Chez Mily

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I 12

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        Ruth ne s'était pas tout de suite excusée. Ce n'était pas faute d'essayer ! Elle avait dû attendre deux semaines entières avant que l'un de ces deux amis ne daigne enfin lui parler. Severus avait fini par accepter d'entendre ce qu'elle avait à dire et même si cela ne lui plaisait pas beaucoup plus, il redevint accessible et abordable.

        En revanche, Regulus se faisait prier et Ruth devait bien admettre que cela lui faisait ni chaud ni froid. Elle ne lui avait parlé qu'à deux occasions et, malgré sa gentillesse apparente, Ruth avait vraiment du mal à l'imaginer comme un ami. Elle devait tout de même admettre que le voir traîner avec Hudolfe, le sanguinaire, ne l'aidait pas à se débarrasser de cette désagréable impression.

        Elle passa donc encore une fois une grande partie de son année avec Severus ou à la bibliothèque. Elle s'était bien avancée dans ses devoirs dans le but de se divertir un minimum et elle n'avait pratiquement plus rien à faire. Du coup, elle avait passé une journée entière à visiter de fond en comble les rayons de livres en regardant ce qui pouvait l'intéresser.

        En fait, elle se doutait qu'elle devrait pouvoir trouver des livres de contes moldus quelque part, bien cachés dans ce labyrinthe d'ouvrages. Après tout, l'école donnait des cours d'étude des moldus auxquels elle n'avait bien évidemment pas le droit d'assister... De toute façon, seuls la mythologie et les contes l'intéressaient. Il n'y avait donc pas de réelles raisons pour prendre ce cours qui se concentraient plus sur les habitudes, la technologie et les différentes façons de vivre des moldus.

        Elle avait fini par trouver une étagère avec les livres qu'elle recherchait. Il s'agissait bien évidemment d'une des étagères les plus hautes et les plus inaccessibles. Ne sachant pas ce qu'il y avait et n'ayant pas envie de consulter le registre, elle se munit d'un tabouret pour se hisser à la bonne hauteur.

        « Tu dois bien être la seule à ne pas utiliser accio, railla une voix qu'elle n'aurait pas cru entendre.

        _Alors que fais-tu dans les rayons de la bibliothèque debout dans un rayonnage ? quand tu pourrais être confortablement assis sur une des chaises en bois et murmurer un simple accio pour avoir le livre que tu cherches, enchaîna Ruth avec un sourire faussement rempli de joie à l'idée de parler de nouveau au petit frère de Sirius.

        _J'ai dû loupé un passage, n'est-ce pas toi qui est censée t'excuser ? s'interrogea-t-il avec un air songeur feint à la perfection.

        _En ce moment même, je dois avouer que je n'en ai pas fort envie, répliqua-t-elle sèchement en attrapant l'histoire de « la Princesse au petit pois ».

        _Je vois, murmura-t-il en l'observant fixement. Je m'excuse en premier alors...

        _Quoi ? s'étrangla-t-elle de surprise. Et de quoi devrais-tu t'excuser ?

        _A la base, je voulais m'excuser pour m'être emporté dans le train. Ma mère n'arrête pas de me dire que je suis l'exacte réalisation de ses souhaits et je trouve ça profondément agaçant. Du coup, quand tu as répété ce qu'elle venait de me dire sur le quai de la gare...

        _Tu as explosé, acheva Ruth en hochant de la tête.

        _Ensuite, je me suis dit qu'il faudrait que je m'excuse pour mon attitude distante et froide, continua-t-il sur sa lancée. Par contre, je n'ai pas d'excuse valable pour cette partie-là...

        _Je ne crois pas avoir d'excuse valable pour ce que je t'ai dit dans le train mais j'en reste toutefois désolée. Alors je pense que nous pouvons nous estimer quitte.

        _Quel est le livre qui t'a valu de monter aussi haut dans un coin perdu de la bibliothèque ? », demanda-t-il après un léger silence.

        Ruth lui tendit alors le livre dont il se saisit. Elle en profita ainsi pour descendre aidée de ses deux mains. Elle se retrouva à sa hauteur pour l'observer parcourir rapidement du regard les pages du livre. Étrangement, elle ne put s'empêcher qu'il fronçait les sourcils en lisant, peut-être de concentration.

        « Je n'ai jamais entendu parler de ce livre, déclara-t-il finalement en le lui tendant.

        _C'est un conte moldu. Il est très connu.

        _Tu t'intéresses aux contes moldus, s'amusa-t-il. Je dois avouer que je  m'attendais à tout sauf à ça ! Une sang pur passionnée par les mythes et légendes des peuples qu'elle est censée détester...

        _Je sais, claqua-t-elle agacée. C'est juste que... tout semble plus simple et plus magique de leur point de vue. Les sorciers ont des points de vue toujours aussi neutre et barbant que les moldus n'ont pas. Il est rare de trouver cette petite touche de passion et de fascination dans un grimoire fourré de formules et d'explications détaillées.

        _C'est vrai, avoua Regulus le regard bienveillant. Ma mère ne le sait pas mais nous avons un livre de conte moldu chez nous. C'est celui que Sirius et moi lisions toujours quand nous nous réfugions derrière la pile de livres.

        _Duquel s'agit-il ?, s'enquit Ruth intrigué.

        _Les contes des frères Grimm.

        _Il ne me semble pas l'avoir encore lu », déclara Ruth cherchant un quelconque souvenir avant de tomber dans le regard rempli de haine d'Hudolfe. Il les observait apparemment depuis un bon moment et il ne semblait pas particulièrement apprécier leur entente cordiale.

        Regulus dut suivre son regard car son attitude se fit plus guindée. Il essaya même de cacher un soupir. Intriguée, Ruth le regarda avec son air curieux. Il lui fait un léger sourire avant de lui avouer :

        « Il te considère comme sa future femme. Il m'a très bien fait comprendre que tu étais « chasse gardée » et je peux t'assurer que ça ne donne vraiment pas envie de s'approcher...

        _Être la proie n'est pas forcément mieux... »

 

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23/09/2011
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