18 - Merci Pour L'Info, Potter
Cette fois là, ce fut Rémus qui me stoppa :
- Ca fait au moins un quart d'heure qu'ils sont redescendus.
- De qui parles tu ? demandais je alors que mon cœur se faisait plus léger.
- Au lieu de réagir ainsi, tu devrais aller lui parler…
- …
- Je ne sais pas ce qui s'est passé au mois de juin… Et je ne veux pas savoir ! Mais je pense que vous devriez en parler…
Finalement je me resservis du jus de citrouille. Oui, j'allais avoir cette conversation avec lui ce soir. Et pour cela, je devais avoir l'esprit frais. Mais comment être sure que cette conversation aurait lieu ? Devrais je aller l'attendre dans sa chambre ? Oui, mais s'il ramenait une fille… Pire, s'il revenait avec Karen !
Je jetais un regard autour de moi pour la trouver. J'allais pas la quitter d'une semelle et l'empêcher d'approcher mon James !... Euh James tout court. Je la trouvais en pleine conversation avec un couple qui me tournait le dos. Je m'incrustais dans la conversation.
Pourtant quelques temps plus tard, je ne sais comment elle s'y prit mais je me retrouvais seule avec le couple… Ah oui, elle m'avait dit avoir besoin d'aller aux toilettes… Elle en mettait du temps ? Peut être aurais je du l'accompagner… Bah oui, mais je ne connais pas le manoir… Alors qu'elle, elle a eut le droit à une visite… Mon cœur se serra dans la poitrine et je crus qu'il allait exploser quand je vis qu'elle parlait avec James.
Ce dernier, par sa taille, était forcé de se pencher vers elle et souriait à ce qu'elle disait. Depuis combien de temps ne m'avait il pas souri ? Ou ne serait ce que parler ? C'était facile. Depuis le mois de juin. Depuis le bal de fin d'études. Je baissai la tête pour ne plus assister à ce spectacle désolant. Peut être ferais je mieux de rentrer chez moi…
- Il a passé la soirée à t'observer, dit Kate en me posant la main sur l'épaule.
- …
- Lily, il tient à toi…
- Sure ? murmurais alors que je sentais mon menton se crisper.
- Oui.
Je me tournais vers lui et le vis qui me fixait. J'aurais aimé lui sourire à ce moment là. Pour lui faire comprendre… Lui faire comprendre quoi ? Que j'étais désolée ? Que je m'en voulais atrocement de ce que je lui avais fait ? Que j'étais jalouse… Trop de choses à dire en un regard. Je me retournais vers Kate, et lui que j'allais prendre l'air sur le balcon.
Le salon était fait de telle manière que d'un coté les portes vitrées conduisaient sur le perron et de l'autre sur un balcon. Les gens pouvaient ainsi sortir à loisir sans avoir à passer obligatoirement par la porte. Heureusement parce que c'est justement près de celle-ci que se trouvait James…
Alors qu'il ne me restait que quelques pas à faire pour atteindre la sortie, j'entendis des cris de toutes parts. Que se passait il ? Les gens qui étaient à l'extérieur, se précipitaient maintenant à l'intérieur en poussant de grands cris. Sirius avait il prévu une quelconque farce ?
Tout d'un coup, une voix s'éleva amplifiée par un sort :
- Il ne vous sera fait aucun mal… si vous ne faites pas usage de vos baguettes… Donc restez tranquilles et dans cinq minutes tout au plus, nous serons partis.
Des hommes capuchonnés et armés de leur baguette firent alors leur apparition, lançant à l'aveuglette des sorts qui la plupart du temps brisaient des bibelots. J'étais statufiée devant les deux hommes qui s'approchaient de moi et je pense que je serais restée là encore longtemps si une main ne m'avait saisie pour me tirer en arrière.
Aussi soudainement, je vis James se planter devant moi tenant toujours ma main de sa main gauche, tandis qu'il brandissait devant lui sa baguette.
- Moore ! Que fais tu là ?
- Tu ne croyais pas que j'allais te laisser tranquille tout de même Potter ?
- Tu mérites que je t'envoie à Azkaban !
Le Moore en question explosa de rire. Un rire démoniaque qui me fit prendre peur. Je posais ma seconde main sur l'avant bras de James comme pour m'assurer qu'il était bien là. Tout aussi soudainement, il s'arrêta de rire et dit d'une voix pleine de menaces.
- Juste un petit message de mon chef, Potter : 'laisse le tranquille. Rejoins les Mangemorts ou ne t'occupe plus de nos affaires'.
- …
- Comme tu ne sembles pas avoir quelque chose à ajouter… On va vous laisser finir votre soirée… Mais merci pour l'info, Potter.
