Chez Mily

Chez Mily

Bonus (JPEJ) 2

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Je redressai mes lunettes sur mon nez. Me retenant de passer ma main dans mes cheveux et de trahir ainsi mon malaise. Je ne voulais pas que cette femme sache à quel point j'étais vulnérable. Elle avait détruit le cœur de Jack, je ne voulais pas qu'elle puisse croire qu'elle pourrait faire de même avec moi.

 

- Encore vous ! crachais-je.

 

Je la vis déglutir. Un bon point pour elle, elle semblait comprendre que je n'allais pas être tendre.

 

- En effet, votre frère et votre belle-sœur avaient rédigé un testament où ils vous déclaraient tous les deux responsables de la petite.

 

- Ce n'est pas possible !

 

- Je crains bien que si…

 

J'inspirais un grand coup pour me calmer et me postais face au vieillard qui pensait réellement que ma nièce allait vivre avec cette… femme !

 

- J'ai le papier sur moi si vous désirez le voir… dit l'homme du ministère sans se départir de son calme. Il y est écris noir sur parchemin que vous êtes les deux tuteurs de Manon au cas où Maureen et Jack Potter venaient à mourir.

 

- Ce n'est pas possible vous dis-je !

 

J'avais crié. Je n'avais pu me retenir en entendant la terrible vérité que personne n'avait encore formulé à haute voix devant moi. Jack était mort. Je l'avais perdu lui aussi. Et Maureen. Et bientôt Manon.

 

J'entendis un mouvement dans le lit et vis Manon qui me regardait avant de se détourner vers…

 

- Pourriez-vous cesser de crier ? fit justement Evans.

 

Elle lui prit la petite main avant de se pencher pour y déposer un baiser. Cette douceur… Je grimaçais en sentant que je me ramollissais et décidais de revenir au point qui me posait problème :

 

- Pour qu'ils nous aient nommé tous les deux tuteurs, il faudrait que nous soyons mariés ! Ce qui n'est pas le cas !

 

- Merci Merlin, entendis-je.

 

Ok, celle-là je ne l'avais pas volée. Je lui lançais un regard noir pour qu'elle se rappelle que je ne la supportais pas et reportais mon attention sur l'homme du ministère.

 

- Votre frère et votre belle sœur ont mis vos deux noms… insista le vieil homme en me regardant.

 

- J'ai déjà eu un cas similaire, intervint le docteur dont je ne connaissais toujours pas le nom.

 

- Les parents avaient fait ça parce que chacun apportait quelque chose à l'enfant. La plupart du temps, affection d'un coté, argent de l'autre…

 

- Pas difficile de savoir qui a de l'argent, dans ce cas là…

 

Il était clair maintenant que nous étions en guerre. Il était aussi clair qu'elle n'aurait jamais la garde de Manon. Elle était de MA famille, de MON sang. Seulement loin de l'impressionner, elle releva le menton en signe de défi et s'assit sur le lit à côté de ma princesse qui lui tenait toujours la main.

 

- Et comment cela s'est fini ? demanda-t-elle.

 

- Je ne sais pas… Une fois l'enfant en bonne santé, nous, les médecins, nous n'en entendons plus parler…

 

- La question, va vite être réglée ! Il est hors de question que cette femme intervienne dans l'éducation de ma nièce.

 

Autant mettre tout de suite les choses au clair : il était hors de question qu'elle régente la vie de Manon. Surtout qu'elle était maintenant l'héritière d'une véritable petite fortune. En étant sa tutrice, Evans deviendrait responsable de tout cela et pourrait même siéger au conseil d'administration. Et je n'avais nullement besoin d'une coureuse de dots dans les pattes !

 

Je m'approchai d'elle pour lui demander le plus sèchement :

 

- Si c'est une question d'argent, dites-moi votre prix.

 

Elle ouvrit la bouche et pendant un moment je fus tenté de croire que je l'avais réellement scandalisée. Mais je me rappelais aussitôt les larmes de Jack, les soupirs de désespoirs… Je ne devais pas oublier qui se tenait devant moi.

 

- Bon, je vous propose que nous continuions cette conversation demain à mon bureau. Vous devriez en profiter pour vous concentrer sur Manon…

 

L'homme du ministère se tourna alors vers le docteur :

 

- S'ils se disputent encore, même à mi-voix ou mots couverts, vous les sortez de cette chambre et vous m'envoyez un hibou ! Il est hors de question qu'ils traumatisent la petite.

