un coup, je pressentis qu'il était temps de passer à la phase deux. Le pressentiment venait surtout du clin d'œil de Kate dans ma direction…

 

Je m'allongeais alors sur ma couverture, plaçant mes bras sous ma tête et regardant le ciel. Dans cette attitude, mon ventre était très largement dévoilé et après l'échauffement de tout à l'heure j'étais convaincue, que James ne manquerait pas de jeter des coups d'œil… Et s'il ne le faisait pas ? Je fronçais les sourcils. Et si mon attitude, au lieu de me rendre désirable, me rendait misérable…

 

- Qu'est ce qui se passe ma sorcière adorée ?

- Je me demande si je fais bien de… 

 

Je n'avais pas fini ma phrase laissant Kate deviner le reste. Rémus et Sirius me regardaient attendant sans doute que je finisse alors que James regardait un point dans l'herbe devant lui.

 

- Oh si, je t'assure ! s'écria t elle en me faisant de gros yeux, signe sans doute que mon plan fonctionnait à merveille.

- De quoi parlez vous ? Demanda Rémus, exprimant ainsi par la même occasion la pensée de Sirius.

- L'an dernier un insecte m'a piqué et j'ai fait une violente réaction allergique…

- Ne t'inquiètes pas ! Tu ne vas pas te faire piquer à chaque fois ! 

 

L'année dernière en effet, j'avais passé quelques jours à l'infirmerie suite à une piqûre d'insecte. Mais Kate avait très bien compris que cela ne m'inquiétait pas plus que ça puisque pendant les révisions nous étions souvent venues décompresser sous ce même arbre sans que je m'en préoccupe.

 

Je retournais donc à la contemplation du ciel et sans m'en rendre compte je m'endormis. J'avais essayé pendant un moment de suivre la conversation mais le manque de sommeil, la fatigue et les nerfs, tout cela m'avait éreinté.

 

Qu'est ce que… ?

 

- Kate !!! Tu vas me le payer !!! 

 

Cette traîtresse n'avait rien trouvé de mieux pour réveiller que de me verser de l'eau dessus. Et en plus, elle était gelée !!! Je me vengerais un jour !!! Je me levais rapidement poursuivant Kate qui poussait de grands cris. Fatiguée d'avoir tant couru, elle vint trouver refuge dans les bras de Rémus. Je retournais m'asseoir sur ma couverture de fortune et en levant les yeux, j'en croisais deux chocolats qui me regardaient. Etait ce du désir que je lisais dans son regard ? Mon plan fonctionnait. J'étais, de plus, rassurée… Bah oui, je n'étais pas la seule à être troublée !

 

- Lily, c'est pas tout ça. Je t'ai réveillé pour qu'on aille se préparer !

- Et c'est toi qui dit ça ?  Alors que tu es fermement accroché à Rémus ?

- Mais je vais lui faire un bisou et je te rejoins… 

 

Se préparer pour un bal à cela d'extraordinaire que vous avez besoin de brosses, de maquillage et que sais je encore, qu'en temps normal vous n'auriez pas l'idée d'utiliser. Mais le résultat en valait la peine. Nos robes, à Kate et à moi étaient simples et noires. Le décolleté était sage, elle arrivait jusqu'aux chevilles… De vraies robes de bal. Nous avions fait un léger maquillage et relevé nos cheveux. De longues boucles d'oreilles et un collier agrémentaient le tout et donnaient à l'ensemble en zeste d'élégance.

 

Quelqu'un toqua à la porte de mon appartement de préfète où nous avions élu domicile pour tout cela. Il est vrai qu'avoir sa propre salle de bains était un avantage non négligeable pour ce genre d'événements. Je partis ouvrir la porte et découvris Amos dans son costume.

 

- Tu es magnifique, Lily.

- Merci Amos. Ce costume te va à ravir !

- Merci.

- Je suis désolée, je ne suis pas tout à fait prête, tu peux attendre ici ?

- Pas de problème.

- Fais comme chez toi ! criais je en retournant dans ma chambre. 

 

Ce n'était pas vraiment moi qui n'était pas prête mais plutot Kate qui avait des soucis avec sa fermeture éclair. Je l'entendais jurer dans sa barbe mais à première vue, le problème restait entier.

 

On toquait à nouveau à la porte. Je demandais à Amos d'ouvrir la porte pendant que nous finissions. Enfin finir est un bien grand mot puisque nous n'avions pas encore commencé. Avec Kate, nous ne savions plus si nous devions rire ou hurler. Comment faire ?! Tout d'un coup des éclats de voix se firent entendre dans le salon. Je quittais précipitamment Kate.

 

- Amos, qu'est qui se passe ?

- Rien, Petite Fée. 

 

Ce ne fut pourtant pas ce que je vis en arrivant dans le salon !!! En effet, Sirius tenait Amos par le col de sa chemise contre un mur tandis que Rémus la main sur l'avant bras du Maraudeur semblait vouloir l'arrêter.

 

- Rien ? Es tu bien sur, Rémus ?

- Sirius, calme toi, murmura ce dernier. 