Il avait dit la fin de sa phrase en esquissant un petit signe de la tête vers moi. Qu'est ce que cela signifiait ? Et pourquoi personne ne s'était défendu ? Je fixais un point devant moi, là où Moore se tenait auparavant. Puis je sentis deux mains me saisir aux épaules et me secouer tout d'abord doucement puis plus fortement.
- Lily, ça va ? Tu n'as rien ?
Je levais les yeux vers les siens, plongeant dans un univers chocolat. En me demandant comment j'allais, il m'avait saisi aux coudes puis avait posé ses mains sur mes joues. J'étais troublée par ces attouchements, comme s'ils me redonnaient vie. Je vis alors une longue griffure sur sa pommette. Sans prononcer un mot, je levais le bras vers cette blessure qui m'hypnotisait quand j'entendis quelqu'un parler juste à coté de nous.
- Par Merlin, James, tu es blessé !
- Ce n'est pas très grave, Karen.
- Mais si ! Il faut désinfecter !
- C'est rien. Je vais aller voir si les autres sont blessés.
Il lui avait parlé sans me quitter des yeux, attendant sans doute un mouvement de ma part. Mais qu'attendait il exactement ? Plus je reprenais contact avec la réalité, plus j'avais envie de me blottir dans bras mais y étais je autorisée ? Me repousserait il ?
- James, tout le monde va bien, dit Sirius en lui posant la main sur l'épaule.
- J'aurais du m'en douter qu'il viendrait ce soir !
Il avait presque crié cette phrase, faisant sursauter les gens toujours présents dans le salon. Il était dans un état de nerfs… Je voyais une veine sur sa tempe qui palpitait. Mon regard s'attarda sur son visage soucieux. Il semblait avoir pris une dizaine d'années en seulement quelques minutes. Je mis ma main dans la sienne, attirant alors son attention. Ses yeux étaient tristes, on aurait dit qu'il se sentait coupable de tout cela.
- Montre moi la salle de bain que je te désinfecte le visage, dis je doucement.
- …
- Premier étage, première porte a droite, Petite Fée, répondit Sirius à sa place.
Je l'entraînais derrière moi. Karen ne semblait pas tout comprendre mais tant pis. Il était hors de question que quelqu'un d'autre que moi ne le soigne, qu'une autre femme ne le touche. Il me suivit sans dire un mot.
La salle de bain était de taille moyenne, juste assez grande pour deux personnes. Il s'assit sur le rebord de la baignoire tandis que je sortais le nécessaire du placard et étalais le nécessaire sur le lavabo.
Je me retournais vers lui, il n'avait pas bougé et semblait vouloir lire mes pensées. Je rougissais de plus belle, si seulement il pouvait avoir une idée de tout ce qui se passait dans ma tête en ce moment même ! Lui aussi rougirait !
Je lui pris doucement le menton pour lui faire tourner la tête afin de mieux voir la griffure. Je me mis entre ses jambes, tachant d'oublier la position dans laquelle nous étions et surtout de faire taire mes hormones. Je désinfectais la plaie, m'assurant qu'il ne restait rien à l'intérieur puis lançais un sort de cicatrisation.
- C'est bon, dis je rougissant de plus belle alors qu'il recommençait à me fixer de son air triste.
- Merci, Lily.
- De rien…
J'en aurais pleuré. Que faire ? Que dire ? Je ne savais plus. Cela faisait trop d'émotions. Et puis pourquoi me regardait il ainsi ? L'avais je tant blessé qu'il pouvait s'empêcher d'être triste en ma présence. Mon cœur se serra douloureusement. Pourtant il n'avait pas hésité à traverser le salon pour se poster entre Moore et moi. Nous étions les yeux dans les yeux. Je sentais sa main sur ma joue, approchant mon visage du sien.
- Potter, je te cherchais ! s'écria un homme en ouvrant la porte à toute volée. J'aimerais avoir ton rapport.
- J'arrive… J'arrive tout de suite, dit il d'une voix lasse.
Sa main était tout d'abord partie de ma joue pour se poser sur sa cuisse, puis il s'était levé et avait quitté la pièce sans un regard. Avais je rêvé ? Je contemplais mon reflet dans le miroir. Mon teint était plus blanc qu'à l'accoutumée et mes yeux exorbités. J'avais des marques rouges en dessous des yeux et ma bouche avait pris un pli amer. Je faisais peur à voir. Je me passais un peu d'eau sur le visage avant de redescendre rejoindre les autres.
