3 - Le Rapprochement
Il ne restait qu'une heure de trajet quand les professeurs McGonnagal et Dumbledore nous permirent de retourner voir nos amis. Tandis que je saluais Noah que je devais rejoindre après le repas pour voir nos appartements, je me dirigeais vers le compartiment des Maraudeurs. Le couloir était mal éclairé mais après tout il n'y avait rien à y voir. Pressée de savoir comment ils m'accueilleraient cette fois ci, je ne fis pas attention au groupe de filles qui parlaient, bloquant le passage. Arrivée à leur hauteur, je les priais de m'excuser et de me laisser passer… L'une d'elles se retourna franchement et se plaça au beau milieu du couloir.
- Y a quelque chose qu'il faut qu'on t'explique, la nouvelle.
Sa voix était sèche et je pus deviner sans effort qu'elle était énervée. J'avais devant moi une sixième année de Poufsouffle qui se disait amoureuse de Sirius. Elle n'avait pas du apprécier de me voir discuter avec eux et comme les autres, elle ne m'avait pas reconnue… Il y a de cela deux ans, une groupie de James s'en était prise à moi sous prétexte que je draguais 'son' James… Quand j'étais revenue avec un cocard, les garçons s'étaient énervés et avaient 'réglé' l'affaire à leur façon… Depuis les filles ne m'approchaient plus, ou tout du moins aucune ne me touchait.
- Les Maraudeurs sont déjà pris.
Ah oui ?! C'est marrant parce que je ne suis pas au courant de tout cela… Peut être qu'eux non plus ne le savent pas… Tandis que les autres filles opinaient du chef à cette révélation, je souriais.
- Poussez vous. Je suis Préfète en Chef…
- Et alors ?! Ce n'est pas pour cette raison que nous allons te laisser avec eux !
Qui a dit que les Poufsouffle avaient un peu de jugeote ? Non parce que là je pense être tombée sur les plus bêtes. En plus de ne pas me reconnaître physiquement même ma voix ne les aide pas, ni le fait que je sois Préfète en Chef… Je soupirais. Cette rentrée étaient finalement moins drôle. Pendant combien de temps encore les filles croiraient que les Maraudeurs m'intéressent plus qu'en tant qu'amis ?! Je bouillonnais. Je n'allais tout de même pas leur sortir ma carte d'identité afin qu'elles me laissent en paix ?! Le silence se fit, et je les vis regarder par-dessus mon épaule. Une main se posa dans le creux de mes reins, me troublant.
- Y a un problème Lily ?
- Non, James. J'avais une petite conversation avec ces étudiantes.
Je me retournais vers lui pour le voir sourire comme à son habitude. Mon cœur loupa un battement, pourquoi étais je si troublée ?
- Elles m'expliquaient que vous étiez déjà pris… C'est bien cela, n'est ce pas ? Ajoutais je en me retournant vers elles.
- Euh, non… Pas tout à fait.
- Et dans quelle mesure ai-je tord ? Demandais je amusée.
- C'est que…
- Viens Lily, coupa James. Allons rejoindre les autres.
Oh non ! Pourquoi avait il coupé ce pur moment de gêne ? Je voulais savoir comment elle allait se tirer de ce mauvais pas !!! Je grogna légèrement mais suivit l'impulsion qu'il m'avait donnée dans mes reins pour me faire avancer. Toute absorbée par mes pensées de vengeances sur ces dindes je ne vis pas tout de suite que nous étions revenus dans le compartiment où Sirius me dévisageait.
- Arrêtes ça Sir' ! Tu me mets mal à l'aise !
- Attend P'ti Bout, tu as vu le canon que tu es devenue ?! s'écria Sirius.
- J'ai pas changé depuis juin dernier ! J'ai juste acheté de nouveaux habits.
- Tu vas pas me faire croire que tu avais… ça, dit il en pointant ma poitrine. Et ça, ajouta t il cette fois ci en montrant mes jambes.
- Si ça te rassure, j'ai toujours eu deux jambes et ma taille de soutien gorge n'a pas changé en deux mois !
Un silence accompagna mes révélations tandis que le rouge me montait aux joues. Je n'avais pas osé parler de la taille de mes seins avec ces obsédés ?! Dites moi que je suis en train de rêver !! Je regardais tour à tour mes trois amis, et vu leurs faces amusées, j'avais bien dit ce que je pensais que j'avais dit… Je me laissais tomber sur le siège le plus proche sans quitter du regard mes chaussures. Que suis-je sensée dire ou faire après ce genre de choses ?! Trouver un autre sujet de conversation… Oui, mais là mon cerveau refuse de faire le moindre effort et d'oublier cette référence malencontreuse à mon tour de poitrine.
