68 - Le revirement
Son souffle contre mes lèvres me troublait mais je n'avais aucun doute sur ce que je venais d'entendre. Il me força à le regarder et je n'eus qu'une envie : continuer de l'embrasser. J'étais si heureuse ! Sans réfléchir, je me jetais sur ses lèvres, le faisant reculer légèrement sous l'impact. Aussitôt ses mains vinrent sur mes hanches, glissèrent dans mes reins, juste en-dessous le manteau, au dessus de ma robe.
Quand l'air vint à nous manquer, il dévia vers ma joue, mon lobe d'oreille puis mon cou. Je ne retenais pas mes gémissements, partie dans un autre monde à l'entente de ses trois petits mots. Ses mains empoignèrent fermement mes fesses tandis que mes doigts se perdaient dans ses cheveux. Soudain, il se décala et fit tomber à terre mon manteau tout en en profitant pour caresser mes épaules, mes bras…
- J'ai envie de te voir… de te déshabiller…
Il remonta vers mes épaules mais je le stoppais.
- Il faut que j'aille chercher Manon.
Ses mains descendirent sur mon buste, s'attardèrent sur ma poitrine.
- Yolande va s'inquiéter sinon, réussis-je à dire.
Mais il n'en avait pas fini avec moi. Il reprit le baiser, me serrant contre lui à tel point que je ressentais la moindre courbe de son corps… Il éloigna ses lèvres d'un petit centimètre pour me murmurer la voix rauque :
- J'en ai envie depuis que tu es sortie de ta chambre…
Le brasier qui coulait dans mes veines, n'était pas prêt de s'arrêter s'il continuait à m'allumer de la sorte. Regroupant toutes mes forces, mon courage et sans doute un peu de stupidité, je le repoussais.
- Je dois y aller, James ! Sinon Yolande va se faire des films catastrophes…
- Je t'attends, grogna-t-il en desserrant totalement sa prise.
Je me dépêchais d'enfiler mon manteau et me ruais dehors.
- Je commençais à me demander ! plaisanta Yolande en me voyant. J'ai cru avoir mal compris et que je devais la garder pour la nuit…
Je rougis en saisissant le sous-entendu de sa phrase. A vrai dire, je n'avais pas vérifié mon apparence mais la brûlure que je ressentais au niveau de mes lèvres me laissait deviner que notre « activité » à l'appartement était inscrite sur mon visage. Je montais rejoindre la puce, qui dormait toujours et la portais vers la sortie.
- A bientôt, Lily !
- A bientôt ! lui dis-je en retour avant de transplaner.
Quand je rentrais dans l'appartement, les bras chargés, j'aurais cru que James serait là pour m'accueillir mais rien. Je notais le silence et continuais jusqu'à la chambre de Manon. Je l'allongeais, vérifiais ses couvertures et ressortis sans qu'il ne soit apparu.
J'enlevais alors mon manteau et mes chaussures pour le chercher. Je le trouvais assez rapidement dans sa chambre, allongé en travers. Il avait dû vouloir enlever sa cravate puisque le nœud était dorénavant lâche et, après s'être assis sur son lit, il s'était ni plus ni moins que laissé tomber en arrière. Où il s'était endormi comme une masse.
Je lui ôtais sa cravate, ouvris les premiers boutons de sa chemise avant de le déchausser. Une fois cela fait, je le lévitais pour qu'il soit correctement allongé et partis me préparer pour dormir. Finalement il ne se chargerait pas de m'enlever ma robe…
Le lendemain, je m'éveillais en entendant les pleurs de Manon. Je tournais ma tête vers mon réveil… Merlin, d'habitude elle avait mangé depuis au moins une demi-heure ! Je sautais hors de mon lit pour la retrouver.
- Désolée ma puce. Viens, on va aller préparer ton biberon !
Dans la cuisine, je lui tendis un gâteau pour la faire patienter. Je lançais aussi la cafetière quand deux mains me saisirent pour me coller contre un corps chaud.
- Je vais prendre ma douche.
Je hochais la tête, souriant de le voir fripé dans ses vêtements de la veille. Pour une fois, ses cheveux s'accordaient parfaitement à sa tenue. Une fois revenue de tous mes fantasmes, je donnais son petit déjeuner à Manon et m'installais en face d'elle pour boire mon café.
