Chez Mily

Chez Mily

Un Sortilège raté, par Callie T.

– Alors dis-moi comment je dois faire ?

– Que veux-tu que je te dise Lily, c’est toi qui sors avec James. C’est à toi de faire en sorte qu’il sache ce que tu veux pour Noël, lui répondit Cassandra.

– Je sais bien, Cassie, mais souviens-toi du cadeau qu’il m’a offert à l’anniversaire de nos 6 mois, et pourtant j’avais été assez explicite en lui disant devant mon magasin préféré que j’adorais le pull en vitrine…

 

En grimaçant, Lily se souvint de ce moment quasi-parfait.

James avait tout prévu : balade à deux sur son balai volant (il allait tellement vite, qu’elle avait dû se coller à lui pour ne pas tomber, ce qui était loin de lui déplaire) pour aller dans un petit restaurant avec vue sur la mer. Ambiance tamisée, musique délicate, tout était rassemblé pour passer un moment inoubliable. Après de délicieux plats, était venu le moment du dessert et de l’échange des cadeaux. Lily sourit en se souvenant du regard qu’il avait eu en déballant son cadeau. Un vif d’or magnifique aussi agile que doré et gravé de la date de leur premier baiser…

En recevant son cadeau, Lily avait d’abord été étonnée. La taille était beaucoup trop petite pour que ça puisse être un pull. Un écrin allongé. Elle avait alors songé à un collier. Ça aurait été tellement romantique.

En ouvrant son cadeau, elle avait dû prendre sur elle pour ne pas montrer sa déception : un stylo. Un simple stylo sans rien de particulier. Certes il écrivait bien, mais c’était loin d’être le cadeau personnel qu’elle attendait.

 

Aujourd’hui, à une semaine de noël, Lily ne voulait pas ressentir de nouveau cette déception et avait décidé de prendre les choses en main. Seulement comment ?

Cassie ne l’aidait pas beaucoup. Elle lui disait simplement de dire à James ce qu’elle voulait. Mais où serait la surprise dans ce cas-là ?

Non, cette option n’était tout simplement pas envisageable.

 

A moitié distraite, Lily alla ranger le livre qu’elle avait emprunté dans la bibliothèque. Ce n’est qu’en repartant que son regard s’attarda sur le titre effacé d’un livre à moitié caché : « sortilèges … amoureux ».

Il y a sept mois, jamais il ne lui serait venu l’idée de jeter un coup d’œil dans un tel livre mais aujourd’hui, tout était différent, et elle désirait tant recevoir un cadeau qui soit à la hauteur de l’amour qu’elle portait à James.

Elle sortit doucement le livre afin de ne pas l’abîmer plus qu’il ne semblait déjà l’être et resta stupéfaite en lisant le titre entier du livre. Si elle ne trouvait pas son bonheur dans « Sortilèges et malédictions, ou tout l’art d’être amoureux », elle ne trouverait d’aide nulle part.

 

Le soir venu, au chaud dans son lit, elle ouvrit le livre et le feuilleta. Chaque page était écrite d’une écriture différente. Sur certaines, l’encre avait coulé. Anciens vestiges de larmes certainement.

Les philtres d’amour côtoyaient les malédictions pour les hommes infidèles. Aux sortilèges de beauté se mêlaient ceux d’enlaidissement pour les rivales inquiétantes.

Lily hallucinait qu’un tel livre soit à disposition de tous les élèves de Poudlard et encore plus de toutes les élèves de Poudlard.

 

– Que lis-tu avec autant d’assiduité ? demanda Cassie en passant sa tête entre les rideaux du lit de Lily.

– Un livre de sortilèges que j’ai trouvé à la bibliothèque et qui pourrait m’être utile pour mon problème de cadeau !

– Ouhhh !! Et… As-tu trouvé ton bonheur ?

– Pas encore, répondit Lily. Mais dès que je trouve, je te préviens, ajouta-t-elle en criant à l’attention de son amie qui allait dans la salle de bain.

 

En continuant de feuilleter le livre, Lily tomba sur le sortilège « Obtenir ce que l’on désire de l’être aimé ».