- Après cette grande nouvelle, vas-tu nous dire pourquoi tu es habillée ainsi ? demanda Sirius.
- Il me faut une raison pour m'habiller ainsi ? repris je.
- Bah oui, pourquoi tu as changé de vêtements ? Ils étaient bien ceux d'avant, non ?
- Arrête de me faire rire Sirius ! Ils étaient si bien que tu n'avais même pas vu que j'étais une fille ! m'écriais je.
- Oui mais il y a un juste milieu ! Là on dirait…
- Ne finis pas ta phrase si tu tiens à ta vie ! hurlais je en me plantant devant lui.
- Calmez vous tous les deux, dit Rémus d'une voix apaisante. Vous allez pas vous disputez pour cela.
- Mais Rémus, répliqua Sirius, tu as vu comment les garçons la déshabillent du regard ?
- Ca ne te gênait pas de le faire pourtant ! murmurais je d'une voix doucereuse.
- Je ne savais pas que c'était toi ! Sinon je ne l'aurais pas fait !
Que répondre à ça ?! Un de mes meilleurs amis qui me dit que s'il avait su que c'était moi, il n'aurait même pas regardé dans ma direction ! Je sentais les larmes me monter aux yeux. Je me doutais qu'ils n'apprécieraient pas se changement mais de là à me faire traiter de… Mon cœur se brisait. Et puis au final aucun des deux autres ne prenait ma défense. Je me rasseyais dans mon siège bras croisés, concentrée à retenir mes larmes. La fin du trajet se déroula dans cette ambiance tendue et le train était à peine arrêté que je sautais sur le quai.
La gare de Pré Au Lard. Un quai au milieu de nulle part. A l'heure où nous arrivions le village n'était pas visible mais pour les anciens élèves, il était possible de le deviner au loin, sur la droite. Un bruit attira mon attention. Hagrid le garde de Poudlard, un demi géant, venait d'arriver avec une lampe à la main. Bientôt il se mit à hurler 'premières années, suivez moi !' Et un attroupement se forma autour de lui. De mon coté, je me dirigeais vers les calèches afin de vérifier que tout se passait pour le mieux.
Noah me fit signe au loin et se posta à mes cotés sans me parler. Nous surveillions tous les deux le départ des élèves vers le château. Aucun incident notable n'eut lieu et bientôt il ne resta plus que deux calèches à partir. Dans l'une je vis les Maraudeurs qui m'attendaient très probablement. Pourquoi je peux dire ça ? Ils étaient tous les trois tournés vers moi… Je me dirigeais vers la deuxième suivie par mon homologue, ignorant les regards noirs. J'étais fortement décidée à ne pas leur pardonner tant qu'ils ne seraient pas venus s'excuser.
- Ca ne te dérange pas, j'espère, que je vienne avec toi, demanda Noah.
- Bien sur que non.
Nous discutâmes tous les deux et arrivés dans la Grande Salle où la répartition des nouveaux étudiants n'allait pas tarder, je le vis partir vers la Table des Serdaigle tandis que je tournais vers la droite, vers celle des Griffondor. Les Maraudeurs avaient comme à l'habitude gardé une place parmi eux, repoussant leurs groupies qui dès le premier jour tentaient de les approcher. Sirius fixait la table devant lui, Rémus avait un léger sourire désolé sur les lèvres et James, par contre, fronçait les sourcils, intensément concentré sur quelque chose.
Et là je compris l'autre chose qui clochait. Il n'avait pas encore cherché à parler à Marylin… Normalement à cette heure ci il en était à la quatrième tentatives : une à Londres, une dans le train, une pour partager la calèche et une avant le dîner… Leur relation aurait tant avancé qu'il n'avait plus besoin de la harceler ?! J'en fus impressionnée mais ce n'est pas pour cela que je leur pardonnerais.
Après le repas, je retrouvais Noah et le professeur Dumbledore qui nous parla des règles de la vie en commun et qu'il comptait sur nous pour montrer le bon exemple. Je le rassurais et entrais dans un appartement qui me coupa le souffle. Le salon par lequel nous arrivions était splendide. Deux canapés devant une cheminée une table dans un coin rendaient le tout assez cosy. Au fond, deux portes, l'une avec mon nom l'autre avec celui de Noah, étaient au couleur de chacune de nos maisons. Je pénétrais curieuse dans ma chambre. Un lit, un bureau, une armoire et une étagère. Pas le grand luxe mais de la place.