Quand il nous rejoignit, je vis tout de suite que ça n'allait pas bien et lui proposais une potion pour gueule de bois.
- J'ai pourtant pas l'impression d'avoir abusé hier !
Il me fixa, comme s'il attendait quelque chose de ma part.
- James, je n'ai pas surveillé ce que tu buvais… Je ne sais pas mais avec la fatigue…
- Je ne me souviens même pas être entré ! s'écria-t-il.
La puce regarda son oncle tout en continuant de téter son lait chocolaté. Dans ma poitrine, par contre, c'était un trou qui venait de se former. Il ne se rappelait plus m'avoir dit qu'il m'aimait. L'avait-il seulement pensé ? Je repoussais mes idées noires pour lui demander :
- Quel est le dernier vrai souvenir que tu ais ?
Il fronça les sourcils avant de porter ses mains à ses tempes. Il n'avait vraiment pas l'air bien !
- Je me souviens de Sirius qui voulait se faire passer pour ton petit ami. Qu'il est parti avec Elisabeth. Qu'elle lui a demandé plein de choses extravagantes…
Il se pinça le nez, sûrement pour se concentrer mais échoua d'après le soupir qu'il laissa échapper.
- Après c'est flou.
Flou. Est-ce que sa déclaration faisait partie des choses floues ou avait-elle été définitivement effacé de sa mémoire ?
- Ca te reviendra peut-être, dis-je en posant ma main par-dessus une des siennes.
Je l'espérais. Parce que sinon je n'aurais plus qu'à me faire à l'idée que tu ne pensais pas tout ce que tu m'as dit, pensais-je intérieurement.
Il me regarda bizarrement mais je ne m'y attardais pas. Je partis prendre ma douche et, une fois fini, j'habillais Manon pour qu'elle puisse jouer tranquillement. James, de son côté, s'était planté dans le salon avec un livre.
Quand la potion eut fait effet, j'eus le droit à des baisers, des câlins devant la télévision. Même la peur que ses mots de la veille n'aient été que des chimères, n'arrivait pas à me faire cesser de sourire. Dehors il pleuvait à grosses gouttes mais aucun de nous trois ne semblait vouloir quitter l'appartement.
Le lundi, je déposais Manon chez Anna et filais en cours. Je passais la journée avec Emma qui ne s'y trompa pas.
- Toi, il y a quelque chose qui te dérange !
Je soupirais en finissant de ranger mes affaires.
- Allez, accouche !
- Disons que James m'a dit quelque chose samedi soir et qu'il ne s'en souvenait plus le lendemain matin…
- Oh Merlin ! Il l'a dit !
- Et il ne s'en souvenait plus le lendemain matin, répétais-je.
Je la laissais partir dans des théories abracadabrantes et ne l'écoutais que d'une seule oreille. Après tout il y avait peut-être une explication. Peut-être comme pour notre premier baiser…
Quand je rentrais, je trouvais James déjà à la maison avec la petite. Ils regardaient tous les deux un dessin animé alors pour ne pas les déranger, je préparais le repas et dressais la table. Je les appelais pour manger. La soirée banale ou presque.
Quand Manon fut profondément endormie, je m'installais dans le canapé et me collais à son flanc comme j'en avais dorénavant l'habitude. Ce ne fut qu'au moment de me coucher que je compris pourquoi un certain malaise grandissait en moi. Nous ne nous étions pas embrassés une seule fois, il n'avait parlé qu'à table et les petites caresses sur le bras qu'il faisait par automatisme quand nous regardions la télé, avaient disparu.
Et… il ne m'avait pas proposé de venir dormir avec lui. Alors qu'hier soir… Quand je sortis de la salle de bains, mes boyaux se contractèrent. Toutes les lumières étaient éteintes et la porte de sa chambre fermée. Ce qui ne pouvait dire qu'une seule chose : je dormirais seule.
