71 - Pour elle
Une semaine. Voilà tout ce qu'il avait pour se décider à prendre des risques, à venir me voir pour en discuter calmement. Une semaine avant que mon cœur n'explose.
- On en parlera plus tard, fit James en se dandinant dans son siège, signe de sa nervosité.
Je vis Remus et Sirius échanger un regard, inutile de dire qu'ils ne paraissaient pas tout comprendre.
- Oui, il faudra qu'on se mette d'accord sur mes visites à Manon.
Je refermais la bouche alors que la bile me montait dans la gorge. Comment pouvais-je paraitre si calme et détachée alors que j'étais déchirée de l'intérieur ? Je mangeais une noix de cajou pour me donner contenance et tachais de m'intégrer à leur conversation. Manon vint s'asseoir sur mes genoux tout en jouant avec une de mes mèches de cheveux.
- Tu as faim ? lui demandais-je doucement.
Elle hocha la tête. C'était si bon de la voir communiquer de nouveau avec nous ! Je me levais et l'entrainais à ma suite dans la cuisine pour préparer le dîner. Je mis à réchauffer le poulet qui se trouvait dans le four et plaçais une casserole d'eau pour faire du riz.
- Lily ?
Je sursautais violemment. Remus se tenait dans l'embrasure de la porte avec un léger sourire d'excuse sur les lèvres. Je lui fis un sourire pour l'inviter à entrer dans la cuisine ou tout du moins à me dire pourquoi il m'avait suivi jusque là.
- Ca te dérangerait de passer me voir lundi soir ?
Je soupirais, sachant pertinemment pourquoi il me demandait ça. Seulement je ne voulais pas reproduire les mêmes erreurs et tout garder pour moi ne causerait qu'une nouvelle crise de larmes et de souffrance.
- Bien sûr ! Je finis le travail à 17 heures, ça te convient ?
- Parfait !
Il entra enfin dans la pièce et se posta à côté de Manon qui avait suivi toute notre conversation. En sentant la main de son « oncle » se poser sur son crâne, elle me quitta des yeux et lui sourit de toutes ses petites dents.
- As-tu besoin d'aide pour le dîner ?
- Non, j'ai mis à réchauffer ce que j'ai trouvé.
J'aurais aimé dire que James devait l'avoir fait dans l'après midi ou à n'importe quel autre moment de la journée, mais son prénom ne pouvait passer la barrière de mes lèvres. Et si j'insistais, je ne savais pas à quoi je ressemblerais… certainement à une fontaine.
- Je vais t'aider à dresser la table, alors.
Je hochais la tête avant de sortir le nécessaire. Je lui tendis assiettes et couverts avant de prendre les entrées dans le frigidaire. Une fois tout prêt, je le laissais prévenir ses amis qui étaient toujours dans le salon à discuter.
- Je te dis que ce poursuiveur ne vaut rien ! s'énervait Sirius. Contre l'Irlande nous n'avons aucune chance si l'entraineur le garde !
Je ris de son attitude, m'attirant son regard.
- Qu'est-ce qui t'amuse ? me demanda-t-il.
- De te voir si excité par un sport.
- Attention mademoiselle ! Ce n'est pas n'importe quel sport ! C'est du Quidditch !
Il pointait un doigt qui se voulait menaçant dans ma direction alors que je riais de plus belle. Je n'avais jamais compris leur enthousiasme pour ce sport. Même à Poudlard, je passais pour folle quand je disais ne pas être intéressée par cette démonstration manifeste de testostérone.
- Excuse-moi, dis-je en m'installant à ma place, mais je n'y trouve rien de bien passionnant dans le fait de voir des adultes sur des balais, se poursuivant pour une balle tandis que d'autres essaient de les faire tomber.
- L'adrénaline, causée par les risques que tu prends là-haut est quelque chose d'indescriptible ! intervint James.
Pendant un moment j'avais réussi à oublier sa présence, à faire comme si tout allait. Seulement sa voix et les frissons qu'elle provoquait, prouvaient que je n'étais pas si indifférente que cela.
- Si c'est pour ne plus prendre aucun risque une fois revenu sur la terre ferme, je ne vois pas l'intérêt.
Mon ton sec avait figé tout le monde. Il n'était plus question de sport dans ma phrase et je savais très bien qu'il avait été capitaine de l'équipe de Quidditch de notre maison. Jack s'en était tellement vanté… Si un doute persistait dans leurs esprits, maintenant tout était clair.
Déçue de m'être laissée aller là où lui paraissait insensible, je me levais en repoussant ma chaise dont les pieds grincèrent sur le sol. Je pris mon assiette et mes couverts.
- Je n'ai plus faim. Si vous voulez bien m'excuser, je vais aller me coucher.
Dans la cuisine, je posais tout dans l'évier et me retournais, me butant à un corps chaud et musclé. Merlin, ce maigre contact avait suffit à réveiller en moi tant de choses… Pourquoi m'avait-il suivi ? Espérait-il réellement que je reste avec eux à le regarder m'ignorer ? Etait-ce cela qu'il désirait ?
- C'est pour cela qu'il faut que je parte, dis-je pour l'empêcher de dire quoique ce soit.
Je le contournais et m'enfermais dans ma chambre que j'isolais au maximum. Ce soir, j'allais de nouveau pleurer sur mon amour perdu. Enfin, à savoir si je l'avais eu un jour ou ne serait-ce qu'une petite heure.