 

J'entendis un grognement venir d'Evans et je me tournais pour la voir furieuse. L'image d'un chaton toutes griffes dehors me vint à l'esprit et je dus me retenir de lui rire au nez.

 

- Rendez vous demain à 10h à mon bureau !

 

Sur ces mots, il prit le médecin par le coude et l'entraina à l'extérieur nous laissant seuls.

 

- Vous pouvez rentrer chez vous, dis-je pour avoir la paix et ne plus avoir à supporter sas présence. Je vais m'occuper d'elle maintenant.

 

J'avais besoin d'un moment à moi et il était impossible que je quitte cette chambre où se tenait maintenant la personne la plus importante de ma vie. Et moi, qui pensais encore ce matin à fonder ma propre famille…

 

- Non, je peux très bien rester moi aussi.

 

Elle était vraiment insupportable ! Ne pouvait-elle pas comprendre que j'avais besoin de rester seul avec ma princesse. Que j'avais envie de la prendre dans mes bras mais que je ne m'autoriserais jamais ce genre de gestes en sa présence ?

 

- Vous avez une mine épouvantable !

 

« Partez ! » eues-je envie de lui hurler au visage.

 

- Figurez-vous que dormir à l'hôpital n'a vraiment rien de relaxant.

 

Je serrais les mâchoires, déglutissant douloureusement. Je l'avais mérité. Peut-être. Je remontais mes lunettes pour m'éviter de l'empoigner pour la sortir de la pièce.

 

- Excusez-moi, murmura-t-elle. Je n'aurais pas dû.

 

Là, encore je fus tenté de la croire. Je lui accordais le bénéfice du doute. Et puis elle n'avait aucunement l'intention de partir, peut-être devrais-je tout de suite me faire à l'idée.

 

- Je suppose que je l'ai mérité, répondit-il.

 

Elle secoua la tête sans quitter Manon du regard.

 

- Non, personne ne mérite cela. Dis donc ma mignonne, on n'a pas fini l'histoire…

 

Je l'observais se dégager de la main de Manon et reprendre sa place dans son siège. Elle ouvrit un livre de contes à priori et commença à lire.

 

Je la regardais un peu plus attentivement, cherchant le défaut, la marque de calcul. J'avais beau connaitre toute l'histoire par cœur, les refus, les gifles, il m'était impossible de trouver une trace physique de toute cette méchanceté. La voir ainsi perdu dans sa lecture la rendait si fragile. Et la douceur de ses yeux quand elle regardait Manon.

 

Manon qui aurait pu être sa fille. Qui aurait dû l'être.

 

Je plongeais dans mes souvenirs. Ecartant mentalement les plus tristes, m'accrochant à nos crises de rire… Il était si plein de vie quand il ne pensait pas à elle. Tellement heureux quand il pensait à elle et non à ses rejets.

 

Comprenant que mes pensées revenaient inlassablement à la femme de l'autre coté du lit, e notais que sa voix s'était éraillée. Depuis combien de temps lui faisait-elle la lecture ? Qu'avait-elle fait d'autre pendant que j'étais dans ce maudit avion ?

 

- Donnez, je vais continuer ! dis-je en tendant la main pour récupérer le livre.

 

Elle se leva sans grâce. Avec du mal presque.

 

- Ma puce, je vais te laisser avec ton oncle. Je dois aller prévenir mon chef que je ne pourrais pas aller travailler demain. Je vais en profiter pour t'acheter les gâteaux que tu préfères.

 

Le visage de ma princesse n'eut aucune réaction. Merlin, que se passait-il ? Réussirais-je à la faire redevenir comme avant ? Et surtout comment m'y prendrais-je ?

 

Une fois qu'elle fut partie, j'embrassais Manon sur le front et quittais la chambre. Je devais passer quelques coups de téléphone. Celui pour Sabrina fut le plus rapide. Elle connaissait déjà l'histoire, je lui demandais juste d'alléger mon emploi du temps de la semaine au maximum. Je me devais d'être présent pour Manon et mes partenaires pourraient s'occuper de quelques dossiers à ma place.

 

Sirius étant en mission, je composais le numéro de Remus. J'avais sa ligne directe, à n'utiliser qu'en cas d'urgence. Je crois bien qu'il en s'agissait d'une.

 

- Remus, dis-je quand il eut enfin décroché.

 

- James, que se passe-t-il ?

 

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15/07/2011
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