Chez Mily

Chez Mily

Az 6

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Mes parents sont morts depuis plus de trois semaines. Le vide qu'ils ont laissé dans mon cœur est toujours là. Certains soirs, je regarde mon téléphone. J'aimerais téléphoner à Petunia. Mais je respecte son besoin de s'éloigner. Je lui enverrais une carte pour son anniversaire. Pour qu'elle se rappelle que j'existe. Que je l'aime.

 

Je soupire. Elle me manque presqu'autant que mes parents. Juste un peu moins parce que je sais qu'elle est quelque part en ville. En vie. Que si je voulais la revoir il me suffirait d'aller à son travail. Ou encore à son appartement. Qu'elle m'accueillerait certainement à bras ouverts. Mais ce ne serait pas respectueux.

 

Alors j'attends. Qu'elle m'envoie un signe. Et petit à petit, je plonge dans une petite torpeur. Je m'en rends compte, mais je ne fais rien pour l'éviter. Parce que j'attends. J'attends Petunia mais aussi cette fameuse rencontre.

 

Il n'y a pas eu d'incidents à déplorer avec lui depuis son arrivée. Pas de bagarres. Pas de blessures. Je dois donc attendre d'avoir une raison pour le voir. Pour juger en personne de… Je secoue la tête refusant de parler d'homme dans son cas.

 

J'y pense tellement qu'il m'est difficile de parler d'autre chose. Et là, c'est Boris qui en fait les frais.

 

La veille, nous nous sommes sérieusement disputés. Il cherche par tous les moyens à me faire changer d'avis. Il veut que je quitte mon travail. Que j'aille à l'hôpital ou dans une structure saine. Parce que pour lui la prison n'est pas un endroit pour moi.

 

J'admets qu'il dit cela parce qu'il m'aime. Qu'il ne veut que mon bien. Seulement, pourquoi ne comprend-il pas que j'ai besoin de ça pour avancer ? De me confronter à cet individu. Que ce n'est pas en appelant Annie à son secours que j'irai contre ma volonté.

 

Elle l'a compris. Elle m'a aussi dit que je faisais une bêtise en voulant le voir face-à-face. Et le soigner ? Elle a eu des arguments chocs. Comment prendre soin de lui alors qu'il a du sang sur les mains ? Comment ne pas prendre soin de lui et risquer de perdre mon diplôme ?

 

- Mademoiselle Evans, voici un prisonnier qui s'est coupé.

 

Je regarde le docteur suivi par un gardien et un détenu que je connais très bien. Et pour cause, il s'agit là du pire de tous. De celui qui me fait froid dans le dos et que je suis ravie de savoir bien au chaud ici. Bien que je préférerais le voir se faire câliner par un détraqueur.

 

- Monsieur Lestranges, dis-je avec un petit sourire crispé.

 

Il appartient lui aussi à ce groupe qui se fait appeler « mangemort ». Il a plusieurs meurtres à son actif mais aussi beaucoup d'autres dont les preuves ont bizarrement disparu.

 

- Je ne veux pas de la Sang de Bourbe !

 

Charmant. A chaque fois, c'est la même chose. Je crains même que le Dr Jeffries ne se fasse un plaisir de me le confier rien que pour cette réaction de pur dégoût que Lestranges affiche en me voyant dans la même pièce que lui.

 

- Vous n'avez pas le choix sur ce point, monsieur Lestranges, répond mon supérieur. De plus, elle est ma meilleure infirmière alors réjouissez vous plutôt qu'on vous soigne du mieux possible.

 

Le gardien sourit discrètement tandis que le détenu prend place sur la table d'examen. Je vais me désinfecter les mains, enfile des gants et retourne avec le nécessaire de suture.

 

- Je n'ai que deux points à vous faire.

 

Il grogne mais n'ose pas dire un mot de plus. Pour d'évidente raison de sécurité, je n'ai pas le droit d'utiliser ma baguette en présence d'un prisonnier. Il ne faudrait pas que l'un d'eux me la dérobe et quitte la prison. Je dois donc œuvrer la plus part du temps comme une bonne moldu ou avec des potions enfermées à triple tour dans un placard dissimulé.

 

Une fois débarrassée de cet odieux personnage, je m'assois à mon bureau et ferme les yeux un instant. Il est si dur de côtoyer ces hommes maintenant que je fais partie des victimes indirectes.

 

Soudain, quelqu'un frappe à la porte. L'un des gardiens passe sa tête pour me dire qu'il a un détenu avec lui. Pour la visite mensuelle.

 

Je fronce les sourcils. Je n'ai jamais entendu parler de « visite mensuelle ». Nous voyons les détenus quand il y a une raison médicale, et déjà ainsi nous ne manquons pas d'occupation alors des « visites mensuelles » !

 

- Faites-le entrer !

 

Je tâche de prendre un visage normal, voir impassible.

 

J'entends le gardien grogner un « entre » et refermer la porte. Quand je me retourne, j'ai le choc de ma vie. Ce visage. Je le connais. Je l'ai vu sur la une de la gazette du sorcier…

 

- Présente-toi à la dame, siffle le gardien en le bousculant.

 

Les mains entravées, il n'en reste pas moins imposant. Il jette un regard noir au geôlier avant de se tourner vers moi le visage impassible.

 

- James Potter.

 

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17/12/2012
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