Chez Mily

Chez Mily

Bonus (JPE J) 5

<<

 

Tout en finissant de manger, j'appelais Sirius pour lui donner des nouvelles. Bien vite, la conversation porta sur Evans.

 

- James, elle a peut-être changé.

 

Voilà pourquoi quand je la retrouvais au même endroit qu'à mon départ, j'avais la furieuse envie de la secouer, de lui dire d'aller au diable, de…

 

Ce fut de nouveau la nuit. Je réussis à dormir quelques heures mais je ne trouverais le repos qu'une fois loin d'ici. A moi aussi, Sainte Mangouste me rappelait de trop mauvais souvenirs. Et puis plus vite, nous partirions, plus vite Manon retrouverait le sourire. Enfin, je l'espérais.

 

Un hibou de malheur me réveilla en cognant à la fenêtre. Je lui ouvris et pris le morceau de parchemin attaché à sa patte. Nous avions rendez-vous au ministère. Avec un peu de chance ce calvaire allait enfin prendre fin.

 

Je me tournais vers Evans pour la voir toujours endormie. Elle était si paisible, seule une petite ride entre ses deux sourcils montrait qu'elle n'était pas parfaitement sereine. Abandonnée ainsi, elle était vraiment belle. Je secouais la tête à cette idée.

 

- Bien dormie ? demandais-je sèchement en la voyant ouvrir les yeux.

 

- Et vous ? Je vois que vous avez les traits reposés et ce sourire vous va à ravir.

 

Dès le réveil, elle avait la répartie facile. Je décidais de ne pas me laisser déstabiliser, à vrai dire, je vivais là mes dernières heures en sa compagnie.

 

- Les compliments ne fonctionneront pas avec moi !

 

Elle ouvrit la bouche, incapable de trouver quoique ce soit à répliquer. J'avais enfin eu le dernier mot !

 

- Un hibou est passé, il y a de ça une vingtaine de minutes. Nous avons rendez-vous à dix heures au ministère.

 

- Pourrais-je voir le parchemin ?

 

- Vous ne me faites pas confiance ? demandais-je avec un petit sourire de satisfaction.

 

- Non.

 

Au moins elle ne se faisait pas d'illusions. Quelques heures plus tard, et sans nous être concertés, nous partions pour le ministère où nous fûmes accueillis avec un brin trop d'enthousiasme.

 

- Mademoiselle Evans ! Monsieur Potter ! C'est une joie de vous revoir si vite ! Je vous en prie assoyez-vous ! Monsieur Lupin est passé hier soir et nous avons pu rapidement discuter de la situation.

 

Je soupirais. Remus l'avait rencontré, tout était donc sur la bonne voie.

 

- Ce qui est formidable, continua le juge, c'est que nous soyons tous les deux tombés d'accord sur la meilleure solution possible au cas de cette petite fille. D'habitude, je dois batailler pendant des heures et des heures afin de trouver un compromis entre les deux psychomages et moi. Bon il vrai que là, il n'y en avait juste un…

 

Voilà au moins une chose qui jouait en ma faveur. En plus du fait qu'elle était de MA famille !

 

- … Toujours est-il que nous sommes venus à la conclusion que Manon a toujours vécu dans un environnement dit « équilibré » par les sociologues, c'est-à-dire un père et une mère.

 

« Un père et une mère » répétais-je in petto.

 

- Pour son bien, nous pensons qu'elle a besoin de se retrouver entre une figure paternelle et une maternelle.

 

J'avais bien compris. Il voulait confier Manon à un couple. Seulement je ne voulais pas que Ludivine l'approche. Enfin en supposant que cette dernière accepte d'être dans la même pièce ! Je n'en revenais pas… Mon célibat allait me couter ma nièce !

 

- Qu'est-ce que cela signifie ? osais-je enfin demander.

 

- Qu'il serait bien que vous emménagiez tous les trois ensembles afin de permettre à Manon de s'épanouir de nouveau.

 

« Tous les trois ensembles »

 

J'allais devoir vivre avec Evans. Ce qui je devais avouer serait mieux qu'avec Ludivine ! Enfin…

 

- Comment ça « tous les trois » ?

 

A priori, elle mettait plus de temps à comprendre la portée de ce qu'il venait de nous dire ! Ou elle avait besoin qu'il l'énonce clairement et non en énigme.

 

- Manon, monsieur Potter et vous, mademoiselle Evans.

