Chez Mily

Chez Mily

Bonus (JPE J) 10

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Nous avions alors tout fait pour qu'elle se calme. Un vrai travail d'équipe qui n'avait pas fonctionné. Pourtant nous y avions mis toute notre volonté. Ce fut finalement l'épuisement qui vint à bout de la princesse.

 

En allant me coucher, je me rejouais la journée maintes et maintes fois. Que pouvions-nous faire pour la soulager de sa peine ? Avions-nous échoué à un moment ? Rien. Je n'avais aucune réponse, pas le début d'une solution. Je me sentais impuissant devant cette situation.

 

Quelqu'un toqua à ma porte et je compris que l'enfer n'était pas fini. J'allumais ma lampe de chevet en entendant la personne entrer. Je savais qui c'était et, d'après les sanglots que j'entendais, je savais la raison. Mais voir Evans à peine vêtue dans ma chambre éveilla aussi d'autres pensées.

 

Merlin comment faisait-elle cela ?

 

- Elle m'a rejoint il y a une heure, mais je n'arrive pas à la calmer.

 

Je me ressaisis. Elle n'était pas là pour moi. Elle n'était pas une de ses femmes qui profiterait de la situation. Non, seule Manon comptait. Et je ne pus m'empêcher de ressentir un petit pincement.

 

- Je vais vous laisser tous les deux.

 

J'aurais aimé lui dire de rester avec nous mais Manon fut la plus rapide et la rattrapa.

 

- Je dois retourner dans mon lit pour dormir ma puce… Et puis tu as ton tonton…

 

Oui, mais nous avions besoin d'elle. Pour la première fois depuis son arrivée, je comprenais que moi aussi j'avais besoin de sa présence.

 

- Allonge-toi avec nous ! Je pense que notre princesse a besoin de nous deux cette nuit.

 

Elle se glissa sous les couvertures, de l'autre côté de la princesse. Celle-ci se mit sur le dos pour avoir une main sur chacun d'entre nous. Il était maintenant clair que les choses se compliquaient. Pour Manon. Pour moi.

 

Je passais une bonne partie de la nuit à les regarder dormir. Cela m'apaisait de les voir abandonnées. Au matin, je me levais avant le réveil pour ne pas les sortir tout de suite de leurs songes et me préparait tandis que Canny veillait au petit déjeuner.

 

En sortant de ma douche, je notais que j'avais oublié de prendre mes affaires. J'enroulais une serviette autour de mes hanches avant de sortir pour trouver Evans les yeux grands ouverts.

 

- J'ai oublié de prendre mes affaires.

 

Elle détourna aussitôt le regard vers la princesse. Merlin, j'étais à deux doigts d'en être vexé si une petite voix ne m'avait fait remarquer à quel point elle était différente de toutes les autres femmes.

 

- Tu viens faire un câlin.

 

Elle n'en avait vraiment rien à faire… Peut-être est-ce pour cela que quelques heures plus tard, alors que nous quittions la crèche en y laissant une Manon en pleurs, je l'attaquais.

 

- Il serait peut-être bon que vous quittiez votre travail.

 

- Quoi ?

 

- Comme ça, nous n'aurions pas besoin de la confier à des inconnus…

 

- Et mes études ? m'écria-t-elle. Dois-je aussi les arrêter ?

 

- Je pourrais travailler à la maison pendant que vous êtes à l'université.

 

- Et comment ferais-je pour vivre ? Aux dernières nouvelles, il faut de l'argent et ça ne tombe pas des arbres !

 

Ses yeux me lançaient des éclairs, ses joues légèrement rougies… elle était divine. Jack avait raison. Sur cette pensée, je lâchais la phrase qui finirait de l'agacer :

 

- Vous aurez le gîte et le couvert. Et je peux vous donner de l'argent si vous en avez besoin.

 

- Et pourquoi ce ne serait pas vous qui arrêteriez de travailler ?

 

- Parce que je doute que votre petit salaire puisse nous faire vivre tous les trois !

 

- Vous m'agacez !

 

Elle transplana sans un mot de plus me laissant abasourdi sur le trottoir. N'importe quelle femme que je côtoyais tous les jours, aurait été ravie par cette proposition. Certaines y auraient même compris plus de choses que ce que je pensais. Mais elle… Elle s'énervait et me plantait en me riant presqu'au nez.