Quand je me réveillais le dimanche, la matinée était presque terminée et mon moral toujours au plus bas. J'avais peu dormi, souvent cauchemardé pour au final m'endormir épuisée sur le petit matin. Je n'en pouvais déjà plus et cela ne faisait pas une semaine. Je m'étendis sur le dos pour fixer le plafond.
Je n'étais pas d'humeur à travailler, ni même à réfléchir. J'avais besoin de me dépenser, de brûler cette peine qui menaçait de m'ensevelir. Remus avait bien fait de me proposer de le voir demain soir, je traiterais le mal à la racine sans lui laisser le temps de faire plus de dégâts. En m'asseyant, je trouvais mon occupation de la journée : faire mes cartons. En espérant que je pourrais ainsi me faire à l'idée…
Une larme coula sur ma joue mais fut vite essuyée d'un revers de la main. Pas question de commencer la journée en pleurant pour lui ou plutôt à cause de lui. Je me levais d'un bond, pris de vieilles affaires et partis prendre ma douche. L'appartement était exceptionnellement calme, nul doute qu'ils n'étaient pas là.
Aussitôt, je partis à l'épicerie du coin pour chercher des cartons vides et demandais où je pouvais en trouver plus. J'en pris une bonne dizaine, les réduisant pour qu'ils puissent tous tenir dans un seul. En ouvrant la porte de l'appartement, je remarquais l'odeur de nourriture. Merlin, je n'avais pas mangé depuis hier midi !
Je sentis quelque chose percuter mes jambes.
- Manon ! Ma puce, comment vas-tu ?
Je laissais tomber sur le sol les cartons et me penchais vers elle pour lui déposer un baiser sur la joue. Elle attrapa mon cou de ses petits bras et je compris que je ne pourrais pas échapper à un câlin dans les règles.
- Tu me laisses enlever mon manteau et porter tout ça dans ma chambre ?
Elle me relâcha à contrecœur avant de s'enfuir vers ma chambre. Je souris de son empressement, remarquant seulement là que James nous observais de la porte de la cuisine. Ses yeux se posèrent à mes pieds, sur les cartons et, pendant un instant, je crus voir de la peine. Non, il ne fallait pas que je me laisse aller à ce genre d'espoir !
Je passais alors à côté de lui, inspirant discrètement son parfum. Dans la chambre, je rejoignis Manon qui s'était allongée sur mon lit et la serrais doucement dans mes bras. Comment allait-elle vivre mon départ ? Que ce soit de l'appartement ou encore de Londres ? Mais après tout, je ne pouvais rester ici pour elle, c'était faire peser trop de responsabilités sur ses épaules. Et rien ne me permettait de dire qu'elle serait plus heureuse ainsi.
Brusquement elle se releva et pointa les cartons que j'avais mis dans un coin de la pièce.
- C'est parce que je vais partir vivre ailleurs, lui dis-je en caressant sa joue.
Elle fronça le nez, visiblement pas contente de ma réponse.
- Ne t'en fais pas, je continuerais à venir te voir ! Mais il faut maintenant qu'on reprenne…
Je m'arrêtais pas sûre de savoir comment finir ma phrase. J'inspirais un grand coup et repris :
- Le monsieur du ministère a décidé que tu vivrais avec Tonton. Je dois donc partir, mais on se verra dès que tu en auras envie. On ira au zoo !
A ce mot, elle me dédia un sourire qui n'était pas franc mais me rassura. Cette semaine, j'allais tout faire pour qu'elle prenne bien mon départ. Dès demain, je demanderais à Remus comment faire.
- Les filles, le repas est prêt ! cria James au loin.
J'aurais aimé ne pas y aller, rester dans ma chambre à ruminer et ranger, mais Manon ne m'en laissa pas le choix. Je devrais faire comme si tout allait. Comme si mon cœur ne saignait pas. Comme si je n'avais pas cette envie lancinante de pleurer.


Commentaires
le 07-02-2012 à 10:17:06
A jeudi :)
Bisous !
site/blog
07-02-2012 à 10:32:12
Lequel des deux va finir par abandonné ? Lily ou James ? Sa serait bien que ce soit Jamie.
J'espère que Rem' pourra lui donner de bon conseilles !
Bisouuus.
site/blog
07-02-2012 à 10:32:12
Lequel des deux va finir par abandonné ? Lily ou James ? Sa serait bien que ce soit Jamie.
J'espère que Rem' pourra lui donner de bon conseilles !
Bisouuus.
le 07-02-2012 à 12:11:51
le 07-02-2012 à 14:46:45
Ca arrangerait tellement de choses !
Pauvre Manon! Au moment ou elle commence a retrouver sa joie de vivre ca se recomplique ! :/
le 07-02-2012 à 15:27:21
le 07-02-2012 à 18:31:15
Vivement la suite!
Bisou!
site/blog
07-02-2012 à 18:35:03
Mais qui va donc craquer le premier ? ^^
Vivement Jeudi !
site/blog
le 07-02-2012 à 18:44:07
le 07-02-2012 à 19:15:45
ce sont censés être des adultes qui doivent prendre soin d'elle !!
bref James est malheureux Lily aussi et Manon ne comprend rien !!
La suiiiiite ^^ bisous
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07-02-2012 à 19:59:55
Et James qui ne réagit pas, ça aide pas!
J'espère qu'ils vont se bouger le c*l très très vite!!!!
Vivement la suite!!!
Bisous
site/blog
07-02-2012 à 20:40:14
le 08-02-2012 à 20:46:04