 

Je fronçais les sourcils. Même à moi, ça faisait un choc de l'entendre… Nous ne cessions de nous disputer. Rien que de la voir, j'avais envie de la faire sortir de son calme apparent. Je voulais qu'elle crie, qu'elle…

 

- Il en est hors de question ! dis-je en me levant.

 

Je ne pourrais supporter de vivre avec elle. De penser à tout ce qu'elle avait fait à Jack. De…

 

- Monsieur Potter… tenta le chargé du ministère.

 

- Je doute que Remus Lupin ai pensé à une telle solution ! Il sait très bien ce que je pense de…

 

Je fis un geste vers Evans sans savoir quoi ajouter. Après tout, depuis lundi, je n'avais pas à me plaindre d'elle. Elle s'occupait bien de Manon, répondait à mes attaques tout en veillant à ce que la princesse n'entende rien… Je me repris :

 

- Je refuse de vivre sous le même toit que…

 

Je la montrais vaguement de la main, ne sachant pas encore quoi dire.

 

- Monsieur Potter, intervint une nouvelle fois le juge, je ne pense pas que vous ayez le choix. Si l'un de vous deux refuse ou quitte le nouveau foyer, il perdra immédiatement la garde de Manon Potter au profit de l'autre.

 

Et Mer…

 

- Vous voulez dire que si je refuse, ma nièce ira vivre chez cette inconnue ?

 

C'était à mon tour de poser les questions pour être sûr d'avoir bien tout compris. Mais là, j'avais comme l'impression d'être tombé dans la  quatrième dimension !

 

- Mademoiselle Evans n'est pas une inconnue…

 

- Elle ne fait pas partie de la famille ! m'écriais-je en tapant du poing sur le bureau de l'employé du ministère.

 

- Monsieur Potter, la loi est stricte sur le sujet. Alors je vous conseille de vous calmer avant que toute cette histoire ne finisse en votre défaveur !

 

J'allais pour répliquer quand Evans me devança :

 

- Que devons-nous faire maintenant ?

 

« Nous » ?! Elle croyait vraiment que j'allais accepter cette mascarade sans me battre ? Qu'elle allait avoir un quelconque droit sur ma nièce ?!

 

- Vous allez pouvoir sortir la petite de l'hôpital. J'envoie tout de suite un hibou au responsable du service. Décidez ensemble où vous vivrez, comment vous vous accommoderez de la situation… Je vous conseillerais de faire cela sous l'œil avisé de monsieur Lupin pour éviter tout tracas, ajouta le juge avant de commencer à écrire.

 

Je le saluais et attendis que la porte de son bureau soit bien fermée pour lancer :

 

- On vivra chez moi. C'est assez grand pour que je ne vous voie pas.

 

- Pouvez-vous prévenir monsieur Lupin rapidement ?

 

Pas de réponse. Pas de minaudage. Rien. Encore une fois elle s'adaptait à la situation. A vrai dire, elle ne devait pas avoir un appartement suffisamment grand pour nous accueillir tous les trois. Finalement, je n'aurais pas dû parler aussi vite pour savoir comment elle se serait débrouillée pour s'incruster au Manoir.

 

Dès que Remus nous rejoignit à l'hôpital, je ne pus m'empêcher de lui demander :

 

- Dis Remus, c'est quoi cette idée stupide de nous faire cohabiter tous les trois ?

 

- James, sortons pour ce genre de conversation !

 

Je levais les yeux au ciel, je n'avais encore pas pensé à Manon qui malgré son état catatonique pouvait nous entendre et comprendre ce que nous racontions en sa présence.

 

Je me retournais pour voir qu'Evans nous avait suivis et refermait derrière elle.

 

- On ne peut plus parler seuls ? demandais-je.

 

- C'est moi qui lui ai dit de venir, James. Il serait bon que tu te calmes.

 

- Que je me calme ? Tu veux que je me calme alors que mon petit frère vient de mourir avec sa femme ? Tu veux que je sois calme en voyant que cette femme a autant de pouvoir sur l'avenir de ma nièce que moi !

 

Voilà, on y était. Je laissais enfin ressortir tout ma colère, tout ce que j'avais sur le cœur. J'aurais préféré qu'elle ne soit pas là, mais je n'en pouvais plus, il fallait que ça sorte avant de me ronger de l'intérieur.

 

>>



25/07/2011
25 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 255 autres membres