29 - Captivité, Quand Tu Nous Tiens

Nous arrivâmes devant une grande bâtisse abîmée par les années. Elle était entourée par des arbres d'où des bruits bizarres s'échappaient. Je n'avais jamais été à l'aise avec ce genre d'endroit. Sans doute à cause de la forêt interdite qui entourait Poudlard et les histoires que les garçons me racontaient. Une fois à l'intérieur, mon kidnappeur me poussa vers la droite pour que je descende un escalier. Arrivés en bas, il me fit parcourir quelques mètres puis il ouvrit une porte et me fit entrer dans une pièce sombre.

 

Lorsque je me retournais, je le vis fermer la porte. Je commençais à frapper le battant tout en criant. Mes poings me faisaient mal… Et bien vite j'arrêtais tout cela, persuadée que personne ne viendrait m'ouvrir et encore moins me sauver. Je m'effondrais sur le sol, dos au mur et je commençais à pleurer sur mon sort.

 

Pourquoi avais je la tête dans les nuages !!! Deux semaines que j'étais avec lui !!! J'étais si heureuse… Le reverrais je ? Mon cœur se déchira. Il ne saurait ma disparition que ce soir. Il pourrait m'arriver tant de choses entre temps !!! Je sentis une boule se former dans ma gorge.

 

Je ne sais combien de temps je suis restée là mais la porte se rouvrit. Deux personnes cagoulées entrèrent et déposèrent un plateau repas devant moi.

 

- Qui êtes vous ? hurlais je.

- Tu le sauras bien assez tôt !

- Mange, notre chef voudrait que tu sois en forme pour son arrivée…

- Qui est votre chef ?

- Réfléchis…

- Qui se met en quatre pour te parler…

- Moore ! 

 

Un rire effrayant s'éleva dans la pièce. Je me sentais rétrécir. Que me voulait il ? Qu'allait il me faire ?

 

Je mangeais sans réel appétit avant d'aller m'asseoir dans le coin le plus reculé de la pièce. Peut être que Karen préviendrait les garçons de ne pas m'avoir vu ce matin… A condition qu'elle soit venue en cours.

 

En effet depuis une semaine elle sortait avec Clark et elle ne venait pas toujours aux premiers cours de la matinée. Elle semblait heureuse et je ne m'étais pas permise de lui faire des reproches. Après tout, elle n'avait pas rechigné quand j'avais été à l'hôpital…

 

Mais là… J'espérais de tout cœur qu'elle était là… Les larmes coulèrent sur mes joues. Ce matin, je n'avais pas eu envie de bouger du lit. J'avais eu envie de faire moi aussi l'école buissonnière… Finalement j'aurais dû. Un sourire amer déforma mon visage. Depuis que James dormait avec moi, je n'avais jamais envie de quitter le lit… Et pourtant je n'étais pas kidnappée tous les jours.

 

Je m'endormis épuisée d'avoir tant pleurer. Ce fut un grand cri qui me réveilla en sursaut. Deux personnes se tenaient devant moi.

 

- Il est là, il voudrait te voir. 

 

Je commençais à avoir peur. S'il était là, cela voulait dire que mon calvaire allait commencer…

 

Ils me conduirent dans une grande pièce au centre de laquelle se trouvaient une chaise et un fauteuil tournés l'un face à l'autre. Ils me firent asseoir sur la chaise avant de lancer un sort d'entrave. Je ne pouvais plus bouger de ma chaise maintenant. Je tournais la tête de tous les cotés quand une voix s'éleva dans mon dos.

 

 - Ma jolie !

- …

- Alors tu es bien traitée ici j'espère…

- Je serais mieux chez moi… grognais je.

- Ce n'est pas possible pour le moment.

- Et quand serait ce possible ?

- Tu ne manques pas d'humour ma petite !

- … 

 

J'étais sarcastique dans mes réponses, dans ma façon de le défier mais je ne savais pas d'où me venait ce courage. Je décidais de continuer sur cette lancée. Après tout que je sois effrayée ou insolente, mon sort était joué d'avance alors autant ne pas lui donner la satisfaction de voir à quel point j'étais morte de trouille.

 

Il se servit un verre d'un liquide ambré avant de s'asseoir dans un fauteuil. Il joua avec les glaçons en les faisant tourner. Il était hypnotisé par le tourbillon qu'il créait dans son verre. Puis il releva la tête vers moi pour reprendre d'une voix froide.

