Chez Mily

Chez Mily

Az 39 J

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- Que veux-tu manger ?

 

Je lui fais un mouvement de tête vague. Je me moque bien de ce qui se trouvera dans mon assiette. Ce sera toujours meilleur qu'à la prison, meilleur que seul dans mon appartement. Je l'aide à mettre la table et m'installe en face d'elle sans savoir de quoi parler. Si je peux lui demander comment s'est passé son après-midi. Alors à la place, je fais honneur à ce qu'elle nous a préparé.

 

Après manger, je lave la vaisselle et me presse pour pouvoir regarder la télévision à ses côtés. Enfin regarder… J'essaie surtout de ne pas penser à la femme assise près de moi. À tout ce que j'aimerais dire ou faire. Je me demande aussi pourquoi nous ne nous connaissons pas de Poudlard. Mon esprit s'embarque sur tout un tas de spéculations qui mènent toutes à la même conclusion : je l'aurais draguée.

 

Et je me serais certainement pris une veste ! Je tente de cacher le sourire qui me vient. À l'époque de Poudlard, j'étais impatient. Surtout avec les filles. Lily m'aurait vite remis à ma place, mais mon égo m'aurait dit de la fuir.

 

Je me tourne vers elle pour observer son profil, son nez légèrement retroussé, ses pommettes où quelques tâches de rousseur m'attirent comme des aimants… Quant à ses lèvres… La voir les mordiller me donne des idées.

 

- Pense à autre chose, Lily…

 

Il n'est pas difficile de savoir à quoi elle pense. La situation est si étrange que personne de normalement constitué resterait de marbre. Et puis, je me plais à croire qu'elle éprouve un début d'attirance pour moi, ce qui complique encore plus le tout.

 

Sa main vient se poser sur ma joue pour la caresser tendrement. Le moment est trop doux pour que je ne me doute pas de la suite, pourtant, je ne fais rien pour l'empêcher. Quand elle se penche vers moi ou encore quand ses lèvres touchent les miennes, je ne trouve ni la force ni l'envie de la repousser. Je la laisse faire, je ne veux pas l'effrayer, je veux savoir jusqu'où elle va aller.

 

Ce n'est qu'en la sentant se coller contre moi tout en gémissant que je me décide à réellement participer. Ma main glisse dans ses cheveux pour lui interdire toute fuite. Ce baiser sera peut-être le seul alors je le veux éclatant. Je mêle urgence, désir et tendresse. Ne pas lui faire peur… Mes mains suivent ses flancs jusqu'à ses hanches pour la faire s'asseoir sur mes cuisses.

 

Elle brise notre baiser pour m'embrasser le long de ma mâchoire, jusqu'à mon oreille ce qui me fait grogner… Il faut qu'on arrête, avant d'aller trop loin. Je l'embrasse, mordille sa lèvre inférieure avant de réaliser que nous sommes déjà allés trop loin.

 

- Arrête, ma belle !

 

Je pourrais croire qu'elle ne m'a pas entendu si ses intentions ne s'étaient pas raffermies. Elle me veut, je le sens et en suis fier. Sauf que je ne suis pas quelqu'un pour elle, pas pour l'instant…

 

- Pas comme ça, Lily, lui dis-je en la repoussant.

 

La tristesse que je lis dans ses yeux me blesse et je comprends qu'elle se méprend. Je pose mon front contre le sien pour garder cette ambiance câline le plus longtemps possible :

 

- Attendons que tout soit rentré dans l'ordre.

 

- Et si on n'y arrive pas ?

 

Je ferme les yeux. J'y ai pensé. Cela me tuerait. Et ce n'est pas forcément une figure de style. Je ne sais pas si je survivrai à toute cette affaire, si ma réputation ne sera pas définitivement ternie… Je ne peux pas lui imposer cela. Et je ne le ferai pas.

 

- On verra à ce moment-là.

 

Elle n'est pas dupe, mais n'ajoute rien. De toute façon, ce serait parler pour ne rien dire. Elle gigote sur mes cuisses pour en redescendre, exacerbant mon désir. Mes mains sont toujours sur elle, pour maintenir un contact qui ne pourra pas se reproduire avant… Je retiens un soupir avant de finalement l'aider à se remettre sur pieds, sans pour autant la suivre dans la chambre. J'ai besoin de me remettre les idées en place. De mettre de la distance entre nous tant que j'en suis encore capable.

 

Je commence à parler de la publicité qui passe justement à l'écran. Pour me changer les idées et éviter de lui sauter dessus. C'est dur, mais bientôt la conversation se fait passionnante et mon envie de la tenir dans mes bras se calme.

 

Au moment de se coucher, je retourne dans la chambre et m'installe dans le fauteuil. Il est hors de question que je dorme dans le même lit qu'elle. Impossible de ne pas me rapprocher de son corps… de ne pas la serrer contre moi.

 

Le dimanche est tout aussi tendu entre nous, mais je ne cède pas. Pour m'occuper l'esprit et les mains, je lave la vaisselle que nous avons utilisée pour dîner quand un grand cri me fait sursauter :

 

- James !

 

Brusquement, tout un tas de scénarios prennent vie dans ma tête. Tous incluant des mangemorts et des Avada Kadavra.

 

- Il ne va pas tarder à se réveiller !

 

Je sens un sourire fleurir sur mes lèvres, une partie de mon attente va prendre fin. Je vais savoir si j'ai une petite chance de me sortir de ce guêpier.

 

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14/02/2013
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