Chez Mily

Chez Mily

I 10

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       Pour éviter de se rapprocher d'Hudolfe, son futur époux à vomir, elle ne communiqua pas tout de suite les événements à sa mère. Elle pourrait toujours prétexter un état de choc intense face à cette révélation supposément abrupte. Après tout, elle n'était pas censée s'attendre à ce que Sirius soit placé chez les Gryffonds.

        En fait, même en connaissant son aversion pour l'idéologie des sangs purs, Ruth n'avait jamais pensé un seul instant que Sirius Black ne serait pas placé chez les Serpents. Sa famille lui avait toujours dit que sa place était à Serpentards et ce même avant le changement de mentalité...

        Elle n'avait jamais eu de doute sur sa maison à Poudlard. Depuis toute petite, elle se voyait porter du vert et argent. Elle n'avait jamais songé une seule fois appartenir à une autre maison. Alors imaginer que Sirius finirait à Gryffondor était totalement inconcevable pour elle !

        Elle attendit une semaine avant d'oser évoquer la répartition de son fiancé, une semaine durant laquelle elle suivit la grosse dernière année nommée Anna Jerkins pour trouver la localisation des cuisines dans le château. Elle s'y était donc réfugiée pour écrire la lettre à l'abri des regards indiscrets mais aussi pour pouvoir se remonter le moral en mangeant et en buvant ce qui lui plaisait.

        Elle savait que sa mère romprait l'accord entre leurs deux familles et qu'elle n'avait aucune raison d'espérer pouvoir rester mariée à Sirius. A vrai dire, cela lui aurait presque fait plaisir, si le suivant sur la liste n'avait pas été Hudolfe... Ce dernier la regardait de plus en plus bizarrement et cela la terrifiait. Qu'allait-il lui faire subir une fois leur mariage mis en place ? Le pire était qu'il allait falloir le « consommer »... Et il n'y avait strictement personne pour se rendre compte qu'Hudolfe n'était pas comestible !

        « C'est donc ici que tu te caches, s'éleva une toute petite voix. Severus te cherche partout. Apparemment, tu agirais bizarrement.

        _Lily ! Tu m'as fait peur, s'écria Ruth.

        _Je le fais souvent, avoua cette dernière en rougissant comme une tomate. Je suis là depuis un moment et je ne savais pas comment t'aborder sans te faire sursauter...

        _Tu es bien trop silencieuse, déclara Ruth gentiment. Je n'ai même pas entendu tes pas ! Enfin ce n'est pas grave, ne t'en fais pas ! Tu dis que Severus me cherche ?

        _Oui, il dit que ton regard est devenu vide et qu'un démon est venu te retirer la parole, murmura Lily vaguement effrayée. Enfin, je vois qu'il m'a menti...

        _En fait, pas vraiment, concéda Ruth un peu piteuse. Je dois avouer avoir eu une très mauvaise nouvelle et je n'arrive pas vraiment à m'en remettre.

        _Alors mesdemoiselles ! On se cache maintenant, constata Severus en entrant fièrement dans la cuisine à son tour.

        _Ruth allait m'apprendre une mauvaise nouvelle... »

        Il fronça les sourcils avant d'aller servir une part de gâteau au chocolat pour chacun d'entre eux. Il se versa ensuite un verre de lait mais n'en proposa pas aux deux filles sachant pertinemment qu'elles n'aimaient pas cela. Il coupa par la suite le reste du gâteau et le positionna au centre de la table. Enfin, il prit une bouchée du met avant de déclarer être prêt à écouter l'histoire.

        Ruth ne se fit pas réellement prier. Elle leur raconta comment sa mère allait rompre ses fiançailles avec Sirius pour la mettre avec Hudolfe... et oh combien ça la rendait joyeuse ! Elle trépignait d'impatience ! C'était un pur bonheur...

        « Attend, s'écria soudainement Severus qui venait enfin de comprendre qui était mon nouveau prétendant. Tu veux dire Hudolfe Vanderbruge ?! Celui qui regarde les filles comme des bouts de viande !

        _Il aime soulever les jupes des filles ?, s'inquiéta Lily.

        _Hélas non, soupira Ruth. Il regarde réellement chaque fille comme s'il s'agissait d'une proie à chasser, dépecer puis dévorer.

        _Ce type ne voit que par le sang, ajouta Severus mal à l'aise.

        _Tout ce que j'espère maintenant c'est que ma mère fera traîner les choses, avoua Ruth en enfouissant son visage dans ses mains. Pitié, qu'elle oublie mon mariage au moins toute une année ! Si elle pouvait l'oublier jusqu'à la fin de mes études, je serais au paradis ! »

        Le lendemain, Ruth guetta anxieusement l'arrivée des hiboux. Elle n'avait pas du tout mais alors pas tout envie de savoir ce que sa mère avait décidé ! Si elle avait pu fuir à l'autre bout de la planète pour enfin vivre sa vie d'enfant, elle l'aurait fait ! Peut-être... Elle ragea dans sa tête, pestant contre sa propre faiblesse car, oui, elle était faible ! Elle aurait pu faire comme Sirius et braver tous les préjugés sur elle en envoyant tout valser ! Cependant, elle n'en avait pas le cran. Elle avait peur, peur de ses parents, peur des conséquences, peur de devoir se prendre en main, peur de devoir se débrouiller seule, peur d'être seule...

        Quand un hibou se posa devant elle pour lui tendre la patte, elle se secoua mentalement, s'insufflant un minimum de courage. Si elle n'avait pas le courage de fuir qu'elle ait au moins le courage d'assumer ses actes ! Elle avait choisi depuis très longtemps de se couler dans le moule. Elle serait ce que ses parents attendaient d'elle. Seulement elle espérait qu'Hudolfe n'en fasse pas parti... Rien que son prénom était horrible...

        Ruth lut la lettre d'une traite en s'empêchant inconsciemment de respirer. Dans sa tête, le mot pitié tournait en boucle. Ce n'est qu'en arrivant au point final qu'elle s'autorisa un minimum d'air pour soupirer d'aise. Sa mère allait « étudier la question ». Ruth n'en voyait pas l'intérêt puisqu'apparemment le jeu était fait... A moins, qu'il n'y ait deux ex-æquo ?

 

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20/09/2011
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