 

Je regardais partout, cherchant une raison à cet affrontement mais la seule chose que je croisais fut le regard chocolat de Potter qui me fixait. Je cru y voir de l'envie, du désir… A vrai dire, il avait du lire la même chose dans mon regard… Quelle idée d'être aussi sexy !

 

- Puis je savoir ce qui se passe exactement ?

- On a trouvé ce gars dans ton appartement ! s'écria Sirius.

- Jusque là, rien d'anormal. Amos, je te présente les Maraudeurs.

- Alors c'est vrai ? Tu as réellement un cavalier ?

- En aurais tu douté, Black ? 

- …

- Rémus, Kate a un problème avec sa robe…

- Je vais l'aider ! dit il avec empressement.

- Amos, allons y, s'il te plait. 

 

La Grande Salle était magnifique ! Avec mon homologue, nous nous étions donné beaucoup de mal, et les élèves s'en étaient rendus compte puisqu'ils venaient nous féliciter. Cela faisait plaisir que tant de boulot soit récompensé par autant de compliments.

 

Pendant le bal, j'avais décidé de lancer la phase trois de mon plan. Et je n'eu pas à attendre si longtemps que ça pour la mettre en action… Cela faisait maintenant quelques heures que le bal avait débuté, et il régnait une chaleur étouffante, je glissais dans l'oreille de Amos, que j'allais dans le parc prendre l'air au cas où il me chercherait… La soirée se passait relativement bien. Il se montrait un cavalier agréable et un ami formidable. Il prenait bien garde à ce que je ne m'ennuie pas mais n'essayait pas de me séduire. Heureusement parce que je n'étais pas d'humeur.

 

Plongée dans mes réflexions, j'atteignis notre arbre sans avoir souvenir du chemin parcouru. J'avais passé sept ans à Poudlard. J'avais vécu de bons moments et des moins bons… Mais au final, le château me manquerait. Même les professeurs. Ils avaient tous leurs défauts, et parfois très peu de qualité, mais ils avaient fait parti de mon quotidien pendant tellement de temps ! Soupir.

 

Je sentis deux bras m'enlacer par derrière. J'étais bien. Je crois que j'en aurais pleuré… La dernière phase de mon plan allait sans doute avoir lieu bientôt…

 

- C'est au mois de septembre, le pire. Je pense que c'est à ce moment là, que tu réalises que tu ne reviendras plus. Que tu as laissé des choses en suspens ici. Alors tu t'en veux de ne pas en avoir profité plus, de ne pas avoir réglé tous les malentendus. 

 

James. Ne venait il pas de m'avouer à mots couverts qu'il s'en voulait ? Le problème est que je ne voulais plus de sous entendus, je voulais des mots, des gestes… Je me retournais pour lui faire face.

 

- Puis tu commences une nouvelle formation, tu rencontres de nouvelles personnes… Mais tu n'oublies pas. Tu compares toujours avec ce que tu as vécu ici et…

- Et ça ne supporte pas la comparaison ?

- Non.

- Il y a aussi qu'avec le temps, les gens ont tendance à idéaliser leur souvenir. 

 

Je n'avais pas eu l'intention d'être blessante ni quoique ce soit. Pourtant j'avais du l'être puisqu'il s'était raidi. Une vague de culpabilité m'envahit. Je me rapprochais un peu de lui posant ma main sur son torse, je levais la tête pour lui parler mais les mots restèrent bloqués dans ma gorge. Il semblait si las. Comme s'il avait lutté pendant des années et qu'il abandonnait le combat. Il se pencha vers moi. Je savais très bien ce qui allait se produire et je n'avais aucune envie de l'empêcher.

 

Ses lèvres touchèrent les miennes doucement avant de repartir. Il continua ce petit cirque plusieurs fois. Puis n'y tenant plus je mis ma main dans sa nuque, lui interdisant toute retraite. J'ouvris les lèvres et commença à lui caresser les siennes avec ma langue. Par Merlin, voilà maintenant que je me faisais entreprenante ! Je sentis ses mains se placer sur ma chute de reins me collant plus à lui. Mon corps prenait feu.

 

Je quittais ses lèvres pour m'attaquer à sa joue, à son menton, à son cou. Sa respiration se faisait plus rapide, m'excitant plus encore. Une de ses mains remontait doucement, caressant au passage un de mes seins pour finir sur ma joue. Il remonta mon visage vers le sien avant de s'emparer de mes lèvres avec un grognement. Son baiser, au départ sauvage, se fit plus doux comme si l'urgence était passée et qu'il essayait maintenant de me faire passer toute la tendresse qu'il avait pour moi.

 

Cette réflexion me fit l'effet d'une douche froide. Il n'avait aucune tendresse pour moi, sinon il n'aurait pas fait tout cela… Il arrêta le baiser sans doute conscient que quelque chose n'allait pas. Je le repoussais doucement, me dégageant de ses bras.

 

- Après ça, tu me prends toujours pour une gamine, Potter ? 

 

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Article ajouté le 2008-10-18 , consulté 348 fois

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