Chez Mily

Chez Mily

Az 18

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Est-ce que j'ai conscience du danger ? Il y a quelques mois, j'aurais répondu « oui » sans l'ombre d'un doute ou d'une hésitation. Quelques heures avant cette bagarre la réponse était moins certaine mais toujours là.

 

Mais plusieurs jours après, alors que je l'attends pour sa visite mensuelle, je ne suis plus sûre de rien. Et ce pour plusieurs raisons…

 

Tout d'abord, le fait qu'il soit mangemort. De tous ceux qui se réclament de ce groupuscule, il est celui qui en est le plus opposé. À vrai dire, il n'a jamais dit appartenir aux sbires de Voldemort. Il a même souvent parlé d'un troisième homme lors de l'attaque…

 

Etait-ce une vaine tentative pour être innocenté du meurtre de mes parents ou alors disait-il la vérité ? Et puis, s'il n'était pas un mangemort pourquoi les autres détenus le craindraient-ils autant ? Ils ne se comportent pas de la même façon avec lui qu'avec Lestranges par exemple. Lui, il est très clair que tout le monde le craint.

 

Il est antipathique, vulgaire. Mais aussi agressif et hautain. Physiquement sa colère, sa rage et ses préjugés transparaissent alors que…

 

Je secoue la tête, consciente que je mets presque Potter sur un piédestal. C'est vrai qu'en comparaison de Lestranges, la majorité des hommes parait bien pensante et bien portante…

Tout de même, je ne dois pas perdre de vue qu'il a tué mes parents. Pour une raison qui m'est encore inconnue, il a mis fin à leurs vies.

 

Je me lève pour me planter devant ma fenêtre. De là, je peux voir deux gardes observer les alentours tout en ayant un aperçu de la cour où des prisonniers joue à la balle.

 

Même les gardiens quand on y pense. Eux aussi se comportent différemment avec Potter. Ils se montrent polis et courtois avec lui. Il est clair qu'ils le respectent.

 

- Visite mensuelle !

 

Je sursaute en entendant la voix bourrue du gardien.

 

- Faites-le entrer, dis-je en lissant ma blouse.

 

Pourquoi est-ce que je réagis ainsi quand il est dans les environs. Je me suis même surprise ce matin à vouloir être jolie. Pourquoi ? Comment en suis-je arrivée là ? Il a tué mes parents et je me soucie de lui… Peut-être Boris avait-il raison de se méfier de lui… Mais pas pour les raisons qu'il m'a données.

 

Il entre enfin et s'installe. Son arcade a bien cicatrisé. Il a toujours autant de charme malgré son air de plus en plus désabusé.

 

- Bonjour monsieur Potter.

 

- Mademoiselle Evans.

 

Sa voix est terne mais j'y discerne tout de même un petit sourire. Le gardien nous regarde d'un air bienveillant, à tel point qu'il serait aisé d'oublier les circonstances exactes de ce rendez-vous.

 

- Comment allez-vous ?

 

Il hausse un sourcil mais je sais qu'il ne répondra pas.

 

- Et vous ?

 

J'ai envie de lui redemander pour mes parents. Mais la question me parait hors-sujet. Comme si je n'étais pas devant la bonne personne. Celle qui pourrait répondre. Et voilà, j'en reviens à mes questions existentielles. À celles qui me tourmentent depuis la bagarre, depuis que j'ai dans l'idée qu'il ne peut être suffisamment sans cœur pour tuer de sang-froid.

 

Je le fixe un moment et décide de faire comme lui. J'hausse un sourcil et m'approche de lui, mon brassard dans les mains pour lui prendre la tension.

 

- Avez-vous des nouvelles ?

 

Je me fige. Il sait. Il se doute que j'ai pris des nouvelles de son partenaire. Cela aussi je ne peux me l'expliquer. Pourquoi je perds mon temps à prendre des nouvelles de cet auror. D'accord, il était là quand mes parents sont morts mais, finalement, il ne les a pas sauvés. Il n'a rien fait pour empêcher…

 

Je sais que ce n'est pas charitable de dire cela d'un homme qui a été blessé lors de l'attaque mais… il est encore en vie lui ! Pourquoi ?! Je ferme les yeux et réponds :

 

- Il est toujours dans le coma.

 

Silence.

 

Il est vrai qu'à l'hôpital il existe toutes sortes de potions pour faire sortir quelqu'un du coma. Alors pourquoi toutes ont échoué dans son cas… aucune idée.

 

- Vous savez le nom du médicomage qui le suit ?

 

- Le docteur Rosier, pourquoi ?

 

Je le vois se raidir. Ma réponse a l'air de profondément lui déplaire…

 

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16/01/2013
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