72 - S'ouvrir aux autres
Le reste du dimanche se déroula rapidement. Enfin en quelques sortes. J'avais bien avancé dans mes cartons, en profitant pour faire le ménage dans mes affaires.
Je retrouvais sa chemise que j'avais emportée avec moi pendant ce weekend fatidique. J'inspirais un grand coup son odeur que j'avais fixée sur le tissu à l'aide d'un sort et décidais de la garder encore un peu. Je n'étais pas prête à faire le deuil de tout cela, seulement je ne voyais pas comment me battre pour le récupérer.
Le lundi matin, je me rendis à la fac avec une joie non-dissimulée. J'avais besoin de m'éloigner de l'appartement et la présence d'Emma me suffisait pour penser à autre chose. Elle me divertissait avec ses blagues un peu lourdes, me parlait des derniers potins comme si cela m'intéressait au plus haut point et pourrait s'avérer important pour ma survie…
- Que fais-tu cet après midi ? me demanda-t-elle alors que nous faisions la queue au restaurant universitaire.
- Je reprends le travail !
- Ca va te faire du bien, dit-elle en hochant la tête gravement.
Ce ne fut qu'en voyant Franck devant moi que je réalisais que cela ne me ferait peut-être pas autant de bien que cela. Des souvenirs de Maureen venant me chercher pour boire un verre ou tout simplement faire les boutiques me revinrent. Et puis au fil du temps, ce fut les souvenirs de cet été qui défilèrent dans ma tête. James et ses crises, James et ses sous-entendus… James et son sale caractère.
Quand je quittais mon travail, j'étais finalement profondément troublée. Etait-ce réellement une bonne chose que je continue ? Mon moral ne risquait pas d'en prendre un coup ?
Sur le chemin du cabinet de Remus, je m'arrêtais à une boulangerie pour y acheter un goûter bien sucré. Je le dévorais en peu de temps dans la salle d'attente sous le regard amusé de l'assistante. Une porte s'ouvrit sur un homme qui se précipita dehors sans un regard.
- Bonjour Lily ! s'écria Remus avant de me laisser entrer dans son bureau.
Je souris de la joie qu'il affichait de me voir là alors qu'il avait lui-même proposé ce rendez-vous samedi.
- Assieds-toi !
Je pris place sur le fauteuil qu'il me montrait posant mon manteau sur mon sac à terre. Je croisais mes mains sur mes genoux, cherchant à deviner si je devais commencer moi-même la conversation ou au contraire le laisser diriger.
- Comment vas-tu ? me demanda-t-il après avoir refait un stock de parchemin.
- Bien, et toi ? dis-je automatiquement en le voyant noter la date et mon nom dans le coin supérieur de son bloc.
Il me sourit légèrement avant de me répondre :
- Préoccupé.
Je haussais un sourcil, l'encourageant à continuer.
- En une semaine, un couple d'amis est passé de la romance au froid le plus polaire.
Je grimaçais. Voilà qui était entrer dans le vif du sujet !
- Justement, j'aimerais voir avec toi ce que je dois faire pour Manon, dis-je.
- Et moi, j'aimerais qu'on prenne les choses dès le commencement…
Je soupirais et lui racontais mon séjour en Ecosse avec la faculté. Les propositions que j'avais reçues et mes craintes que ce ne soit que du vent. J'enchaînais sur le rendez-vous au ministère qui m'avait fait mettre de côté cela et enfin le coup de téléphone de mon professeur.
- Pour la garde de Manon, qu'est-ce qui t'a décidé à la laisser à James ?
Stupéfaite qu'il se soit arrêté sur cette information parmi toutes les erreurs que j'avais commises ces dernières semaines, je lui expliquais :
- Quand Manon sera en âge de poser des questions, James pourra y répondre mieux que moi. Je n'ai pas beaucoup connu son père, et même si j'étais très proche de Maureen, je pense qu'il pourra aussi lui en parler. Et puis, de toutes les histoires de famille… Tous les souvenirs que je serais incapable de lui donner. Et puis…
- Et puis ?
- Et puis, James m'avait dit que quelque soit la décision du juge, nous resterions ainsi… Je n'avais pas pensé que mon stage le ferait réagir de la sorte.
- Tu peux comprendre qu'il a eu peur.
- Oui, peur de tomber amoureux et que je me serve de lui comme je l'ai fait avec Jack, crachais-je écœurée en repensant à cela.
- Peur de te perdre.
Je le regardais, partagée entre l'envie de rire et de pleurer. Me perdre ? Mais il avait tout fait pour cela, et il le faisait encore !
- C'est vrai que rompre était le meilleur moyen de ne pas me perdre !
Il posa son bloc à ses pieds et se pencha en avant.
- Je ne devrais pas te dire cela. Nous sommes là pour parler de toi mais il y a une chose que tu dois te mettre en tête, Lily. James t'aime.
Je baissais les yeux pour cacher les larmes qui se formaient.
- Je ne l'ai jamais vu ainsi. A vrai dire, quand il était avec nous aucune de ses petites amies n'étaient là. Alors de là à les embrasser devant nous ! Il tient à toi mais ne sait pas comment faire.
- Parce que moi, je sais peut-être ? m'énervais-je.
- Pourquoi cherches-tu à partir de l'appartement ?