J'avais eu la bonne idée de prendre avec moi les onguents et les bandages pour soigner les autres blessés. Sirius avait raison, il ne s'agissait pour la plupart que de blessures légères souvent dues à la précipitation lorsque tout le monde était rentré dans la maison. Une fois les gens soignés et rassurés, ils repartirent chez eux.
A la fin, il ne restait plus que Kate, Rémus, Karen et moi dans le salon. Cette pièce, si belle au début de la soirée, semblait avoir vécu un tremblement de terre. Tout était cassé et sans dessus dessous. Sans attendre que James et Sirius reviennent de leur rapport, je commençais à lancer quelques sorts pour nettoyer et réparer. Les autres bientôt suivirent mon exemple.
Tandis que je me tenais près de la porte à tacher de faire disparaître une méchante trace sur le sol, j'entendis des éclats de voix. Je reconnus immédiatement Sirius et James qui se disputaient, j'étais trop loin pour comprendre ce qu'ils se disaient. Mais je n'allais pas tarder à en savoir plus parce qu'ils semblaient se rapprocher.
- Tu as entendu ce qu'a dit Moore ? s'écria Sirius.
- Oui, c'est justement !
- Et que comptes tu faire ?
- D'après toi ? Elle n'aurait jamais du venir ce soir ! Et elle ne doit surtout jamais remettre les pieds ici ! Tu entends ?!
- Par merlin James ! On parle de Lily ! De notre Petite Fée !
Je poussais un petit cri ce qui eu pour effet de les couper dans leurs cris. J'avais du mal à respirer. Il n'avait pas dit ce que je pensais qu'il avait dit ? Par Merlin, dites moi que ce n'était que des hallucinations dues au choc !
- Pourquoi ?
Ce fut le seul mot que je pu murmurer. Je les regardais passant de l'un à l'autre espérant avoir la réponse. Et je l'eus. Ce fut même James qui me la donna :
- Parce que le monde magique est dangereux ! Ce n'est pas un lieu pour toi !
- Pourquoi ? m'écriais je en lui faisant face les poings sur les hanches.
Il saisit brutalement par le coude me forçant à avancer devant lui. Je vis les autres nous regarder tout à tour. Ils semblaient eux aussi étonnés par la virulence de James. Mais comme toujours, le peu de fois où il s'énerve, personne ne se mit en travers de son chemin.
Un fois, alors qu'il était en cinquième année, je l'avais vu énervé et même s'il n'en avait pas contre moi, j'avais eu envie de disparaître dans un trou de souris… Un peu comme là… Sauf que c'était contre moi que semblait être tourné tout son énervement… Je le précédais, entrant dans un somptueux bureau. Il me lacha enfin et je pu lui faire face.
- Pourquoi ? Répétais je des sanglots dans la voix.
- Parce que le monde magique est dangereux !
- Tu l'as déjà dit !!!
- …
- Pourquoi n'aurais je pas du venir ? Pourquoi ne devrais je plus revenir ?
- …
- DIS MOI !!!
- Parce qu'avec les temps qui courent, côtoyer des Aurors c'est mauvais ! Tu as bien vu ce soir !
- Tu essayes de me faire croire que tu m'éloignes de vous pour mon bien ?
- …
- REPONDS MOI !!!
Je sentais les larmes qui coulaient le long de mes joues. Il était imperturbable devant moi. J'avais l'impression de crier contre un mur… Je m'approchais de lui et posais mes mains sur son torse.
- James, pourquoi veux tu m'éloigner de toi ?
- Tu seras plus en sécurité loin de moi, chuchota t il.
Je laissais échapper un rire nerveux.
- En sécurité loin de toi ? En sécurité loin de toi ? dis je hystérique.
- …
- Regarde moi dans les yeux ! Tu le penses réellement ?
- Oui.
- Ce soir là… Dans la boite de nuit… Je ne vous en ai pas voulu parce que vous ne m'aviez pas dit la raison de votre départ. Oh non, loin de là !
- …
- Après votre départ, j'avais peur parce que je ne savais pas comment rentrer à Poudlard. Et puis, un type a repéré que j'étais seule… Et si Rémus n'avait pas été là…
Ma voix se brisa. Nous nous regardions dans les yeux. Je ne pouvais détourner le regard. Je le vis passer sa main sur son visage, puis dans ses cheveux. Il semblait perdu.
- Et toi, tu as cru que je faisais un caprice de gamine…
- …
- Tu vois, ce n'est pas parce que je suis loin de toi, que je suis en sécurité.
Il n'y avait rien d'autre à ajouter. Sur ces derniers mots, je partis. Je voulais le quitter comme il le désirait. Je voulais aussi qu'il me retienne mais il n'en fit rien… Pas même un geste. Rien.

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