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Je me baissais au niveau des enfants pour les saluer et me présenter. Le garçon, bien plus téméraire que sa sœur, me tendit sa main pour que je la serre, ce que je fis immédiatement. Comprenant que sa jumelle ne parlerait pas, il me dit son prénom et commença à joyeusement raconter sa journée pendant laquelle il avait fait toutes sortes de choses.

 

Il se montra très loquace et décrivit avec une passion toute enfantine sa récréation de l'après midi. Sa sœur se contenta de m'observer à la dérobée tout en suivant sa mère.

 

Arrivés à l'appartement, j'aidais à préparer le goûter et tentais de nouer le contact avec la petite qui finit par me raconter à son tour ce qu'elle avait fait de sa récréation. Une fois fini, je les aidais à réciter leur leçon avant de m'asseoir sur le sol pour jouer. Quand l'heure du départ eut sonné, je me levais à regret et suivis leur mère dans l'entrée alors qu'ils rangeaient leur chambre.

 

- Il serait mentir que de dire que mes enfants n'ont pas apprécié votre compagnie, commença-t-elle en cherchant dans son portefeuille.

 

Je souris en me rappelant ces deux heures passées au chaud et en agréable compagnie. J'avais toujours aimé les enfants et ces deux-là étaient très attachant.

 

- Il nous arrivera très certainement de sortir le soir en tête-à-tête avec mon mari. Pensez-vous pouvoir venir ?

 

- Bien sûr, répondis-je en sentant un vague espoir m'envahir.

 

- Pourrais-je avoir notre numéro de téléphone pour vous joindre ?

 

- Je n'en ai pas.

 

- Vous n'avez pas du tout le téléphone ?

 

Je secouais la tête. A priori, Marcel devait avoir oublié de lui que je vivais dans la rue. Ce qui en plus de lui déplaire, allait me coûter ce travail à n'en pas douter !

 

- Et vos parents ?

 

Mes parents… Il était sûr qu'en répondant à cette question, les suivantes seraient en ma défaveur. Mais je n'avais pas d'autres choix :

 

- Ils sont morts, il y a trois ans.

 

Son visage se ferma instantanément.

 

- Où vivez-vous ?

 

Et voilà. Fini d'espérer.

 

- Dans des centres d'accueil.

 

Inutile de lui dire que je réservais les centres d'accueil à l'hiver ou aux nuits bien trop froides ou humides. Lui dire que je dormais près d'un chantier abandonné la plupart du temps la choquerait.

 

- Vous êtes…

 

Je la vis bouger les lèvres, chercher ses mots sans en prononcer un seul. Elle n'arrivait pas à croire que je puisse être une clocharde. Que notre bon vieil ami commun lui avait proposé une sans-abri pour garder ses enfants. Et pourtant…

 

- Oui, répondis-je. Je fais des petits boulots pour Marcel et pour d'autres commerçants du quartier, si vous avez besoin de recommandations.

 

Je la vis reprendre contenance puis regarder autour d'elle. Que craignait-elle ? Que je la vole ? Que je l'agresse ?

 

Son fils entra dans la pièce avec une de ses petites voitures à la main.

 

- Liam, tu es encore là ! Viens, je t'ai pas montré ma voiture téléguidée !

 

- Non ! s'écria sa mère qui venait de revenir parmi. Il doit partir. Il a des choses à faire.

 

- Tu reviens demain ? me demanda le petit en souriant.

 

- Non plus ! Va dans ta chambre, avec ta sœur, maintenant.

 

Ma gorge se serra. Tout s'était bien passé. Et je pouvais dire sans me tromper que j'étais quelqu'un d'honnête mais elle s'arrêtait à l'étiquette « sdf », celle qui m'enlevait tout espoir alors qu'il ne me restait plus grand-chose à part ça.

 

- Un collègue de mon mari nous a proposé sa fille…

 

Je relevais la main pour l'arrêter dans son explication.

 

- J'ai compris, dis-je en prenant mon sac que j'avais laissé à l'entrée en arrivant. Je vais vous laisser.

 

- Tenez !

 

Je regardais le billet. Il y avait le double de ce que je méritais. Je n'avais pas travaillé suffisamment pour le prendre surtout qu'elle était restée perpétuellement avec nous.

 

- Je ne veux pas de votre charité, dis-je en ouvrant la porte. C'est d'un travail dont j'ai besoin. Bonne soirée.

 

Je refermais doucement derrière moi pendant qu'elle regardait l'argent qu'elle tenait toujours. Ma fierté, foutue fierté. Si elle m'avait donné la somme correcte, je l'aurais sans doute prise mais là… Je me sentais plus humiliée par son geste que par ses paroles.

 

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09-02-2012 | 550 vues

Commentaires


Margot
le 09-02-2012 à 11:46:09
Vive les clichés!! Forcément sans argent, veut dire voleur!!!

Pauvre Lily!!!

Vivement la suite! Bisou
céline
site/blog
09-02-2012 à 12:40:14
Ohh ma pauvre lily !!

Vivement l'arrivé de James héhéhé !!

Bisousss
choupinette
site/blog
09-02-2012 à 13:38:59
En même temps, il fallait s'en douter. Les préjugés ont la peau dure.
Comme Céline, j'ai hâte de l'arrivée de James.
bisous
Clo
site/blog
09-02-2012 à 13:39:54
Super !
Même commentaire que Céline : vivement l'arrivée de James ! J'ai hâte de savoir comment et quand il va faire son entrée ;)
Caramélisé
site/blog
09-02-2012 à 14:12:44
Oh pauvre Lily ! Elle me fait trop de peine la pauvre :(
J'attends aussi l'arrivée de James avec impatience!
silvermirror lily
le 09-02-2012 à 16:36:09
Forcément... vu l'attitude de la mère ("très sophistiquée") fallait s'en douter...
Moi aussi j'ai hâte que James arrive!!!!!!!!!!!!!!!!! :D
Bisoussss
Mea95Gryffondor
le 09-02-2012 à 17:24:26
çà paraissait trop beau pour être vrai ce job =S j'espère qu'elle va avoir une bonne nouvelle dans le prochain chapitre parce que là !! c'est dur =(Vivement James
Bella Black
le 09-02-2012 à 21:34:21
Je peux comprendre la crainte de la femme, elle lui laisse ses enfants, mais après tout ça s'était plutôt très bien passé et Lily n'avait pas eu l'air de vouloir les faire griller pour son diner :-P
Drey
site/blog
09-02-2012 à 22:39:28
Oh c'est horrible ! d'un côté, ouais je comprends la mère, mais bon comme l'a dit Bella Black, ça c'était quand même bien passé... dommage pour Lily :/ vivement l'arrivée de James ! :D Bisouus !
mimie
le 10-02-2012 à 09:05:39
Je comprends les deux points de vue... c'est sûr que nous on sait que Lily ne ferait jamais rien de mal et que ce n'est pas parce qu'on est pauvre qu'on est forcément une psychopathe tueuse d'enfants en puissance :D
Mais je comprends aussi qu'en tant que mère, on est déjà inquiète à la base pour faire garder ses enfants. Donc par un inconnu qui vit dans la rue, je comprends qu'on puisse hésiter. Après, les enfants ont bien accroché avec elle, alors peut être que plus tard...
En tous cas, vivement l'apparition de James ! ^^
Lily
site/blog
10-02-2012 à 09:54:52
Sa ne m'étonnes même pas.. C'est vraiment déguelasse ! Mais se que dit mimie est tout à fait vrai.
Bisous !
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