Le mardi l'ambiance fut encore plus lourde. Dès le réveil, je vis qu'il était prêt à partir travailler. Les seuls mots qu'il m'adressa furent pour me dire qu'il déposait Manon et irait la chercher. Devais-je comprendre que je n'étais plus la bienvenue ? Que je devais partir ? Lui qui samedi me disait…
Au troisième regard noir, Emma comprit qu'elle ne devait pas insister pour savoir la raison de ma mauvaise humeur. Je ne décrochais quasiment pas un mot de la journée. Tout comme le mercredi matin où je ressassais la soirée de la veille qui avait eu lieu dans une atmosphère encore plus pesante que celle du lundi.
A la sortie du premier cours de l'après-midi, le professeur m'interpela et me demanda de rester pour que nous discutions. Je serrais les dents, consciente que je n'étais pas à prendre avec des pincettes aujourd'hui et qu'un rien pourrait me faire basculer en furie ou, au contraire, en pleurnicheuse.
- Melle Evans, est-ce que votre ami vous a parlé de mon coup de téléphone lundi ? Non, parce qu'il faudrait une réponse avant la fin de la semaine !
- Votre coup de téléphone ?
- Oui, au sujet de votre départ en Ecosse !


Commentaires
le 26-01-2012 à 12:21:15
le 26-01-2012 à 12:53:01
le 26-01-2012 à 12:54:11
le 26-01-2012 à 13:58:26
Maintenant je suis soulagé et je dis que James n'est qu'un idiot et qu'il aurait du lui parler au lieu de lui faire la tête!!!!
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26-01-2012 à 15:03:30
le 26-01-2012 à 16:00:53
Aah mais c'est pour ça qu'il a fait semblant de tout oublier! Parce qu'il lui en veut !
Mais quel gamin! Il pourrait tout simplement lui en parler comme un adulte...
le 26-01-2012 à 16:06:38
Allez, une petit dispute, on boude un peu et on se réconcilie dans un lit :-p Hahaha (non non je ne suis pas perverse :-p)
Hate de lire la suiiite =)
A mardiii
le 26-01-2012 à 16:55:16
Franchement je m'y attendais pas à la fin x)
Super chapitre, une fois encore :D Gros bisous !!!
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26-01-2012 à 17:15:21
Bisous
le 26-01-2012 à 17:51:23
Il faut vraiment attendre mardi ? Vraiment ? Hihi
le 26-01-2012 à 18:01:37
Bis
A+
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26-01-2012 à 18:04:46
Bisous !
le 26-01-2012 à 18:18:18
bizarre comme réaction je trouve ! James est plutôt sûr de lui d'habitude ! =S
bref c'est l'embrouille et donc elle va partir et du coup ce sera encore plus l'embrouille LOL
bisous ^^
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26-01-2012 à 18:24:26
bisous
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26-01-2012 à 18:49:41
Et pourquoi il lui en a pas parler??
Raaaah trop hâte de lire la suite!!
Bisous! :)
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26-01-2012 à 21:52:30
le 26-01-2012 à 22:17:44
En plus s'il se rappelle qu'il lui a dit "je t'aime" et qu'elle n'y a pas répondu et qu'elle a préféré fuir en Ecosse pour toute réponse, ça va barder! ^^
En même temps, il doit se dire qu'elle a voulu "se débarrasser" de Manon pour pouvoir être plus libre, qu'il n'était donc qu'un coup en passant et qu'elle profite de son opportunité en Ecosse pour pouvoir définitivement tourner la page si e plus on ajoute le fait qu'elle n'ait pas répondu (il a dit "c'est flou" pas "c'est le trou noir!" :p).... Tout parait parfaitement logique et un parfait et digne casse-tête de ces deux là! ^^
Bonne continuation!
Lumina
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27-01-2012 à 14:05:39
Ca va tout briser ! Oh zut ! Pauvre James ! Moi qui commençais à prendre peur à cause de l'attitude de James !
A tous les coup il doit penser qu'elle voulait partir s'en prévenir ou quelque chose comme ça !
Oh zut je sens que sa va me torturer l'esprit jusqu'à mardi !
Sinon le chapitre est super !
Vivement mardi
Bises Lucy !
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28-01-2012 à 19:53:18
mais au lieu de tirer la gueule, James n'aurait pas pu lui parler, ça aurait été trop facile...
le 29-01-2012 à 14:30:05
Vivement la suite!!!
Bisou!