Voilà qui semblait tout à fait adapté à son problème. En plus, il s’agissait simplement de réciter une incantation. Pas de potions à préparer, pas de mouvement de baguette qui pourrait se faire remarquer. C’était tout simplement parfait !

 

Lily entendit son amie parler depuis la salle de bain mais ne lui prêta aucunement attention tant elle était absorbé par l’incantation à formuler. Elle changea quelques mots pour qu’elle puisse correspondre à ce qu’elle attendait de James et récita la formule : « Cornes de lapin et poudre d’orgues, que celui qui m’aime m’offre enfin ce que je désire ».

 

Le sort était tellement simple. Lily, enfin soulagée de ce poids, se laissa retomber lourdement sur son oreiller tout en criant à Cassie :

– Tu disais quoi ?

– Oh pas grand-chose, juste de quand même faire attention avec ce genre de sortilèges, il y a souvent des contre-indications ou des règles spécifiques à respecter.

– Tu me sembles bien experte, toi dis donc, répondit Lily en la taquinant.

– Oh moi non, je n’ai jamais eu besoin de ce genre de sortilèges et tu le sais très bien, dit Cassie en éclatant de rire. J’obtiens toujours ce que je veux des garçons sans avoir besoin d’artifices ! Non, je te dis ça parce que c’est arrivé à Miranda l’autre fois. Elle a lancé au gars qu’elle aimait un sort d’étourdissement pour qu’il ne voit plus qu’elle.

– Oh ! Et ça a marché ? demanda Lily en reprenant machinalement le livre.

– Oui très bien ! Il ne voyait plus qu’elle… Mais malheureusement pas comme elle le souhaitait. Pour ce pauvre garçon, toutes les personnes qu’il croisait ressemblaient à Miranda ! Qu’est-ce qu’il a été surpris !
Qu’est-ce qu’il y a Lily ? demanda Cassie en voyant Lily feuilleter le bouquin à nouveau, d’un air préoccupé.

– Rien, rien… Je vérifie juste un truc…

 

En retrouvant sa page, Lily vit aussi écrit en tout petit quelque chose qui lui avait échappé avant de réciter le sortilège : « Attention, ce sort demande une précision extrême et ne doit être récité qu’en présence de l’être mentionné. Si ces conditions ne sont respectées, le pire peut se produire. »

En voyant ces quelques lignes, Lily pâlit puis se repris. Que peut-il être pire qu’un cadeau offert par James ? Sans plus de remord, elle referma le livre et s’enfonça dans son oreiller pour s’endormir.

 

Le lendemain, la matinée se passa comme d’habitude. Lever, petit déjeuner avec James, premiers cours de la journée. Tout se passait comme si le sort n’avait pas fonctionné. Si bien que Lily se posait des questions sur l’efficacité de l’incantation.

 

Midi arriva sans qu’aucun événement digne de ce nom ne se soit passé. Elle alla rejoindre James à la table de Griffondor. Ce dernier la regardait amoureusement et dès qu’elle arriva, il lui prit la main et l’embrassa d’un baiser tendre. En s’éloignant, il lui murmura :

– Ce soir, tu me réserves ta soirée. J’ai une surprise pour toi !

– Ouh qu’est-ce que c’est ? demanda Lily ravie.

– Ttt ttt ttt, tu ne tireras rien de moi, c’est une surprise. Et pour l’empêcher de poser davantage de questions, il lui cloua la bouche d’un baiser.

 

Après le repas, Lily rejoignit Cassandra pour le premier cours de l’après-midi. Il s’agissait d’un cours de métamorphose.

– Je crois que le sort que j’ai lancé hier a marché, chuchota-t-elle à son amie.

– Quoi ? Il t’a déjà offert ton cadeau ?

– Non, non, pas encore ! Mais je pense qu’il me l’offrira ce soir !

– Vas-y raconte, je veux des détails !

– Mesdemoiselles Evans et Lougris ! Etant donné que mon cours ne vous intéresse pas plus que ça, vous viendrez me voir à la fin !