J'avisais une porte et l'ouvris. La salle de bain où tout était en double : lavabos, douches… La porte en face de moi s'entrebâilla, faisant apparaître Noah qui regarda lui aussi ébahi cette dernière pièce. Nous échangeâmes un signe de la tête pour montrer notre admiration devant le spectacle et je repartis dans ma chambre où ma malle se trouvait maintenant, sûrement apportée par les elfes de maison. Je m'assis sur le rebord de mon lit, réfléchissant à ce que j'allais faire de ma soirée. Pas question d'aller à la Tour Griffondor, je n'avais personne à voir vu que…
J'entendis la porte de l'appartement se refermer. Noah devait être parti rejoindre ses amis. J'étais donc officiellement toute seule. Je pouvais ranger mes affaires, ce serait déjà ça de fait. Et puis ça défroisserait tous mes vêtements… Des habits que Sirius n'aimerait pas plus que ceux d'aujourd'hui… Pourtant cette robe n'avait rien d'aguicheur… Enfin à mon avis. Pas de grand décolleté, elle arrive au dessus du genou et elle ne me moule pas au point de pouvoir lire l'étiquette de mes sous vêtements… Je dois avouer que j'étais déçue, je pensais qu'il serait content que je prenne soin de moi… Ma sœur avait été si heureuse… Tiens je pourrais lui envoyer un hibou.
Je sursautais, quelqu'un venait de toquer à la porte de ma chambre. Qui pouvait donc venir me voir…
- Entrez !
- Salut P'ti Bout !
- Salut James ! Qu'est ce qui se passe ?
- Je venais voir comment tu allais… On n'a pas vraiment eu la possibilité de parler.
- Oui, j'avais à faire.
Je le vis refermer la porte derrière lui tandis que je déposais mes sous vêtements dans un tiroir avant de le fermer rapidement espérant qu'il ne les avait pas vu. Je retournais pour lui faire face et je rougis. Vu son visage, il avait vu ce que je venais de ranger et… Comment allais je faire maintenant pour le regarder dans les yeux ?! Cette rentrée virait au cauchemar. Vivement que nous reprenions nos vieilles habitudes ! Je le sentis me prendre dans ses bras et ma tête retrouva sa place, au creux de son épaule.
- Tu m'as manqué P'ti Bout !
J'avais envie de lui hurler que moi aussi il m'avait manqué. Que tous les trois ils m'avaient manqué mais que l'attitude de Sirius m'agaçait. Au lieu de ça je répondis d'une voix que je trouvais timide :
- Toi aussi.
- Tu aurais dû venir avec nous, dit il en s'écartant légèrement pour planter ses yeux dans les miens.
- Oui, mais vous voir draguer pendant deux mois… Je vois déjà ça toute l'année !
- Qui te dit que nous avons fait que draguer ? s'écria t il faussement offusqué.
- Qu'avez-vous fait d'autre ? Demandais je amusée.
- On a dansé, on a dormi…
- Seuls ?
Son sourire s'agrandit. Un gamin. Il ne grandira donc jamais ?! Il se détacha de moi pour m'entraîner vers le lit où nous prîmes place. Je savais très bien de quoi il voulait parler mais qu'avant il allait falloir que je raconte mes vacances, au minimum.
- Si tu me disais la raison de tant de changement ?
- Juste envie d'être un peu plus fille. Et puis j'avais de l'argent et l'aide de ma sœur, alors… Je suis juste déçue que ça ne plaise pas à tout le monde.
- Il s'en veut. Il sait qu'il a été trop loin…
- Et il t'a envoyé tester la température ?
- Oui. Je pourrais lui dire que s'il s'excuse tu lui pardonneras ?
- Bien sur.
Nous continuâmes à parler encore longtemps sur nos vacances avant qu'il n'en vienne au sujet Marylin.
- Alors tu en es où avec la Reine de Glace ? Demandais je finalement.
- Je n'aime pas quand tu l'appelles ainsi…
- Désolée, murmurais je.
Je trouvais pourtant que ce surnom lui allait parfaitement. L'air de toiser tout le monde qu'elle avait perpétuellement sur le visage semblait confirmer cela. Seul James réussissait avoir en elle de la douceur, un caractère de feu et les mêmes valeurs que lui. Pas qu'elle soit méchante, mais c'est juste qu'elle ne parle jamais à quelqu'un extérieur à son groupe d'amies. Et quand un étudiant la bouscule, sa douceur n'est pas visible du tout ! Elle avait même l'an passé mis deux gifles à un élève qui lui avait soit disant pris sa place à table. Inutile de dire que son siège était tout le temps libre maintenant. Même James s'était pris des claques mais il ne semblait pas s'en préoccuper…
- Depuis le mois de juin, on se parle. Cet été, elle a même répondu à mes hiboux.

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