 

- Sais tu pourquoi tu es là, ma belle ?

- Parce que vous êtes un dérangé ?

- Tu me fais rire, dit il avec un grand sourire. Le sais tu ? Ajouta t il d'une voix menaçante.

- Tu en veux à Potter. Et tu crois quand t'en prenant à moi, tu le détruiras…

- Tu ne le crois pas ?

- Non ! Mais est ce que mon avis compte ? 

 

Mon assurance fondait au soleil. Ma hargne était toujours là et ne faisait que croître. Le problème est que je voulais rester en vie. Je voulais qu'un jour prochain, James me reprenne dans ses bras. Qu'il m'embrasse de nouveau et pour cela il me fallait nier jusqu'au bout notre relation. Si Moore apprenait qu'il détenait vraiment quelqu'un de proche de lui…

 

Comptais je vraiment pour lui ? Non ! Il ne fallait pas que je commence à penser ce genre de choses. Bien sur qu'il tenait à moi. Et même s'il n'était pas amoureux, il ferait tout pour que rien de mal ne m'arrive.

 

Pour cela il me suffisait de me remémorer quand il avait été voir mes parents. Ces derniers venaient à peine de rentrer de vacances qu'il avait été les voir avec moi. Il leur avait expliqué la situation en taisant le niveau de folie de Moore. Il leur avait promis qu'il ferait tout son possible pour que rien ne m'arrive. J'espère que ce n'était pas du vent !

 

- Il ne t'a pas expliqué comment il a tué mon père ?

- Non.

- Il a été au bureau des aurors et leur a dit que mon père et ses amis avaient tués ses parents !

- Et c'était faux ? demandais je après un petit silence.

- Ses parents étaient des traîtres à leur sang ! Ils voulaient considérer les sangs de bourbe comme nos égaux !

- … 

 

Je serrais les dents. Qu'arriverait il quand il apprendrait que j'étais moi-même ce qu'il appelait Sang de Bourbe ? Mon estomac se contracta. Une sueur froide me saisit. Personne ne devait savoir où j'étais, avec qui… Reverrais je un jour les autres ?

 

- Ne t'en fais pas… Je sais que tu es une Sang de bourbe… Je vais faire un tir groupé. 

 

Il s'était rapproché du siège sur lequel j'étais ligotée. Il me caressa le visage avant de mettre le sien à ma hauteur.

 

- Sais tu quand j'ai découvert ton existence, Petite Fée ? 

 

Mon cœur se serra. Comment connaissait il mon surnom ?

 

- Te souviens tu de Lyset ?

- C'était un Griffondor. Il avait les mêmes idées que vous sur la pureté du sang…

- Et il les a toujours…

- C'est lui qui vous a parlé de moi ?

- Oui. Au mois de Juin, quand l'ordre du phoenix nous a mis des bâtons dans les roues, j'ai été étonné que Potter et Black arrivent si 'tard' dans la bataille…

- L'ordre du Phoenix ?

- Ils ne t'ont pas parlé de l'Ordre du Phoenix ?!

- Non.

- Dumbledore a créé une espèce d'armée secrète pour contrarier les plans de mon maître…

- …

- Enfin toujours est il que j'ai demandé si quelqu'un savait pourquoi ces deux là étaient arrivés en retard. Je me serais fait une joie de les tuer… Et Lyset m'a parlé de cette réunion d'ancien à Poudlard, et qu'ils avaient du en profiter pour aller te voir…

- Il a du oublier de vous dire que nous ne nous parlions plus ! Nous nous étions disputés lors de leur dernière année.

- C'est sûrement pour cela qu'il t'a tout de suite défendu quand je me suis invité chez lui…

- Ce…

- Trêve de bavardage, me coupa t il. Passons aux choses sérieuses. Pour ce soir, je suis trop fatigué pour m'occuper de toi correctement.

- …

- Demain, je pense que je commencerais par prendre du bon temps avec toi… dit il en laissant trainer sa main vers mon décolleté. Ensuite, je lui enverrais un petit bout de toi… pour lui dire que s'il veut revoir le reste il a intérêt à venir me voir sans sa baguette. 

 

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Article ajouté le 2008-10-18 , consulté 324 fois

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