– Oui, Madame McGonagall, répondirent les deux jeunes filles dépitées.

 

– Bien, Mesdemoiselles, je ne pouvais tout simplement pas parler de votre punition devant vos camarades, leur dit leur professeur à la fin du cours quand tout le monde fut parti. Tout simplement parce qu’exceptionnellement vous n’aurez pas de punition, ajouta-t-elle d’un sourire. Vous pouvez y aller mademoiselle Lougris. Et surtout pas un mot à vos camarades, je vous fais confiance !

Cassie regarda son amie qui était aussi étonnée qu’elle et sortit de la salle de classe, laissant Lily seule avec madame McGonagall.

 

– Bien mademoiselle Evans, je voulais vous parler en particulier. En effet, je tenais à vous dire que vous êtes ma meilleure élève et pour cette occasion, je vous ai fait un cadeau.

Sur ces mots, elle tendit à Lily un paquet assez imposant.

Lily ne savait que dire. Elle accepta donc le cadeau tout en remerciant son professeur.

– Vous verrez, c’est la collection entière des « sortilèges de notre temps ». Je sais que vous, jeunes, ne jurez que par ça ! Allez ! Vous pouvez y aller maintenant.

 

Encore stupéfaite de ce qui venait de lui arriver, Lily alla à son dortoir pour ranger ce cadeau imposant. Elle y trouva Cassie, qui mettait sa penderie sans dessus dessous.

 

– Tu ne devineras jamais ce qui c’est passé, souffla Lily en posant bruyamment les livres offert par McGonagall.

 

Cassie ne répondit pas, toujours occupée à mettre le désordre dans ses affaires.

 

– Cassie, tu m’écoutes quand je te parle ? demanda Lily en se retournant pour regarder son amie qui d’activait toujours à mettre le désordre dans son armoire.

Mais… Qu’est-ce que tu fais ? ajouta-t-elle voyant son amie, rentrer quasiment dans sa penderie.

– Attends deux petites minutes… Je sais qu’il est quelque-part par là… Attends… Ça y est, je l’ai ! s’exclama victorieuse Cassie en brandissant un petit top.

– Tout ça pour trouver un petit haut, aussi joli soit-il ? Tu ne pouvais pas attendre ce soir, plutôt que le faire entre deux cours ?

– Non, non, non, ce soir ça aurait été trop tard, répondit son amie en la regardant avec un sourire.

– Trop tard pour quoi ?

– Pour pouvoir te l’offrir et te le voir porter ce soir !!! dit Cassie en lui mettant devant le nez son dos nu préféré.

– Quoi ? Mais… Tu es folle ? Non !!! Je ne peux pas accepter ! C’est ton haut favori !

– Si, si! Tu peux et tu dois ! Imagine l’effet que tu vas avoir auprès de James ce soir ! Je n’accepte aucun refus ! Ce haut est désormais le tien.

Ravie, Lily sauta au cou de son amie.

– Je te revaudrais ça, je te le promets ma petite Cassie. Allez vite, retournons en cours.

 

Tout le reste de l’après-midi fut ponctué de petits événements semblables. Pendant le cours de potion, son binôme lui offrit un bézoar et à la fin du cours, le professeur lui offrit un chaudron tout neuf.

En cours de défense contre les forces du mal, au lieu de travailler sur l’épouvantard comme c’était prévu, le professeur décida qu’en cadeau pour une de ces élèves préférées, ils travailleraient aujourd’hui sur les licornes.

Il fallait ajouter à tout ça, des petits cadeaux que certains de ses camarades lui laissaient en passant.

Lily devenait de plus en plus gênée. Surtout qu’elle savait désormais que c’était une des conséquences du sort qu’elle avait lancé la veille. Elle se demandait s’il était possible de l’annuler.

 

A la fin du dernier cours, après avoir reçu un cadeau du professeur de soin aux créatures magiques, elle se précipita dans sa chambre pour essayer de trouver un contre-sort à l’incantation qu’elle avait lancée. Mais elle eut beau tourner et retourner toutes les pages, tout ce qu’il y avait dans ce livre de sortilèges était justement des sortilèges. Il n’y avait aucun remède pour les annuler.