Je sentis une larme couler le long de ma joue.
- C'est si dur de le voir m'ignorer. De le voir continuer à vivre comme si de rien était alors que j'ai si mal.
Je pris le mouchoir qu'il me tendait avant de reprendre.
- Je voulais juste qu'on reste ensemble, qu'on gère mon absence qui nous aurait permise de savoir où nous en étions réellement. Mais quand il m'a comparé à toutes ses femmes qui lui courent après…
Un sanglot m'échappa.
- Je veux juste qu'il réagisse.
Et il le fit.
Le mardi soir alors que je jouais avec Manon dans le salon, il rentra plus tôt que d'habitude et nous rejoignit sur le tapis. Il fit une construction tordue d'un château de conte de fées que la puce s'empressa de détruire en riant. Elle était si pleine de vie que j'espérais de nouveau que les conseils que m'avait donnés Remus, marcheraient. Je ne voulais pas qu'elle souffre de mon absence. Surtout que j'avais prévu de rentrer sur Londres certains weekends.
- Je vais lui donner son bain, dis-je.
- Je vais préparer le dîner.
Les premiers mots que nous nous adressions. Et pas les derniers contrairement à la veille. Une fois la petite couchée, je m'installais dans le canapé pour regarder les informations télévisées. Je pensais qu'il ferait comme lundi et irait s'enfermer dans sa chambre, au lieu de ça, il prit place à mes côtés. Quand le générique de fin s'afficha sur l'écran, il se saisit de la télécommande pour couper le son.
- J'aimerais te parler.
Belle entrée en matière mais ses coups d'œil fréquents à table, et le fait qu'il ait éteint le son, m'avaient déjà alertée de la chose. Sachant très bien qu'il ne poursuivrait pas si je ne lui faisais pas face, je me tournais vers lui tout en évitant de le regarder dans les yeux.
- Reste ! Ne déménage pas !
La véhémence qu'il avait mise dans ces quelques petits mots, me fit perdre toutes mes résolutions de ne pas croiser son regard et, pendant un instant, je me laissais à espérer.
- Je suis sûr que nous pouvons trouver un moyen de cohabiter tous les deux.
Cohabiter. Mon cœur encaissa. Ma mâchoire se contracta.
- Il nous suffit d'agir en adultes et de ne pas laisser… cette histoire gâcher ce que nous avions.
- De… Qu'attends-tu de moi ? demandais-je pas certaine de comprendre.
- Que tu ne l'abandonnes pas !
Manon. Il ne parlait que d'elle. Et nous ? Réalisait-il à quel point cette situation allait nous… enfin me miner ?
- Je ne l'abandonne pas. Je serais toujours là pour elle, répondis-je sèchement en me levant du canapé.
- Non tu ne seras pas « toujours » là pour elle ! Que ferais-je quand elle te réclamera la nuit ? s'écria-t-il en se levant à son tour. Ou encore le jour où je devrais lui expliquer pourquoi tu es partie sans un regard !
- Tu m'avais promis qu'on ne se quitterait jamais ! m'écriais-je en refusant de porter tous les torts.
- C'est toi qui pars !
- Parce que tu crois que je peux rester là en te regardant faire comme si je n'étais rien ? Tu veux quoi ? Que j'attende ton bon vouloir ? Que j'espère indéfiniment que tu changes d'avis ou mieux encore que tu me présentes la femme qui m'aura remplacée ?
Je le repoussais pour passer et quitter le salon. Sur le seuil, je m'arrêtais et vidais ce qui me restait sur le cœur :
- J'avais cette peur en moi, ces doutes. Je t'en ai fait part parce que c'était ce que tu voulais. Parce que pour construire quelque chose ensemble, on doit se dire ce qu'on a réellement sur le cœur. Et toi, qu'as-tu fait ? Tu m'as abandonné ! Exactement ce que tu disais ne jamais faire encore quelques jours avant ! Tu as pris la première raison qui tombait pour revenir sur ta parole.


Commentaires
le 09-02-2012 à 11:46:31
Bises
le 09-02-2012 à 11:47:34
Bisou
site/blog
09-02-2012 à 12:37:11
Allez !! courage ! :-p
Bisous mily
le 09-02-2012 à 13:16:59
le 09-02-2012 à 13:23:16
Vivement mardi
Bisous
site/blog
09-02-2012 à 14:09:31
Je vais de ce pas lire LàE !
Bisous
le 09-02-2012 à 16:22:15
Enfin bref même si James à eut une bonne initiative, Lily a raison...
Faut pas qu'il la laisse partir!!!
Vivement la suite!
Bisousss
le 09-02-2012 à 17:37:18
bisous
le 09-02-2012 à 22:13:43
site/blog
09-02-2012 à 22:26:26
site/blog
10-02-2012 à 10:02:14
Ils sont désespérant !
Bisouuus et vivement Mardiiii.
site/blog
10-02-2012 à 22:23:24
James doit rectifier le tire là^^ !
Vivement mardi ^^
Merci pour ce super chapitre Mily ^^
site/blog
13-02-2012 à 21:27:09
Pour ce chapitre, je n'ai qu'une chose à dire : Que James la prenne dans ses bras ! :D
Vivement la suite ! ... Ah c'est demain ! xD
Bisooo