 

Le soir, j'étais toujours sous le choc de sa réaction. Si les conditions avaient été différentes, je l'aurais sans doute charmé ou dragué pour voir si tout cela était vrai ou seulement une façade. Mais nous n'étions pas seuls dans l'histoire et je me devais de penser à Manon.

 

- Je suis dans mon bureau si tu as besoin de moi.

 

Là, encore je ne travaillais pas réellement. Mon esprit vagabondait trop et l'approche de la nuit attisait mes questionnements. Est-ce que nous dormirions encore dans le même lit ? Je ne savais même pas pourquoi je me demandais cela puisque dès le début, je ne voulais pas qu'elle m'approche, qu'elle me fasse subir le même envoutement que celui de Jack.

 

- Votre fiancée voudrait vous voir, Ô Maitre !

 

Je relevai la tête en me demandant de qui il était question… Ludivine !

 

- Elle est dans le… Merlin ! s'écria-t-elle alors que le prénom de… ma cavalière ( ?) se formait dans mon esprit.

 

Je me pressais derrière elle, sachant que le mannequin ne supportait pas les enfants.

 

- Ludivine ?

 

- James, mon chou !

 

- Que fais-tu là ? m'étonnais-je.

 

- Est-ce une façon de m'accueillir ? minauda-t-elle en me sautant au cou.

 

Je me dégageais de son étreinte pendant qu'elle reprenait avec un ton qui me déplut :

 

- Au fait, pourquoi laisses-tu ton employée amener son… ici ?

 

- Il s'agit de ma nièce, Manon, dont j'ai la garde, répondis-je ne me retenant de me pincer le nez ce qui aurait montré mon irritation. Mademoiselle Evans m'aide à m'en occuper.

 

- Ca tombe bien ! Je n'aurais pas pu le faire ! Figure-toi que Mario veut que je retourne à Milan pour faire des photos de ce nouveau créateur de prêt-à-porter ! Je rentre dans deux semaines… Tu devrais avoir réglé le problème d'ici là.

 

Si elle savait que je doutais sincèrement que cela soit un jour son « problème »…

 

Elle me colla toute la soirée et, je dois dire, que je n'écoutais pas la moitié de ce qu'elle me racontait. J'étais plus absorbé par Lily et Manon qui jouaient sur le tapis pas loin de moi. Par un moyen subtil, elle réussit à s'imposer pour le dîner, m'exaspérant un peu plus. Ce qui ne s'arrangea pas quand je me retrouvais seul avec elle.

 

Enfin, elle ne resta pas bien longtemps…

 

- Bon si vous me disiez ce qui cloche, demandais-je une fois Manon couchée et probablement endormie.

 

Rien. Pas un mot. Pourtant je pouvais voir toute sa colère dans ses yeux.

 

- Parlez ! m'écriai-je en l'attrapant par le coude.

 

Elle se dégagea pour me faire face.

 

- Votre fiancée !

 

- Quoi ? la piquais-je pour qu'elle s'énerve encore plus.

 

- Avez-vous vu comment elle considère Manon ?

 

Croyait-elle réellement que je n'avais pas vu la jalousie de cette femme qui n'avait pas sa place dans ma vie ? Que je n'avais pas vu le dédain, sa prétention…

 

- Seriez-vous jalouse de Ludivine ? continuais-je à la charrier.

 

- Jalouse d'elle ? Et pourquoi le serais-je ?

 

- A vous de me le dire…

 

J'aurais aimé une toute autre réponse que cette fuite. Mais il était hors de question pour moi de me satisfaire de cela. Je voulais qu'elle crie, qu'elle pleure… Parce qu'au fond de moi je voulais qu'elle extériorise la douleur que je voyais en elle quand elle se pensait seule. Et malheureusement pour cela je n'avais pas d'autres moyens que de la pousser dans ses derniers retranchements.

 

Je la suivis au salon où j'insistais lourdement :

 

- Alors ? Vous m'imaginiez célibataire et vous pensiez pouvoir passer du bon temps en ma compagnie ?

 

Je savais qu'elle n'en avait rien à faire de mon statut « sentimental » mais je ne pouvais m'empêcher…

 

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12/08/2011
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