En espérant que son sort n’irait pas plus loin, elle se prépara pour rejoindre James.

 

En prenant les escaliers qui menaient à la salle commune, elle sentit comme une effervescence. Son angoisse augmenta au fur et à mesure qu’elle descendait les marches.

Arrivé à la porte, elle vit tout Griffondor s’agiter. Le uns courraient pour du scotch, les autres se disputaient une paire de ciseaux, elle vit même des filles se disputer pour du papier cadeau.

A ce moment, tout ce que voulait Lily était retrouver James et partir le plus loin possible de la salle commune, voire de Poudlard…

Malheureusement, ça ne se passa pas comme ça.

 

Lily eut à peine le temps de franchir la porte, qu’un essaim d’élèves se précipita vers elle :

 

– Tiens Lily, j’ai un cadeau pour toi

– Lily, Lily, j’ai trouvé ça et je pense que ça te plairait

– Lily, en voyant ce que je t’offre, tu va adorer !

 

Tout Griffondor était là et tentait de l’approcher pour lui donner son propre cadeau. Sirius, Cassandra, Remus, Peter, Miranda, les autres élèves de sa promotion, mais aussi les élèves des promotions précédentes et… James.

Les choses commencèrent à empirer quand ce dernier voulut garder Lily pour lui tout seul. Il poussa des élèves dont Sirius. Celui-ci n’apprécia pas et le poussa en retour. Remus tenta de les séparer, mais se prit le coup de poing que James destinait à son meilleur ami. Remus, pour ne pas rester en reste, voulut rendre la monnaie de sa pièce à Potter en lançant un sort de Stupefix, que James dévia et qui frappa un premier année de plein fouet !

 

C’était la débandade. Tout le monde se battait. Les filles s’arrachaient les cheveux. Des coups de poings et de pieds s’échangeaient. Les sorts volaient dans la salle commune.

Lily tentait de les arrêter mais tout ce qu’elle disait ou faisait n’arrangeait rien.

 

– S’il-vous-plait, arrêtez ! Je vous en prie, cria-t-elle, les larmes au bord des yeux. S’il-vous-plait !!!

 

Mais tout ce qu’elle tentait était vain.

 

– Je suis désolé, je n’aurais jamais dû lancer cette incantation, je vous en prie, arrêtez-vous, je ne veux plus de cadeau, je veux juste que tout soit comme avant, souffla-t-elle en se recroquevillant sur elle-même.

 

Un élève de septième année entendit ces dernières paroles.

 

– Quoi, tu as lancé un sort pour recevoir des cadeaux ? cria-t-il.

 

Sur ces mots, toute la salle s’arrêta. Un murmure la parcourra.

 

– Lily, c’est vrai ? Tu as lancé un sort pour recevoir des cadeaux ? demanda James déçu.

– Oui mais ce n’est pas ce que tu crois…

 

Lily ne put terminer son explication, la colère montait parmi les élèves. Elle avait craint leur déception mais maintenant elle avait peur… Plusieurs élèves s’approchaient d’un air menaçant alors que James s’éloignait dégoûté.

 

– Tu vas payer pour ce que tu as fait Lily !

– Oui, on ne joue pas avec les sentiments des autres !

– Il faut la faire payer !

 

Lily, assise par terre, était encerclé par une meute d’élèves assoiffés de vengeance. Un premier lui lança son cadeau à la figure et alors qu’elle allait recevoir une première gifle…

 

… Elle se réveilla en sursautant.

– Lily, qu’est-ce qui se passe, demanda une voix endormie.

– Rien, James, juste un mauvais cauchemar, tu peux te rendormir.

 

James se rapprocha d’elle et lui murmura « Joyeux Noël ma belle ! »

Lily l’embrassa doucement et se dit, en se blottissant dans ses bras, que jamais on ne la prendrait à lancer un tel sort. Son plus beau cadeau était qu’il était là tout simplement.

 

 

 Callie T.



24/12/2009
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